mardi 4 septembre 2018

Richard Hell - The magnificent one

Richard HELL - The magnificent one !

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Richard Hell

Richard Hell - L'initiateur

Tant musicalement que du point de vue vestimentaire, ce garçon est un «initiateur».
Musicalement: Il participe à la première mouture de Television et de The Heartbreakers. Sa vision musicale et son impétuosité ne supportant aucun compromis, il quitte ces deux formations avant qu’elles n’enregistrent quoi que ce soit. Décidant de ne plus s’associer avec personne, s’entend d’égal à égal, il forme Richard Hell & the Voidoids.
Intelligent, il choisit quand même un guitariste au jeu original et talentueux: Robert Quine, magnifique inconnu. Plus tard, bien plus tard on lui reconnaîtra un lien de cousinage avec Dan Auerbach, le guitariste et chanteur de The Black Keys, un effet de manche pour tabloïds. A noter, pour rythmer la musique que Richard touille dans les circonvolutions court-circuitées de son cerveau embué, il embauche Marc Bell à la batterie, ex bûcheron chez Dust, groupe pratiquant un hard rock psychédélique, futur métronome chez Ramones: Marky Ramone, c’est lui!

Richard Hell & the Voidoids - Blank Generation


Ainsi bâtit, le gang sort Blank generation. En 1977, sous l’étiquette «punk rock», cette galette rivalise avec Young, loud and snotty de The Dead Boys, le  L.A.M.F  de ses anciens acolytes briseurs de cœurs ou Tom Verlaine’s «Marquee moon», pour ne citer que ses compatriotes. Mais il va plus loin ou ailleurs puiser ce qui fait son originalité: sous un aspect "guenillé", les chansons bénéficient de constructions alambiquées soutenues par des riffs de guitares inattendus. La chanson éponyme en est un parfait exemple. Au sommet de ces torves mélodies, la voix du fougueux Hell navigue sur une houle des notes voulues déjantées bien que lâchées à «gorge ouverte», technique de chant clair dépourvu d’accros. Blank generation, à l’ombre de ses contemporains, n’en reste pas moins un sacrément bon enregistrement de rock, une pièce de choix à centrer sur le plateau d’un tourne-disque.

Richard Hell & the Voidoids - Love Comes in spurts


Code vestimentaire: la légende veut que Malcolm Mclaren, futur manager des Sex Pistols, croise le chemin de Richard Hell (né Meyers) le jour où ce dernier, déçu de l’effet généré par la chemise dont-il vient de couper les manches, rattache ces dernières au corps du vêtement à l’aide d’épingles de sûreté dites: «à nourrice». Ou comment l’ustensile de couture envahit le Royaume Uni au retour de l’opportuniste Malcolm sur ses terres.
Il reste que Johnny Rotten, au cœur des 700 pages de ses mémoires (La rage est mon énergie - 2014), revendique la première utilisation de ce code identitaire. Quoi qu’il en soit, après étude des photos où Hell se donne, on confirme que le jeune éphèbe aux yeux charbonneux apprécie exposer son torse glabre sous des hardes déchirées, autre constante du modèle punk.
La mode ne tient qu’à un fil. 1977, donc, et puis? … Richard Hell disparait quasiment du domaine public. On soupçonne un excès de toxicité chez ce goûteur invétéré de substances prohibées mais l’Enfer est toujours bien présent sur Terre. Le ténébreux fêtera-t-il sa soixante dixième année (il est né en 1949) en sortant du placard où il s’est volontairement enfermé?
Certains disent que l’Art se doit d’être éphémère.

Thierry Dauge

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