samedi 21 avril 2018

Portishead - Dummy

Portishead - Dummy 

portishead
Portishead

Dummy - 1er album de Portishead - 1994.

Une vraie découverte musicale suscite généralement en nous un véritable flux d'émotion: une rage qui vous traverse, une émotion qui jaillit, une sensation inexplicable, des larmes, une joie intense... que sais-je?
La découverte du groupe Portishead est restée pour moi et à ce titre gravée au rang des découvertes déroutantes. Tout d'abord, ce petit single Glory Box à la pochette rouge, comprenant le succès incroyable et déconcertant du groupe, la découverte pour nous tous de la voix poignante de Beth Gibbons, sensible et déchirée, toujours à la limite de la rupture, vibrant de cesse au travers d'une tension émotionnelle aussi sombre qu'exhaltante. La version française donnait d'ailleurs la tonalité du travail en studio de Portishead. Glory Box en version single radio accompagné de deux autres versions remixées de ce même titre, et un remix époustouflant du Wild Wood de Paul Weller. Ils avaient osé toucher à Weller, et en plus, c'était génial.

Portishead - Wild Wood (Paul Weller)


Bien sûr, nous avions déjà vibré et sombré dans la tension et la froideur envoûtante... Robert Smith était passé par là, nous traînant dans les abîmes de sa trilogie cold. Mais avec Portishead, il y avait quelques chose de vraiment nouveau, de l'inédit, de l'inattendu, de l'imprévisible. Difficile d'admettre à l'époque que ces enregistrements, nourris de samples, d'électronique, de trafficages ingénieux pouvaient à ce point toucher le coeur de la bête. La claque. Le temps de la découverte de l'album ne se fit pas attendre.
Dummy, l'album magistral, avec ses basses compressés à l'extrême, ce son inclassable où se confondent guitares wah wah, orgues hypnothiques, samples malsains, rythmiques lentes, boucles entêtantes, avec en projection, cette atmosphère angoissante et tendue, apte à faire remonter les démons de l'oubli.

Portishead - Roads - Live


L'histoire raconte que la genèse de Portishead aurait pris racine dans une file d'attente d'une agence de l'Anpe. Geoff Barrow et Beth Gibbons s'y recontrent en 1992. Lui est assistant ingé son, il a notamment participé en tant que petite main, aux sessions du premier album de Massive Attack. Elle, est actrice... leurs aspirations communes vont alors se relier. Le nom du groupe est rapidement trouvé: Portishead, tout comme le nom de leur ville natale.
En vérité, ce sont au départ les aspirations cinématographiques qui vont réunir ces deux là autour d'un projet commun. Geoff Barrow rêve d'enregistrer une BO de film, et au lieu d'attendre une hypothétique demande, il décide avec Beth de réaliser leur propre court métrage. Les acteurs principaux sont les membres du groupe, et le film de onze minutes intitulé To Kill a Dead Man apparaîtra d'ailleurs dans le DVD Roseland NYC Live de 2002. Le projet cinématographique déclenche bien entendu le projet musical, et chemin faisant, ils sont rejoints en studio par le guitariste Adrian Utley.

Portishead - Glory Box


L'album Dummy sort en août 1994 et déclenche un ras de marée de succès des plus inattendu. A l'époque, les techniques d'enregistrement de Geoff Barrow font figures d'amateurisme parmi ses confrères, mais qu'importe, le résultat est fulgurant, un son époustouflant et une intensité émotionnelle à son comble. Dummy transcende le genre naissant et ouvre au tout public, une voie de choix pour la découverte de l'éphémère courant Trip-Hop déjà bien amorcée par Massive Attack depuis 1991.


Auguste Marshal


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