jeudi 17 mai 2018

The Datsuns

The Datsuns

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The Datsuns

The Datsuns : Guerriers du Power Rock.

«Avec excès» qualifie l’engouement dont il convient de faire preuve à l’égard de ces rufians. Depuis l’avènement de leur 1er Lp éponyme, jusqu’à ce jour, une constatation s’impose: ce groupe ne reçoit pas les lauriers qu’il devrait. L’engagement musical des néo-zélandais prône la ligne droite, l’intégrité. Un premier disque fantastique The Datsuns - 2002 - un deuxième impeccable - Outta sight/outta mind - 2004 - quelques errances puis une avant-dernière production de haut vol Death rattle boogie - 2012 valent plus que deux lignes en fond d’article ou deux cent personnes dans une salle de concert pouvant en contenir mille. Parler des Datsuns, Nouvelle-Zélande, c’est mettre à l’honneur tous ces soldats du rock qui œuvrent à travers le monde dans la semi clarté que le public aveugle veut bien leur accorder: The Hives (Suède), Danko Jones (Canada), Rocket From The Crypt (USA), Triggerfinger (Belgique) ou encore Birth of Joy (Hollande).

The Datsuns - I got no words


Le premier Datsuns, c’est un voyage direction les années 70 avec une Les Paul et une Flying V qui scarifient les enceintes, expédient des solos guitar-heros goinfrés de cry-baby sur une rythmique basse/batterie survoltée. La voix de Dolf, versatile, greffe ses trilles à la déglingue générale. Même les titres mid-tempo envoient. Ces types-là ont bouffé du diable de Tasmanie. Ils pratiquent leur art comme d’autres la scie circulaire, sans plus se préoccuper de la fonte des glaciers ou du CAC 40. 
Les deux bretteurs tordent leurs manches de guitares pour en extraire la sève, propre extension de leurs formules sanguines. Ils ne s’approprient pas leurs instruments, ils et elles ne font qu’un. 
Comme les Ramones avant eux, pour caractériser le lien indissociable qui les unit, renforcer l’impression de clan, les membres du groupe ont opté (tout au moins sur ce disque) pour le même patronyme: Datsuns. Justifient-ils l’identification à leurs illustres prédécesseurs? Qui les a vus sur scène détient la réponse. Sittin’ pretty, Motherfucker from hell, Lady, What would I know, At your touch ou In love ne sont qu’herbe rase, terre brulée et marteau sur l’enclume... In your face! Le combat de guitares à la tierce mené dans Fink for the man engage l’auditeur aux frissons. La dernière pièce du puzzle: Freeze sucker, désagrège les réticences, monte aux créneaux, horde de bêtes fauves à l’assaut des derniers remparts.

The Datsuns - Gods are bored


Dans le contexte stressant qui enlace notre quotidien, il faut larguer du lest, dépressuriser, lâcher la vapeur. A défaut, la noyade professémotionnelle guette sa proie au coin du bois. Par chance, pour nous sortir de là, il y a des groupes comme The Datsuns: des furieux sans autre idéologie que le rock. Tout au bout du «prendre soin», ces gaillards vous insufflent de l’hélium dans les bronches. Regonflé par toute cette énergie, vous pouvez affronter l’insondable noirceur de l’aveugle destinée que nous réserve la société. The Datsuns, l’album, est un traitement relevant d’une prise en charge à 100%.
Son prix d’achat? Peu importe, dès la première écoute, vous êtes intégralement remboursé.

En concert: pratiqué à mainte reprises, je choisis de-vous conter celle-là. 
Dans un Elysée Montmartre réduit de moitié par les ailes déployées de grands rideaux noirs, le 24 février 2003, tout explose! Le power rock, c’est ça: pas de questions à se poser, embrayer et accélérer. La sphère d’énergie ainsi générée déborde de la scène, contaminant progressivement la salle et ses occupants, allant jusqu’à dégueuler sur le trottoir. Vous imaginez? Bienheureux irradié, l’accroche cœur aux lèvres, plus rien n’a d’importance et je peux bien mourir sur le champ... après le dernier rappel, quand même. Depuis, je traque leurs apparitions parisiennes comme un junky sa dose dans les vespasiennes. Like a Motherfucker from hell, pour les voir, je suis prêt à me rendre en enfer.

Thierry Dauge

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