vendredi 25 mai 2018

BACKYARD BABIES : Heavy Rock ’in’ Sweden

Backyard Babies - Heavy Rock in Sweden

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Backyard Babies  «Jardin d’enfants» ? S’il est communément admis que les suédois parlent anglais, peut-on traduire littéralement le nom du groupe?  L’expression: Backyard Baby-Q est employée pour désigner un barbecue, un repas champêtre où se goberger de grillades. Peut-on, alors, imaginer: «des bébés au barbecue dans une arrière cours»? 
Recherche étymologique mise à part, voici l'album Total 13 sorti en 1998. Et, là, les synonymes sont légions: défonce, high energy, déglingue, tout ce qui parle d’engagement musical total. Ces garçons guerroient le rock comme certains de ses aînés ont pu le faire, je pense aux New York Dolls en particulier. L’aspect Metal ou Punk constitue leur apport au genre, Chuck Berry habillé de distorsion. Tatouages en avant, la musique des Babes sent la clope, le Jack. D et la sueur. Leur rock foisonne de glissando, de slide «médiatorisés» qui accentuent l’effet de compacité, qui annoncent l’élan avant l’envolée telle des traces de pneus sur l’asphalte. De fait, ce disque arrache tout sur son passage, du pavillon externe au labyrinthe de l’oreille interne, siège de l’équilibre. D’où ce vertige à l’écoute du brûlot. Un type qui chausse des Creepers sur des socks étoilées, chemise fuchsia sous gilet noir, et qui roule en Plymouth Fury projette force maladie de Ménière  chez ses auditeurs: pseudo ébriosité et bourdonnement d’oreilles. L’attitude rock que celle-là!

Backyard Babies - Let's go to hell


«Qué, qué, qué, qué qué, can’t do anything … », comme une évidence! Pas moyen de faire autre chose que de bouger son derrière, secouer la tête ou battre le rythme du pied. Même lorsque le tempo ralentis, la dynamique pousse à l’action. Parfois, enchaînement d’accords se fait plus vagabond au bénéfice d’une mélodie plurielle, allant même jusqu’à intégrer un piano bastringue frappé telle une téquila « paf ». Bel ensemble de rocks «cradingues », Total 13 contient 13 chansons ancrées dans un punk à l’esprit, si ce n’est festif, pour le moins pétillo-cinglant.

Chantilly, un 7’’ supplémentaire! Il résulte de la collaboration des Babies avec Ginger, leader des Wildhearts, pour la Face A et Michael Monroe, leader d’Hanoï Rock, pour la Face B. Comme pour le 12’’, la dentelle est loin du propos. Le fourbisseur en chef des Wildhearts touille une chanson festive/rock:  Babylon, dont les excès rejoignent la Mésopotamie. Il faut dire qu’il a pour habitude d’usiner des guitares rythmiques en série avec son propre groupe. Pour Sir Monroe, avec Rocker, nous avons le droit à un harmonica en roue libre sur une partition défoncée de heavy rock’n’roll. Et dire qu’il y a des groupes qui remplissent des doubles faces de rengaines insipides... Nos suédois font rougir les six cordes! Les Gibson copulent des amplis Fender en mâchouillant du barbelé. Avec une Les Paul, ce n’est pas le guitariste qui choisit son camp, c’est la guitare qui vous prend. Elle les a pris pour le meilleurs, pas pour le pire, et ce joyau en est la parfaite illustration. Total 13 ? «Total 15» pour cette édition. On en aurait encaissé 20 sans sourciller.

Backyard Babies - Made me madman


Live, le ramage rejoint-il le plumage ? Pareil, tout pareil. Que ce soit en 2006 à la Boule Noire ou en 2010 à la Maroquinerie, deux salles parisiennes, avec Backyard Babies la prestation est garantie décibels, sueur, défonce. Ces mecs-là ne font pas dans la crèmerie, ils ne battent pas le beurre, ils l’électrifient, le ionisent, le vaporisent. Si l’on devait les caractériser à partir d’une image, le mieux serait une boule d’énergie. Ils finissent leur concert lessivés et nous aussi. Leur musique envoie des fulgurances aux quatre coins de la salle, une invite à danser et transpirer avec eux. Si Dregen, le foudroyant guitariste et fondateur du groupe, commence le show les yeux soulignés de khol, il le finit démaquillé, serpillière parcourue d’arcs électriques. Remède à la déprime, un concert des Backyard’s relève de la sismothérapie, de l’électrochoc. Boule Noire et Maroquinerie en lieu et place d’un AccorHotels Arena, proximité qui sied à merveille à leur attitude empathique. Si ces guerriers viennent à passer un jour en votre proximité, votez pour: que du plaisir à glaner.

Thierry Dauge

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