jeudi 22 mars 2018

Led Zeppelin IV

Led Zeppelin IV

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Led Zeppelin IV

Une pochette Harry Potter ?

Le pari de Led Zeppelin pour ce quatrième album était bien le reflet de l'audace de ce groupe, aux portes des seventies. Les dirigeants de la maison de disque Atlantic s'en sont certainement difficilement remis. Imaginez, l'exigence de Led Zep: sortir un album sans aucun nom, logo ou autre titre sur la pochette! L'entreprise pouvait paraître suicidaire. Jimmy Page, irrité par les critiques qui n'ont que très peu épargnées l'album III, est persuadé qu'il faut faire place à la musique avant tout! Son pouvoir de conviction est énorme et son obstination instinctive sera largement récompensée par le succès de l'album.
En réalité, l'objet qui atterrit dans les bacs des disquaires était d'une curiosité rarement égalée. Une pochette sur laquelle on dévoile le portrait d'un vieillard avec une canne croulant sous un fardeau de bois.  Il suffit ensuite d'ouvrir la pochette pour découvrir qu'il s'agit en réalité d'un tableau accroché sur un mur en ruines derrière lequel se dévoile un paysage citadin. L'histoire raconte que ce portrait serait une gravure débusquée par Page lors d'une brocante... D'ailleurs toute la structure de la pochette semble évoquer le mystère et l'inspiration ésotérique bien connue des fans de Jimmy Page.

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Led Zeppelin IV
Le vieillard sur la partie intérieure de la pochette qui brandit une lanterne du haut d'une montagne, cet intérieur de pochette qui dans son ensemble évoque l'esprit d'un vieux manuscrit de sorcellerie, sans oublier les quatre runes destinées à symboliser les membres du groupes, et qui n'ont eu de cesse depuis toutes ces années de faire couler l'encre, tant l'imaginaire occulte se dégage de cette imagerie singulière.

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Runes Led Zeppelin IV
Cette illustration nébuleuse contribuera certainement à consacrer le mythe, y compris les déboires d'un album conçu dans un manoir situé en pleine campagne... La batterie installée provisoirement dans un hall, dévoile aux premiers essais une acoustique tellement phénoménale, qu'elle conduit le groupe à enregistrer à cet endroit. L'ambiance est parfaite pour la production studieuse du groupe, pourtant, de retour à Londres, on constate que les bandes sont détériorées... Retour aux studios Island pour refaire une partie du travail.

Si le mythe semble en effet être l'essence de cette production, la musique hormis le célèbre Stairway to heaven, qui invente le genre hybride de la folk ballade acoustique ponctuée de flûte, à la transition rock, puis la fin hard (on ne pouvait pas faire plus hybride, et pourtant réussi...), dégage une énergie rock électrique, limite sexuelle, empreinte de l'énergie du blues et portée aux portes du Rock Hard par une voix tonitruante et des solos aèriens à n'en plus finir. Du Led Zeppelin, rien à dire de plus, si ce n'est peut-être, porté à son sommet sur ce number IV.


Auguste Marshal

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