mercredi 14 février 2018

The Clash - Premier album - Clash

Le premier album du Clash - 1977

The Clash
The Clash 

Energie brute et canalisée, malgré une production cheap.

Février 1977, Le Clash entre en studio pour y produire son premier album. Un disque percutant et indispensable qui sortira deux mois plus tard le 8 avril 1977. Déjà largement électrifié par le punk américain, des Ramones aux Heartbreakers, la déferlante australienne avec Radio Birdman et les Saints, l'Angleterre déjà accoutumée aux premiers singles des Sex Pistols, va recevoir en pleine face ce disque brûlant de fougue et de talent, aussi explosif qu'un bâton de dynamite. Étonnant d'écouter la restitution de cette énergie brute, les guitares incisives sont tranchantes, la production est limite à mon sens supérieure à pas mal de disques punk sortis cette année là, et pourtant les conditions d'enregistrements franchement limites, ne laissaient guère présager un tel résultat. Conditions d'enregistrement Cheap, matos pas toujours en très bon état, mais qu'importe, quand la volonté prime. Même le batteur est provisoire, Terry Chimes sera bientôt remplacé par Topper Headon, quelques temps après la sortie de ce premier album.

The Clash 1977 - Protex Blue


A la fin de la courte session d'enregistrement, la production leur demande d'ajouter un titre à l'album. Ce sera une reprise, et marque déjà bien ancrée de leur pluralisme culturel, entendez par là, ouverture d'esprit, le Clash optera pour un reggae interprété alors par le jamaïcain Junior Murvin: Police and Thieves. L'arrangement et la couleur punk rock est une réussite grandiose qui affirmera dès lors l'union entre le Punk et le Reggae, dans la force du militantisme contestataire. Une porte ouverte, que le Clash n'hésitera pas à rouvrir par la suite. D'autres groupes talentueux, comme The Ruts à partir de 1979, enfonceront définitivement le clou... souvenez-vous de Jah War.

The Ruts : Jah War



C'est d'ailleurs cette même injustice envers la communauté noire, vécue en direct le 31 août 1976 lors des émeutes de Notting Hill par Paul Simonon et Joe Strummer, qui avait inspiré la création de White Riot, un véritable hymne, visant à insuffler aux blancs la même énergie de révolte... Le morceau souvent mal compris, donnant lieu régulièrement à des bagarres dans la salle, conduira Mick Jones à ne plus vouloir le jouer sur scène.

Véritable chapelet de déflagration rock, ce disque explose de part en part, envoyant des décharges musicales à grands renforts de slogans anti establishment. Ce qui est particulièrement génial sur ce premier Clash, est la manière avec laquelle cette violence, cette pulsation brutale s'acoquine particulièrement aux voix de Strummer et Jones, et à cette capacité que le groupe a toujours su trouver pour conserver de tous temps, une véritable ligne mélodique. De vrais chansons, magnifiquement construites, des refrains accrocheurs, parfois même des hymnes - White Riot, London's Burning - et une arrogance punk qui ne se perd jamais dans la nécessité d'y intégrer du subversif. Non seulement ces mecs ont déjà la classe, mais ils ont surtout un talent de compositeurs et d'interprète qui explose à la face.

The Clash : White Riot


Ce premier Clash sortira d'abord en avril 77 en Angleterre. Une seconde version en 1979 sera destinée au marché US, pochette modifiée avec le titre en haut, au lieu d'être en bas, ainsi que quatre titres en moins, présents sur le pressage anglais - Cheat, Protex Blue, 48 Hours, Deny - remplacés par cinq chansons enregistrées entre 1978 et 1979. Différence majeure, sur la version américaine, c'est donc le batteur Topper Headon qui actionne les fûts. Parmis ces cinq morceaux, il n'y a que des pépites. Excepté I Fought The Law qui date de 1979,  toutes ont été enregistrées en 1978:  Complete Control, (White Man) In Hammersmith Palais, Clash City Rockers et Jail Guitar Doors. L'ordre des chansons est remanié, et l'album US s'ouvre cette fois sur Clash City Rockers avec son intro fulgurante en lieu et place de Janie Jones sur la version British. 
Alors, quelle est la meilleure? Difficile de faire un choix... Même si on est tenté de préférer par essence la version originale de 1977, il faut bien avouer que le remaniement de 1979 nous a apporté entre autres des perles certifiées et devenues incontournables dans l'histoire de The Clash. 
"Garçon, s'il vous plaît, un de chaque"

Auguste Marshal

Février 1977, Le Clash entre en studio pour y produire son premier album. Un disque percutant et indispensable qui sortira deux mois plus tard le 8 avril 1977. L'Angleterre reçoit alors en pleine face ce disque brûlant de fougue et de talent, aussi explosif qu'un bâton de dynamite. Deux version de ce premier album : 1977, la première mouture british, et une version modifiée pour le pressage US en 1979. Un album majeur!

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