jeudi 9 août 2018

1986 - Iggy Pop et Slayer réunis sur la même platine

1986 - Iggy Pop et Slayer réunis sur la même platine

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Slayer - Iggy Pop

Sur la même platine en 1986 (octobre)

Alors là ... je serai presque tenté d’écrire que, sur Reign in blood, Slayer propose ni plus ni moins que ce que proposaient The Stooges en 1973 avec Raw power! Bien sur la démarche artistique n’est pas la même, bien sur les propos ne correspondent pas, bien sur les iconographies sont à cent lieues l’une de l’autre mais le vent de révolte, la provocation, le grand doigt tendu vers l’establishment, et puis treize années se sont écoulées! De son côté, Iggy verse dans le Blah blah blah, c'est tout de même le titre de cet album coproduit par Bowie
Sur cet Lp, on jurerait entendre un croisement entre ce dernier, période China girl, et un Lou Reed dans ses bons jours. Steve Jones, celui des Sex Pistols, est crédité guitar solo sur un des titres! Mais lorsqu’on compare le son de cet enregistrement très typé 80’s à ce qu’Iggy a pu faire auparavant... incroyable! Le personnage joué par JP. Darroussin dans le film: Mes meilleurs copains (1989), dirait : «C’est de la soupe». 

Iggy Pop - Blah Blah Blah 


Forcément, Slayer... vécu live: 
«Entouré de mecs en treillis/rangers, les lumières s’éteignent. Tom Araya lâche quelque mots dans le micro. Sa voix est douce, les mots mesurés. Et puis... le cataclysme!!! L’impression de prendre une volée de parpaings dans la tronche! Le groupe attaque son premier morceau». 

Slayer - Angel of Death 


Reign in blood est du même tonneau: une agression musicale consentie. Paradoxe, en octobre 1986, l’ex déjanté, l’Iguane, ne fait plus que: «Pop !». 
Et à cette époque, qu’en est-il de l’actualité: Soft ou trash?

Les évènements africains ne bénéficient pas du même traitement. Pendant qu’une guerre civile fait 10 000 morts au Yemen, Balavoine et Sabine meurent au Mali en marge du Dakar. Devinez qui fait l’actu? L’intention de creuser un tunnel sous la Manche est enterrinée par Tatcher et Mitterrand: des vieux punks à crètes se rasent la tête. La première chaîne de télévision privée: la  5, commence à émettre. «Tiens, remets moi ‘BeIN Sports’». 
En France, alors que Coluche lance les restos du cœur, on compte 12 attentats à la bombe pour une seule explosion en Ukraine: Tchernobyl... 
Et en musique, «soft ou trash »? The Smiths annoncent: The Queen is dead , Metallica se prend pour le Master of puppets, Depeche Mode organise une Black celebration, Prince «Parade» et Europe, pessimiste, lance The final countdown. Si cette sélection n’est pas «trash» à 100%, on a connu des années plus soft. Quant à nos deux nominés du mois d’octobre... Iggy et Slayer.

La question se pose plus que jamais: peut-on, a-t-on même le droit (!), de déposer l’aiguille de lecture d’une même platine au creux des sillons des disques de nos deux lurons? 
Octobre 1986. Nous sommes en automne. Un climat pluvieux persiste. Les arbres sont nus et élancent vers le ciel gris les terminaisons noirâtres de leurs branches tordues. La dépression guête... Slayer, du haut de son Trash/Death/Metal, énergise pendant qu’Iggy, depuis son dancefloor, humorise. 
Certes, on peut vomir l’un ou l’autre, voire les deux. Du coup, en prévision, avant toute écoute, se munir d’un bon antiémétique. 
Slayer vs Iggy Pop, ou comment creuser le trou de la sécu?

Thierry Dauge



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