mardi 29 mai 2018

Deep Purple - Come taste the band

Deep Purple - Come taste the band!

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Deep Purple

Come Taste the Band - 1975

En matière de Hard Rock, beaucoup "d’experts" affirment effrontément qu’il s’agit du groupe par lequel « tout commence. De fait,  Deep purple in rock engage bruyamment la chose. Ce disque a été moult fois disséqué et opposé au 1er Lp éponyme de Black Sabbath comme initiateur du genre. Il apparait nécessaire de prendre de la distance avec cette habitude qui consiste à toujours vouloir tout comparer, surtout ce qui ne peut l’être. Même «genre» de groupes, certes, mais approche musicale différentes: Black Sabbath initiateur du Heavy Metal?

Come taste the band sort à la période communément appelée Mark IV (David Coverdale - chant, Glenn Hughes - basse & chant, Tommy Bolin - guitare, Jon Lord - claviers, Ian Paice - batterie). On ne le sait pas encore mais le moment est proche où le Deep Purple des années 70 jettera l’éponge. Il renaît en 1984 avec Perfect stranger pour un hard rock de facture moins originale. 
En 1975, la musique du groupe prête à danser. Une base de hard rock, une pinte de blues et de soul, une goutte de funk et, sous-jacent, un saupoudrage de musique classique. Coverdale et Bolin sont les bluesmen: une voix grasse pour un chant à gorge fermée, rugissement de fauve blessé pour l’un et son de guitare noyé d’effets plutôt slidy pour l’autre. 
Parenthèse: Bolin n’est ici que l’ombre de ce qu’il fut à ses débuts, lorsqu’il affutait des blues céleste avec Zephyr. Hugues, c’est la soul, le funk rock de l’ex Trapeze: son de basse élastique et lascif. Cet homme possède une voix qui fait qu’un jour, dans la cours des hard rockeurs, et bien avant la Grand-Messe du samedi soir sur TF1, on le surnommerait: The Voice. Organe aux multiples octaves, contrepoint idéal à celui de Coverdale. La base rock c’est Paice: batteur talentueux qui pratique l’accompagnement plutôt que la métronomie. Enfin, le «classique», c’est Lord. RIP Jon, claviériste accompli qui brillait dans tous les styles musicaux.

Deep Purple - Speed King


Fin 1973, au sortir du chant de Gillan, le duo Coverdale/Hugues déconcerte. Pourtant, ils entremêlent leurs cordes vocales pour former d’harmonieuses arabesques hélas abhorrées, victimes d’une addiction au précédent chanteur. A l’écoute des deux Lps sortis en 1974, on ne peut, de nos jours, que regretter ces réticences, les garçons présentant véritablement un tableau harmonique jouissif. Après que Ritchie Blackmore, allergique à Gillan, ait à nouveau claqué la porte en 1995, Steve Morse, guitariste hyper technique, rejoint le groupe. Du coup, Deep Purple prend un visage différent, moins hard, plus big rock, tout en gardant un fond boogie-swing inauguré en 1971 avec Lazy, titre phare de Machine head. Depuis, les vieux grognards proposent périodiquement plus ou moins la même galette. Il paraîtrait qu’Infinite (2017) serait la dernière. Pas grave, ils n’ont pas fini de tourner.

Deep Purple - You keep on moving


J’ai mis quelques temps avant de voir Deep Purple en concert. La première rencontre flash a lieu le 24 mars1996 au Zénith de Paris. Sur scène, il y a Mark II moins Blackmore / plus Steve Morse. Le groupe nous assène des standards naviguant de Speed king à Woman from Tokyo. Maigrissant dans mon jean, des cheveux repeuplant mon crâne devenu lisse, les débuts des 70’s en parfum suranné me shootèrent de la tête aux pieds. Fan un jour, fan toujours.

Thierry Dauge

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