mercredi 16 mai 2018

The Cure - Three imaginary boys

The Cure - Three imaginary boys

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The Cure - Three imaginary boys

1979 - The Cure - Three imaginary boys

Le début d'une grande aventure pour The Cure, un groupe pour lequel, on n'aurait certainement pas imaginé à l'époque, cette longue et incroyable carrière. Les personnalités renfermées, limite autistiques des trois protagonistes, et en particulier de Robert Smith, sont à des lustres de l'exubérante teigneuse révolution punk (et ça ne s'arrangera pas pour la suite). En cette année 79, la découverte de la musique des Cure, bien qu'offrant un son habillé de riffs un peu crado, n'a de cesse de soutenir une ligne mélodique soutenue et des tempos, à l'opposé du speed Ramones et de la brutalité Sex Pistols.  Three Imaginary Boys nous renvoie déjà en effet miroir la personnalité introspective du groupe alors encore à l'ébauche... Smith dès le second vinyle saura nous plonger dans l'abyme de nos noirceurs inconscientes.

The Cure - 10:15 Saturday Night


L'album est enregistré mixé en cinq nuits dans les studios Morgan situés à Willesden dans le nord de Londres, quasiment dans les conditions du Live, et il s'en dégage un son et une production on ne peut plus minimaliste. Ce qui en certains cas pourrait largement desservir, a conféré à cet album une saveur quasi inépuisable. Three imaginary boys nous aura ouvert l'état d'esprit Cure sur un ensemble de titres extrêmement courts, d'où s'émane la quintessence de l'essentiel. Pas de prouesses techniques, les arrangements sont réduits au strict nécessaire, la rythmique de Lol Tolhurst calme et martiale, captée avec ce son Live et tellement brut est méthodiquement basique, les lignes de basse de Michael Dempsey remportent un soutien mélodique essentiel, la guitare de Smith occupe très simplement l'espace harmonique, et le chant légèrement sous mixé apparaît comme dans un brouillard, presque timide... Et pourtant, ça marche... l'anti-recette qui fonctionne contre toute attente.

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Michael Dempsey - Robert Smith Lol Tolhurst

N'oublions pas cette pochette d'album au look retro fifties, représentant sur un fond rose bonbon passé, trois appareils électromenagers.
On le sait, Robert Smith ne l'aime pas beaucoup, pas plus que l'album d'ailleurs. Et pourtant, cette désuétude de l'imagerie attire l'intérêt, suscite l'attention, tant la construction photographique semble éloigné du petit groupe post punk encore alors méconnu.
Banal, affligeant, et pourtant efficace... ça donne envie d'en savoir plus! La pochette de l'album est en réalité une sorte d'anti-portrait du groupe réalisée par Bill Smith et le photographe Martyn Goddard au sein duquel, chaque membre du groupe est remplacé par un appareil électroménager. Robert Smith est un lampadaire de salon, Lol Tolhurst, le batteur, un aspirateur et Michael Dempsey, le bassiste, un frigidaire. La métaphorique étant censée mettre en liaison chaque objet avec la personnalité du membre concerné. Une démarche aussi originale qu'anti-commerciale qui n'a pas laissé un souvenir impérissable au groupe non consulté pour le graphisme.
Soulignons malgré l'absence de toute signalétique concernant les titres des chansons, une belle adéquation entre le minimalisme glacial de la pochette et celui tout aussi froid de la musique. Souvent considéré comme un coup d'essai, Three imaginary boys développe à l'écoute un parfum expérimental de jeunesse inspirée. Une essence brute qui se fera de plus en plus discrète dans les albums suivants et que j'aime à retrouver certains soirs.

Auguste Marshal

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