jeudi 5 juillet 2018

Tom Petty et les Undertones - Rencontre sur un même platine

Undertones et Tom Petty and the heartbreakers - Mois de mai 1981

Tom Petty and the Heartbreakers - The Undertones

1981, l’année de tous les fantasmes! 

Pour la 1ère fois en France, des socialistes prennent le pouvoir! Le 21 mai, «Tonton» accède à la présidence de la République Française: François Mitterrand. Dans ses bagages, il traîne un certain Jack Lang, Mr radios libres, Mr fête de la musique, Mr Opéra Bastille… un homme d’Art. En ce même mois de mai, outre le traditionnel muguet, d’autres artistes gravent de la cire, comme un cachet royal au dos d’un courrier attendu: Tom Petty And The Heartbreakers postent Hard promises, The Undertones envoient Positive touch. Hasard, des descendants d’émigrés irlandais à présent américains se voient donc «concurrencer» leur terre «natale», la verte Erin, quoique ces irlandais-là soient estampillés: «du Nord», ou comment couper un pays en deux.

Tom Petty and the Heartbreakers - A thing about you


Avec Hard promises, Tom Petty And The Hreatbreakers rappelle le meilleurs de Big Star, des chansons dignes de Radio city (1974), ce monument de pop rock américaine ou cet album étonnant du Dwight Twilley Band sur Twilley don’t mind (1977). Oui, sauf que Tom Petty et ses boys font encore plus fort dans la chanson définitive, le couplet/refrain cinq étoiles. Des mélodies imparables, des enchaînements de notes au cordeau, dix chansons du calibre d’ American girl, cette pépite sortie de leur 1er essai discographique (1976), c’est dire! 
En  face, qu’arrive-t-il aux Undertones sur leur 3ème Lp? Au sortir des amplis, la pédale de chorus a remplacé la distorsion: méconnaissable pour qui navigue en compagnie de leur 1er Lp éponyme (1979). Faut-il huer? Invoquer l’anathème? Chicaner? Ricaner? Pfffffff… The Undertones font la preuve qu’il n’y a pas que la ligne droite dans une vie musicale, qu’on peut exister hors du punk rock qui provoqua les éloges initiaux. Le travail réalisé sur les compositions relève de l’ébénisterie, de la marqueterie, notes imbriquées les unes dans les autres au bénéfice de l’ensemble: des chansons. Du coup, le «grand écart» envisagé fait montre d’élasticité, les deux formations remontant les compas vers l’entrejambe, rampant l’une vers l’autre au centre de tous les plaisirs.

Undertones - It's going to happen


En 1981, au sommet des ondes, d’autres musiciens s’en sortent-ils aussi dignement? AC/DC défouraille les canons For those about to rock. A cause du vent, c’est finalement le groupe qui s’auto canarde: le début de la fin? Joan Jett love son rock’n’roll, nous aussi. Foreigner pulvérise les charts en insérant au moins  titres dans son Juke box hero. Par chez nous, Le lac du Connemara, La danse des canards et Pour le plaisir s’écoulent chacun à plus d’un million d’exemplaires! Par contre, deux monuments «s’enterrent»: Bob Marley à la Jah-maïque et Georges Brassens sans cinq à Sète. Dans l’actu, un mariage est couronné: le Prince Charles épouse Lady Diana Spencer. Génocide organisé par des «blancs» contre des «noirs»? Pas que. Il faut attendre 1981 pour que la Mauritanie abolisse officiellement l’esclavage. CQFD. Et pendant que Spielberg filme des aventuriers qui cherchent l’Arche perdue, un scénario élaboré par Badinter abolit la peine de mort en France: on en parle encore… Mieux que d’en parler, Hard promises et Positive touch provoquent le besoin d’écouter. Ce qui, libérant les badigoinces, octroie concomitamment la possibilité de s’en repaitre.

Thierry Dauge

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