dimanche 30 décembre 2018

Lionel Herrmani - Mélodies Massacre - Les années rock à Rouen - https://...

Nouveau site internet

Le blog Auguste Marshal a fait place à un nouveau site internet, en compagnie d'une équipe plus développée. Vous pouvez nous retrouver désormais à cette adresse :
https://culturesco.com


 

mercredi 12 septembre 2018

Deep Purple et Kraftwerk réunis sur la même platine - Novembre 1974

Sur la même platine en Novembre1974 - Deep Purple et Kraftwerk

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Novembre 1974 - Sortie commune de deux entités musicales véritablement disparates.


Cette année-là, au mois de février, Deep Purple a déjà sorti un album: Burn. En novembre, le groupe réitère avec Stormbringer, ce qui s’appelle être en veine d’inspiration. Précision : le groupe vient de changer de "personnel", chanteur et bassiste, et nécessite donc un nouveau répertoire à livrer sur scène.
 Retrouvez-nous sur notre nouveau website https://culturesco.com

Kraftwerk - Mitternacht



Pour le groupe Kraftwerk, il s’agit de son 4ème Lp: Autobahn, qui précède Radio-Activity (1975), titre qui consacrera les allemands dans le monde entier.
Pour l’heure, le groupe pratique une musique «séquentielle» qui multiplie les couches de synthétiseur, les espaces de silences résonnant de bruitages divers, univers à mi-chemin entre le Krautrock et Pink Floyd, bien que, par place, des mélodies «popisantes» soient insérées.
Le Pourpre profond, quant à lui, injecte des accents funky et soul dans son hard rock tout britannique, apport des deux nouveaux, le chanteur David Coverdale & le bassiste Glenn Hughes. Intéressant, Hughes chantant également, des harmonies vocales sont trouvées où figuraient les saillies tonitruantes de Ian Gillan, hurleur en chef.

Deep Purple-Stormbringer


Pendant ce temps-là, sur d’autres platines, ABBA dynamite l’Eurovision à Waterloo. Mike Brant déclare: C’est comme ça que je t’aime à C Jérôme qui avoue : C’est moi. A l’international, Neil young se la joue On the beach, Queen  II précède Sheer heart attack pendant que les Stones se font modestes en avouant: It’s only rock’n’roll. Après écoute, Supertramp dubitatif commente: Crime of the Century. Loin de ces querelles de goûts, Bowie, nouvellement membré, se réincarne en Diamond dogs
Et outre cette actualité musicale, qu’en est-il de l’actualité "tout court"?

En France, le temps est à l’inauguration : l´aéroport Charles de Gaulle à Roissy et le Palais des Congrès à Paris. A choisir, les mélomanes préfèrent le «bruit» fourbi chez les congressistes. L'assemblée nationale entérine l'abaissement à 18 ans de l´âge de la majorité. Avec cette mesure, Giscard, nouvellement élu à la présidence, pense bénéficier des votes de la «jeunesse» en 1981. Mitterrand en rie encore. 
Moins drôle, un DC-10 de la Turkish Airline élague quelques arbres en forêt d’Ermenonville: 346 morts. Pour rivaliser, l'ouragan «Fifi» (quel nom ridicule!) dévaste le Honduras: 10 000 morts. La naissance de Léonardo DiCaprio suffira t-elle à équilibrer les comptes? 
La musique de nos deux récipiendaires, peut-être... 
Au final, cette mouture de Deep Purple n’en a plus que pour un an à vivre alors que Krafwerk s’installe progressivement sur une rampe de lancement, inventant bientôt le concept de «l’homme machine». Les deux sur une même platine? Si le monologue sied à l’égocentrique, le dialogue convient si bien aux choses musicales qu’en faire abstraction serait comme perdre des points d’audition. L’éclectisme réunit les passions.

Thierry Dauge   

vendredi 7 septembre 2018

KISS - L’improbable réussite

KISS – L’improbable réussite.

kiss

Il était une fois... l'impossible

Réussir à sortir de l’anonymat sans se faire lyncher dans un New York au territoire morcelé, où chaque cartier est aux mains d’un gang différent, comporter deux musiciens juifs (les «décideurs» : Simmons/Stanley) et adopter un patronyme qui contient deux «S» reprenant l’iconographie «SS», se grimer en clown, ne pas maitriser plus que ça ses instruments... pour en arriver à une reconnaissance mondiale: incroyable!

Considéré de nos jours comme une réunion de business men, une pantomime au discours transparent, Kiss a le mérite d’avoir visité les caniveaux new-yorkais avant d’en arriver-là. Car si la critique est facile, indubitablement, ces types ont bossé pour situer leur groupe à ce niveau. Jugez du peu: entre 1974 et 1976, le groupe sort 5 Lps studio épaulés par un double album live! A cette cadence entrecoupée de tournées de plus en plus pharaoniques, cocaïne et alcool sont au menu quotidien. Côté son, les deux premiers essais: Kiss et Hotter than hell (1974) sont produits par Ritchie Wise, ex cofondateur du groupe Dust, combo de hard rock psychédélique comprenant également le futur Marky Ramone aux fûts.

Kiss - Strutter


Le 3ème ouvrage: Dressed to kill (1975) est en partie autoproduit avant que des Rolls de studio ne reprennent l’affaire en main. En 1976, Rock and roll over est "consolé" par Eddie Kramer, entre autre ingénieur du son chez Hendrix, qui laisse le siège à Bob Ezrin pour le surproduit mais néanmoins excellent Destroyer. Casablanca Records met donc la main à la poche pour promouvoir au mieux ses poulains. La suite du sprint vers la célébrité, moins musicalement talentueuse aux goûts de certains, vaut également par les audacieuses décisions artistiques qui sont prises.
En 1978, chacun des quatre membres du Bisou sort un album solo tout en conservant une ligne directrice au niveau du visuel. Les pochettes font l’objet d’un même traitement où un portraitiste peint nos héros sur fond noir, les nimbant simplement d’une couleur différente: violet pour Stanley, rouge pour Simmons, bleu pour Frehley et vert pour Criss. Le lettrage reste identique au logo du groupe qui apparaît également. Le plus réussi du quatuor semble être celui d’Ace Frehley, enfant du Bronx et guitariste soliste, ce qui ne va pas sans créer quelques tensions avec ses deux collègues dictatoriaux, jusque-là principaux auteurs/compositeurs lorsque réunis. La fissure évoluera-t-elle en crevasse? Plus tard, un peu plus tard...
Dernier véritable fait d’arme: I was made for loving you (1979). Ce single hard glam rock disco les couvre de diamants.

Kiss - I want You



Mais quelle formule magique ces gaillards ont-ils mise en œuvre pour s’élever ainsi alors que rien ne les prédestinait à l’or du podium? Via ses partitions, quel type de rock Kiss livre-t-il? Peut-on qualifier sa musique de heavy pop? Les chansons tournent autour des 3/3 : 3mn et 3 couplets entrecoupés d’un même refrain, un solo incisif de Les Paul avoisinant les 5 secondes s’insérant à la suite d’un de ces derniers. Point. C’est tout? Oui. Plus Beatles que Stones, Kiss a simplement appliqué ses propres tables de la Loi à la lettre: faire «punchy», mélodique, adolescent. Le reste, c’est de la sueur et des kilomètres.

Alors, peu importe où en est le groupe en 2018, peu importe qui œuvre en son sein, peu importe les rides sous le maquillage, la légende de Kiss est derrière-lui. Et lorsque Alive! (1975) tourne sur la platine, qu’il ait été intégralement refait en studio ou non, les paillettes alourdies par le poids des ans brillent et volent à nouveau dans les yeux du quinquagénaire qui l’écoute.
Laissons-nous rêver encore un peu...


Thierry Dauge

jeudi 6 septembre 2018

Gail Ann Dorsey - Bassiste de David Bowie

Gail Ann Dorsey - Sa rencontre avec David Bowie a changé sa vie

Pourquoi Bowie lui a-t-il proposé de jouer Under Pressure en duo ? Comment a-t-il transformé sa carrière?

mardi 4 septembre 2018

Richard Hell - The magnificent one

Richard HELL - The magnificent one !

Du nouveau sur notre Nouveau Website : CulturescoRock

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Richard Hell

Richard Hell - L'initiateur

Tant musicalement que du point de vue vestimentaire, ce garçon est un «initiateur».
Musicalement: Il participe à la première mouture de Television et de The Heartbreakers. Sa vision musicale et son impétuosité ne supportant aucun compromis, il quitte ces deux formations avant qu’elles n’enregistrent quoi que ce soit. Décidant de ne plus s’associer avec personne, s’entend d’égal à égal, il forme Richard Hell & the Voidoids.
Intelligent, il choisit quand même un guitariste au jeu original et talentueux: Robert Quine, magnifique inconnu. Plus tard, bien plus tard on lui reconnaîtra un lien de cousinage avec Dan Auerbach, le guitariste et chanteur de The Black Keys, un effet de manche pour tabloïds. A noter, pour rythmer la musique que Richard touille dans les circonvolutions court-circuitées de son cerveau embué, il embauche Marc Bell à la batterie, ex bûcheron chez Dust, groupe pratiquant un hard rock psychédélique, futur métronome chez Ramones: Marky Ramone, c’est lui!

Richard Hell & the Voidoids - Blank Generation


Ainsi bâtit, le gang sort Blank generation. En 1977, sous l’étiquette «punk rock», cette galette rivalise avec Young, loud and snotty de The Dead Boys, le  L.A.M.F  de ses anciens acolytes briseurs de cœurs ou Tom Verlaine’s «Marquee moon», pour ne citer que ses compatriotes. Mais il va plus loin ou ailleurs puiser ce qui fait son originalité: sous un aspect "guenillé", les chansons bénéficient de constructions alambiquées soutenues par des riffs de guitares inattendus. La chanson éponyme en est un parfait exemple. Au sommet de ces torves mélodies, la voix du fougueux Hell navigue sur une houle des notes voulues déjantées bien que lâchées à «gorge ouverte», technique de chant clair dépourvu d’accros. Blank generation, à l’ombre de ses contemporains, n’en reste pas moins un sacrément bon enregistrement de rock, une pièce de choix à centrer sur le plateau d’un tourne-disque.

Richard Hell & the Voidoids - Love Comes in spurts


Code vestimentaire: la légende veut que Malcolm Mclaren, futur manager des Sex Pistols, croise le chemin de Richard Hell (né Meyers) le jour où ce dernier, déçu de l’effet généré par la chemise dont-il vient de couper les manches, rattache ces dernières au corps du vêtement à l’aide d’épingles de sûreté dites: «à nourrice». Ou comment l’ustensile de couture envahit le Royaume Uni au retour de l’opportuniste Malcolm sur ses terres.
Il reste que Johnny Rotten, au cœur des 700 pages de ses mémoires (La rage est mon énergie - 2014), revendique la première utilisation de ce code identitaire. Quoi qu’il en soit, après étude des photos où Hell se donne, on confirme que le jeune éphèbe aux yeux charbonneux apprécie exposer son torse glabre sous des hardes déchirées, autre constante du modèle punk.
La mode ne tient qu’à un fil. 1977, donc, et puis? … Richard Hell disparait quasiment du domaine public. On soupçonne un excès de toxicité chez ce goûteur invétéré de substances prohibées mais l’Enfer est toujours bien présent sur Terre. Le ténébreux fêtera-t-il sa soixante dixième année (il est né en 1949) en sortant du placard où il s’est volontairement enfermé?
Certains disent que l’Art se doit d’être éphémère.

Thierry Dauge

jeudi 23 août 2018

1984 - Van Halen et The Pretenders réunis sur la même platine

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1984 (Van Halen) et Learning to Crawl (Pretenders) -  Deux Sorties en janvier 1984

Point historique: l’année de sortie de Learning to crawl varie en fonction des sites web et des chroniqueurs: 1983 ou 1984? La date retenue pour cette chronique, car citée par plusieurs sources anglaises, est le 7 janvier 1984. 
1984 de Van Halen? Contrairement à la rumeur qui situe sa parution le 1er, il arrive sur les étals le 9. Janvier 1984 nous offre donc deux disques de légende en deux jours! Un disque prétend parfois au titre de Légende pour des raisons opposées: sa qualité ou sa médiocrité. Qu’en est-il de nos galettes aux pochettes bleutées ?

The Pretenders - Back on the Chain gang


Après un 1er Lp 5 étoiles et une 2ème livraison dispensable, Chrissie Hynde revient aux affaires. Seul rescapé des affres du rock’n’roll, Martin Chambers frappe toujours ses peaux pour elle. Sur  Learning to crawl, le son de guitare oscille entre l’initial et celui d’Andy Summers (The Police) pour une entame d’album cadencé: Middle of the road, Back on the chain gang, les quatre derniers titres ralentissant le tempo. 
Chez Van Halen, cette 6ème production marque un tournant dans la musique du groupe avec l’apparition massive de synthé et, sans que personne ne le sache encore, la futur disparition de David Lee Roth au profit d’une carrière solo. 

Van Halen - Jump


Trois chansons flirtent avec les charts: Jump, Panama et Hot for teacher, dans le plus pur style du groupe, une sorte de big rock sur vitaminé par des techniciens métallisés. Si Chrissie prétend au titre de: «Plus magnifique chanteuse de rock», voix et plastique, Edward Van Halen revendique toujours son tapping légendaire ainsi que sa vitesse d’exécution au médiator. D’un genre rock totalement différent, avec ces 33, les groupes signent chacun une réussite critiquée car pas «inté-graal-ement» conforme à l’attendu.

1984: Dans quel contexte médiatique évoluent les deux disques? 

Comme d’habitude, c’est fluctuant. Images… Ouverture des jeux olympiques d´hiver à Sarajevo, en ex Yougoslavie. Aujourd’hui, les jeux se dérouleraient en Bosnie-Herzégovine… mais qu’en diraient la Croatie, Serbie, Macédoine, Slovénie et le Monténégro? 
Deux millions de français descendent dans la rue pour défendre l’école «libre». Qu’en est-il de l’école «prisonnière»? Un généticien britannique découvre la méthode d’identification des personnes via leur ADN: des dizaines de scénaristes saisissent leurs stylos. En France, lancement de Canal+ par Havas: Plus de 300 millions de déficit fin 85. En Indes, lancement d’un gaz toxique par Union Carbide: 4000 morts le jour même. L’argent nous gouverne? Il reste des «espaces libres». La preuve, si 1984 s’est vendu à plus de 16 millions d’exemplaires, quid de Learning to crawl ? 
Le nombre de ventes, ainsi que la côte d’un Lp, ne font en rien sa qualité.

Thierry Dauge

mardi 14 août 2018

Mars 1975 - Bowie et Alice Cooper réunis sur la même platine

Mars 1975 - Bowie et Alice Cooper réunis sur la même platine

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Sur la même platine en Mars 1975 

Mars 1975: Deux artistes qui se sont fait un nom vers 1969 arrivent à un moment clé de leurs carrières respectives. Bowie se débarrasse définitivement de son aura Glam Rock avec Young american alors qu’Alice Cooper devient le nom d’un homme et plus celui d’un groupe. Pour l’occasion, il livre Welcome to my nightmare. Si Alice ne change pas fondamentalement de style musical, un rock incisif grand guignolesque, David adopte un tout nouveau format gorgé de feeling et d’une soul qui se veut dansante. La Gitane sans filtre est toujours présente, le maquillage et la teinture capillaire également, mais la musique et les oripeaux diffèrent du tout au tout. De son côté, Vincent « Cooper » Furnier ne change ni le maquillage qui l’a rendu célèbre, ni le producteur qui y a largement participé: Magic Bob Ezrin. Il ne fait que se séparer d’un duo de guitaristes pour un autre plus pragmatique, le côté parfois progressif de sa musique disparaissant dans l’échange. Les livraisons des deux Pointures contiennent chacune un single qui fera date: Fame pour le désormais Thin White Duke, Only woman bleed pour le Cauchemardesque Alice.

David Bowie - Fame


En ce milieu des 70’s, l’actualité est-elle tranchée comme la musique de Sir Bowie ou conserve-t-elle un aspect convenu comme celle du théâtral Mr Cooper
Les deux. Elle adopte la versatilité d’un ascenseur: du pire au meilleur et du meilleur au pire. Exemples choisis: Simone Veil se bat au Parlement français et gagne: la Loi sur l’IVG est promulguée et l’avortement devient légale. Manquait une mention: «A consommer avec modération». Les Khmers rouges entrent à Phnom Penh, capitale du Cambodge: sombre présage... Deux semaines plus tard, la chute de Saïgon, rebaptisée Hô-Chi-Minh, marque la fin de la guerre du Vietnam. Ça n’aura pris que 20 ans. Jamel Debbouze voit le jour, vivement qu’il grandisse. En Ethiopie, mort d’Haïle Sélassié, empereur (pendant 44 ans!) et père du Rastafari, mouvement religieux dont se réclament le reggae, Marley en tête. Etonnant! (ou je me trompe?). Musicalement, la concurrence est telle que le simple nom des albums ci-joints suffit à identifier son ou ses auteurs: Physical graffiti, A night at the opera, Born to run, Wish you were here, « Horses » ou « Tonight’s the night ». Nous savons ce que tous ces disques sont devenus. Young american  et Welcome to my nightmare peuvent-ils rivaliser?

Alice Cooper - Only women bleed


Pour ces deux calibres, le 9 mm est à délaisser, choisir du 44 Magnum. Leurs revolvers tirent des «pruneaux» dont on fait les meilleurs clafoutis et les retrouver sur une même platine n’a, en soit, d’incongru que le fait qu’on associe rarement leurs noms. 
Pourtant, le parallèle tient la route: deux «comédiens» au fait des rouages du business, addicts à la bouteille et au poudrier, habitués des tabloïds à scandale, bref: deux… Musiciens de Rock! 
Pour une fois, laissons-nous ne pas choisir et adoptons l’expression  «Les deux mon neveu!».

Thierry Dauge

samedi 11 août 2018

Mark Knopfler

Mark Knopfler

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Mark Knopfler

Dire Straits, Notting Hillbillies... Mark Knopfler

Le nom de Mark Knopfler, guitariste inspiré par Eric Clapton et J.J. Cale, est lié à celui de Dire Straits, dont il a été la force créatrice. Depuis que le groupe s'est arrêté, en 1995, Mark Knopfler poursuit une carrière solo variée. Il a joué avec les plus grands, il a produit de nombreux artistes et il a composé plusieurs musiques de films. Après avoir travaillé comme journaliste, puis comme professeur assistant d’anglais, Mark décide de se consacrer entièrement à la musique. Dans un premier temps il joue du rockabilly avec Café Racers puis du rythme blues avec  Brewers Droop. En 1977, il s’installe près de Londres avec son frère David, guitariste, le bassiste John Illsley qui recrute le batteur Pick Withers. Dire Straits est constitué.

Dire Straits - Sultans of swing


Une maquette de trois chansons est enregistrée, dont une première version de Sultans of Swing et envoyée à Charlie Gillett de Radio London qui la diffuse le 9 décembre 1977, c’est un succès. C’est Phonogram qui produira leur premier album qui paraît le 7 juillet 1978. En Angleterre l’accueil est réservé, mais en Europe continentale, aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, ils sont disques d’or.
Début 79, le groupe tourne aux Etats-Unis à Los Angeles, Bob Dylan vient les voir, il invite Mark Knopfler et Pick Withers à participer aux sessions de son nouvel album, Slow train coming. A la fin de la même année Mark Knopfler joue sur Gaucho de Steely Dan et sur l'album Solo in Soho de Phil Lynott. En février 1982, Mark Knopfler accompagne Van Morrison sur son album Beautiful vision. On le remarque ensuite aux côtés de Kate & Anna McGarrigle.

En 1983 Il joue avec son frère David, avec Scott Walker et avec Phil Everly, puis il supervise la production de l’album Infidels de Bob Dylan et il donne à Tina Turner le titre Private dancer, qu'il avait écarté au dernier moment de l’album Love over gold. Il se rapproche pour la première fois du cinéma en composant la bande originale du film LOCAL HERO, puis celle de CAL, en 1984, et de COMFORT AND JOY l'année suivante.

Mark Knopfler - Brothers in Arms


En avril 1985 Dire Straits connaît une réussite extraordinaire avec Brothers in Arms. Il est N°1 en Angleterre, aux Etats-Unis et dans vingt-deux autres pays, et il constitue la plus grosse vente de tous les temps pour un groupe britannique. Mark Knopfler prête son talent à des productions extérieures, de Tina Turner à Sting, en passant par Ben E. King et Willie DeVille. En 1989, il écrit et produit la musique du film LAST EXIT TO BROOKLYN.

En mars 90 il crée Notting Hillbillies ce projet réunit Mark Knopfler, Guy Fletcher, Brendan Croker et Steve Phillips. Pour l’album MISSING... PRESUMED HAVING A GOOD TIME, les Notting Hillbillies vont renouer avec leurs racines musicales: les débuts du rock & roll, le blues, le gospel, le jazz-boogie et le country & western. Après GOLDEN HEART, son premier album solo, Mark Knopfler propose en septembre 2000 son deuxième album SAILING TO PHILADELPHIA, pour le titre du même nom il s’assure de la complicité vocale de James Taylor. Suivront THE RAGPICKER'S DREAM enregistré à Nashville en 2002, et SHANGRI-LA, en 2004.

Mark Knopfler - Sailing to Philadelphia


En 2007 KILL TO GET CRIMSON sort, et est suivie d'une série de concerts intimistes de Mark Knopfler en Europe. Il proposera son sixième album solo, GET LUCKY deux ans plus tard, onze titres marqués par le folk, par le blues et par le talent particulier du chanteur-guitariste qui évoque certains souvenirs de son enfance à Glasgow et à Newcastle. Il est suivi d’une tournée qui commence en avril 2010 par les États-Unis pour se terminer fin juillet en Europe.

En 2011, Mark Knopfler est l’invité spécial de Bob Dylan pour la première partie de sa tournée. Un splendide concert est donné à Paris le 17 octobre.
En 2012 sort un nouvel album, Privateering, suivi d’une tournée européenne.
Mark Knopfler préparerait son grand retour et travaillerait en ce moment même à un nouvel album studio pour 2019......A suivre!

Nic Blanchard-Thibault

jeudi 9 août 2018

1986 - Iggy Pop et Slayer réunis sur la même platine

1986 - Iggy Pop et Slayer réunis sur la même platine

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Slayer - Iggy Pop

Sur la même platine en 1986 (octobre)

Alors là ... je serai presque tenté d’écrire que, sur Reign in blood, Slayer propose ni plus ni moins que ce que proposaient The Stooges en 1973 avec Raw power! Bien sur la démarche artistique n’est pas la même, bien sur les propos ne correspondent pas, bien sur les iconographies sont à cent lieues l’une de l’autre mais le vent de révolte, la provocation, le grand doigt tendu vers l’establishment, et puis treize années se sont écoulées! De son côté, Iggy verse dans le Blah blah blah, c'est tout de même le titre de cet album coproduit par Bowie
Sur cet Lp, on jurerait entendre un croisement entre ce dernier, période China girl, et un Lou Reed dans ses bons jours. Steve Jones, celui des Sex Pistols, est crédité guitar solo sur un des titres! Mais lorsqu’on compare le son de cet enregistrement très typé 80’s à ce qu’Iggy a pu faire auparavant... incroyable! Le personnage joué par JP. Darroussin dans le film: Mes meilleurs copains (1989), dirait : «C’est de la soupe». 

Iggy Pop - Blah Blah Blah 


Forcément, Slayer... vécu live: 
«Entouré de mecs en treillis/rangers, les lumières s’éteignent. Tom Araya lâche quelque mots dans le micro. Sa voix est douce, les mots mesurés. Et puis... le cataclysme!!! L’impression de prendre une volée de parpaings dans la tronche! Le groupe attaque son premier morceau». 

Slayer - Angel of Death 


Reign in blood est du même tonneau: une agression musicale consentie. Paradoxe, en octobre 1986, l’ex déjanté, l’Iguane, ne fait plus que: «Pop !». 
Et à cette époque, qu’en est-il de l’actualité: Soft ou trash?

Les évènements africains ne bénéficient pas du même traitement. Pendant qu’une guerre civile fait 10 000 morts au Yemen, Balavoine et Sabine meurent au Mali en marge du Dakar. Devinez qui fait l’actu? L’intention de creuser un tunnel sous la Manche est enterrinée par Tatcher et Mitterrand: des vieux punks à crètes se rasent la tête. La première chaîne de télévision privée: la  5, commence à émettre. «Tiens, remets moi ‘BeIN Sports’». 
En France, alors que Coluche lance les restos du cœur, on compte 12 attentats à la bombe pour une seule explosion en Ukraine: Tchernobyl... 
Et en musique, «soft ou trash »? The Smiths annoncent: The Queen is dead , Metallica se prend pour le Master of puppets, Depeche Mode organise une Black celebration, Prince «Parade» et Europe, pessimiste, lance The final countdown. Si cette sélection n’est pas «trash» à 100%, on a connu des années plus soft. Quant à nos deux nominés du mois d’octobre... Iggy et Slayer.

La question se pose plus que jamais: peut-on, a-t-on même le droit (!), de déposer l’aiguille de lecture d’une même platine au creux des sillons des disques de nos deux lurons? 
Octobre 1986. Nous sommes en automne. Un climat pluvieux persiste. Les arbres sont nus et élancent vers le ciel gris les terminaisons noirâtres de leurs branches tordues. La dépression guête... Slayer, du haut de son Trash/Death/Metal, énergise pendant qu’Iggy, depuis son dancefloor, humorise. 
Certes, on peut vomir l’un ou l’autre, voire les deux. Du coup, en prévision, avant toute écoute, se munir d’un bon antiémétique. 
Slayer vs Iggy Pop, ou comment creuser le trou de la sécu?

Thierry Dauge



jeudi 2 août 2018

Mick Jones - The Clash - Paroles

Mick Jones - The Clash - Paroles

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The Clash

"Joe (Strummer) nous a beaucoup appris, tous autant que nous sommes. Mais la leçon la plus importante, et nous en avions conscience, c’était la façon dont il faut se comporter avec les gens. Il aimait les gens. Et j’ai bien plus d’un exemple pour vous en convaincre. Il était tout le temps comme ça".

Mick Jones, The Clash, 2005

mardi 31 juillet 2018

The Modern Lovers et Boston réunis sur la même platine - L'impossible serait-il possible?

The Modern Lovers et Boston 

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Rencontre improbable sur une même platine en 1976

En matière de compositions et de son, dans le microcosme rock, on peut difficilement faire plus minimaliste que The Modern Lovers par The Modern Lovers.
Des chansons sur deux ou trois accords, deux pour le célèbre Roadrunner. A l’opposé, les titres du premier album éponyme de Boston sont surproduits, cumulent des milliers de notes et effets guitaristiques bénéficiaires d’un mixage millimétré. Ne serait-ce que pour le chant, les deux albums se repoussent comme les mêmes pôles de deux aimants. Les psalmodies de Jonathan Richman rassemblent les voix de Bob Geldof, Shane McGowan, Joe Strummer, alliées à un soupçon de Mark Knopfler: un antidote à la justesse. Chez Boston, le défunt Brad Delp couvre plusieurs octaves, capable de s’envoler tutoyer les cieux, apportant un côté angélique au hard rock racé du groupe. Niveau pochette? Pareil, tout pareil! Un logo aux lignes simples: un cercle, un cœur, face à une peinture stylisée quasi cosmique. Août 1976, en météorologie: l’été de la canicule, en rockerie: l’été des antipodes.

The Modern Lovers - Raodrunner


Outre ces deux premiers albums, 1976 célèbre une série de Premières. Premier vol du Concorde entre Paris et Rio: Samba! Première cérémonie des César, Le vieux fusil tire la concrétion. Viking: premier engin spatial américain à se poser sur Mars. 20 ans plus tard, Tim Burton s’en « souviendr’attaquera ». Création du FLNC. Au lieu d’une gerbe de fleurs, un bouquet d’explosions, une première «nuit bleue», repeint le ciel nocturne. La Chine fait exception à la règle via une «dernière», mort d’un roc: Mao Tsé Toung. Le rock lui survit.

Boston - 1er album


The Modern Lovers figure une Stratocaster et un orgue Farfisa directement raccordée au même ampli Fender de petit calibre où Boston illustre une Les Paul visitant un Marshall 100 watts via un rack d’effets aux 100 pédales accoudée à un orgue Hammond à trois claviers. 
Dans le reste de l’actualité musicale: simplicité ou sophistication? Eagles loue quelques chambres d’Hotel California: ça sent le diamant. Fidèles, Aerosmith « Rocks » pendant que Kiss « Destroyer » et que les ramoneurs « Ramones ». Status Quo leur donnant « Blue for you », les Stones y ajoutent du noir et s’en servent pour « Black and blue ». 
Pour nos deux récipiendaires, après ce mariage, les «amants modernes» se rendent-ils en voyage de noces à Boston? Sacrilège! 
Appairer sur une même platine deux disques aussi contradictoires relève de l’hérésie! Combattant les étroites visions et laissant: «Il ne peut il n’y en avoir qu’un» à Highlander, adoptons l’éclectisme. 
Règle n°1 : Pour ne pas se lasser, il faut voyager.

Thierry Dauge

jeudi 26 juillet 2018

J.J. Cale

J.J.Cale - Tribute

jjcale


J.J. Cale, guitariste de légende, chanteur à la voix tranquille et nonchalante, en accord avec son phrasé d'instrumentiste, sa musique teintée de country a influencé de nombreux artistes. Sa carrière débute dans un relatif anonymat, et il parvient à la célébrité en 1970, quand un certain Eric Clapton reprend son titre After Midnight dans un album. 
J.J. Cale avait écrit ce morceau dans les années 1960, et nul ne semblait alors l'avoir remarqué. Dans les années 1970 et 1980, son jeu, connu sous le nom de Tulsa sound inspirent les plus grands de l'époque, comme le chanteur et guitariste de Dire Straits, Mark Knopfler.
Initiateur du jeu dit "laid back", J.J. Cale est inspiré et très décontracté sur sa guitare. Mais il n'en est pas moins extrêmement exigeant, et signe des succès tels que Cocaïne ou Travellin'Light.
Modeste jusqu'au bout, J.J. Cale refusa toute sa carrière le statut de légende que lui conféraient ses confrères. L'artiste nous a quitté le 26 Juillet 2013. 

 Nic-Blanchard-Thibault

mercredi 25 juillet 2018

mardi 24 juillet 2018

Bauhaus - Metallica - Sur la même platine en juillet 1983 - L'impossible est possible

Juillet 1983 - L'actualité réunit deux groupes musicalement disparates... sur la même platine

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Bauhaus - Metallica

Bauhaus et Metallica -

Angleterre: Bauhaus est une école d’architecture et de design allemande, options cubique et angulaire, fondée en 1919. L’institution est dissoute par les nazis en 1933. 
Hommage? A ses débuts, Bauhaus, le groupe, s’appelle: Bauhaus 1919
Dès 1979, à l’occasion de la sortie du 1er single: Bela Lugosi’s dead, le patronyme est raccourci en Bauhaus. Quatre ans plus tard, en juillet 1983, le groupe se sépare. Orphelin à la naissance, Burning from the inside, sort au même moment. 
USA : Metallica est classé comme un des quatre plus grands groupes de Trash Metal américain aux côtés de Slayer, Megadeth et Anthrax. Ce premier Lp: Kill ‘em all, participe à instaurer le genre en juillet 1983. Bauhaus et Metallica sur la même ligne de départ estivale? Attention! Coup de soleil tympanique et sombre glaçon en rayon! 
1983, l’actualité mondiale penche de ce côté. Le Nigéria prend un arrêté d’expulsion des étrangers clandestins sur son territoire: «délocalisation» d’un million et demi de personnes. Question d’un avocat français: «Avant ou après l’examen de leurs dossiers?». Des «émeutes du pain» éclatent en Tunisie. Anticipant les évènements, «La femme du boulanger» en profite pour s’enfuir avec un berger dès 1938. Arnold « Terminator » Schwarzenegger devient citoyen américain. Toisant ses ex compatriotes autrichiens, il aurait dit : «Je reviendrai». Mort de Louis de Funes au moment où, en France, le premier Compact-Disk est commercialisé. Heureux homme, il n’aura connu que le vinyle... amateur éclairé de musique «classique», peut-être aurait-il apprécié ces deux fleurons?

Bauhaus - Burning From The Inside


Sur Burning from the insideBauhaus s’inspire du Bowie de Low, de Siouxsie & The Banshees, de Joy Division tout en tintinnabulant Magazine: ambiance Cold Wave/Post Punk/Gothique. Sur Kill ‘em all », Metallica propose un Heavy Metal «surboosté», une mixture à «headbanging» intensif digne des plus beaux spécimens de la New wave of British heavy metal (NWOBHM): Iron Maiden, Saxon … en plus radical.
L’association de nos deux Lps sur la même platine verse donc, pourrait-on écrire, dans la «noirceur énervée». Le contexte musical de 1983 emprunte-t-il dans cette voie? Pas vraiment.
David Bowie fait frétiller ses contemporains: Let’s dance ! REM «Murmur» à l’oreille des chevaux, U2 part en War, Black Sabbath se fait profond et pourpre (Ian Gillan au chant) sur Born again. Billy Idol pousserait des Rebel yell: où ça? Renaud s’enamoure de sa fille et lui chante Morgane de toi. Eclectique.

Metallica - Hit the lights 


Sur leurs continents respectifs, Bauhaus, dans sa «sombreur» scénarisée, et Metallica, frénétiquement speedé, proposent une version très personnelle de leurs influences musicales. L’amateur de rock jubile. La palette de sons est si large qu’il a de quoi labourer du sillon pendant des mois! Le mélomane plein de sagesse conclut: «Oreille éduquée n’a point de frontières».

Thierry Dauge


samedi 21 juillet 2018

Dave Edmunds

Dave Edmunds - Le maître

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Dave Edmunds

Quand on parle de rock, il y a un très grand personnage rarement cité, mésestimé, oublié, qui est pourtant le maître de thèse d’un paquet de rock'n'roller stars et maître d’œuvre d’albums classiques du panthéon rock dont la plupart font partie de nos collections de disques. 

Quel est le dénominateur commun entre les artistes suivants pour nommer que les plus connus?

Foghat, Ahmad Jamal, Man, Arthur Brown, Brinsley Schwarz, David Essex, Chris Jagger, UFO, Ducks Deluxe, Flamin’ Groovies, Graham Parker & the Rumour, Nick Lowe, Mickey Jupp, King Kurt, Rocky Burnette, Elvis Costello, Johnny Cash, Carlene Carter, Motorhead, Stray Cats, The Polecats, The Everly Brothers, Paul McCartney, Ringo Starr, T-Rex, Fabulous Thunderbirds, Status Quo, Jeff Lynne, Jerry Lee Lewis, Roy Orbison, Carl Perkins, Everything But the Girl, Dr. Feelgood, K.D. Lang, Dion, Betty Carter, Jeff Beck, Joe Walsh, Del Shannon, Squeeze, Brian Setzer, Sting, Mark Knopfler, Willie Nelson, Jimmie Vaughan, Robert Plant, Shakin’ Stevens, Albert Lee, Susanna Hoffs, Matthew Sweet, Love Sculpture, Rockpile et j’en passe dont des dizaines de compilations!

En 1970, j’ai 13 ans. Je suis fasciné par les sciences, les livres et les voitures. C’est l’année où le rock entre dans ma vie et vient tout chambouler. Les artistes des 60’s, Beatles, Rolling Stones, The Who, Jimi Hendrix, Jeff Beck, John Mayall, Robert Charlebois, Michel Pagliaro, CCR, etc, se bousculent sur le tourne-disque de mes parents que j’ai confisqué, rafistolé et installé dans ma chambre. Le hard rock défonce maintenant les haut-parleurs. Je trippe Deep Purple, Led Zeppelin, Steppenwolf, Black Sabbath, Crosby, Stills, Nash & Young, Santana, Johnny Winter entre autres Doors, etc. Depuis peu, de nouveaux styles s’immiscent entre les volutes d’herbes et autres substances psychédéliques qui ouvrent les «Portes de la perception» dans mon cerveau, qui se met à planer sur le rock progressif: Pink Floyd, Moody Blues, Elton John, Donovan dans un 1er temps mais surtout King Crimson, Yes, Gentle Giant, Jethro Tull, Emerson Lake & Palmer, Soft Machine, Tangerine Dream, Kraftwerk, Klaus Schulze et le krautrock allemand, etc. Mon esprit s’envole vers d’autres horizons…

Mais un soir de 1971, la radio fm, qui démarre à l’époque, passe une chanson qui me ramène à l’essentiel; qui tatouera le rock’n’roll sur mon cœur et orientera ma carrière de musicien. Même si je me considère comme un mélomane qui s’est ouvert à tous les styles de musique, cet «hymne brut» a simplement cogné à la bonne porte pour se faufiler à l’intérieur et faire de moi un rock’n’roller éternel.

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C’était I Hear You knocking de Dave Edmunds. Qui est devenu une de mes plus grandes influences par la suite! Et que j’ai eu l’immense chance de voir en spectacle à Montréal en 1990! J’en parle plus loin.

Dave Edmunds est le maître du beat rock’n’roll, twanging, rockabilly, power pop, R’n’B, un peu de country. Simple, humble, jouissif, sourire automatique dans la face. Ça sonne super bien, de superbes arrangements. Aucun égo de guitar hero, de rock star à scandale, de soli de branlettes du manche, de poseur du micro, d’overdoses suicide, d’exposure photoshop, de groupies «Lilimousine» (Titre d’une de mes chansons). Dave, c’est que du rock; pur, cool, fun, qui laisse le bon temps rouler. Subtle as a Flying Mallet hey hey ;)
Avec Dave, on jamme entre amis pour le plaisir, quelques drinks et pizzas. Même feeling avec de vraies super idoles comme McCartney, Ringo, les Everly, Dion, Brian Setzer ou Lemmy. No drama, no extravaganza, no camera même en général… Seconds of Pleasure only entre potes, get it?
Ses albums et ceux qu’il a produit sont indispensables à toute discothèque rock qui se respecte. T’as eu une mauvaise journée? T’es fatigué, malade, déprimé ou encore déçu? Met quelques Tracks on Wax de Dave Edmunds sur la platine et t’es guéri, t’as tout oublié en quelques minutes, t’as un smile bien accroché et tu tapes du pied ! Repeat When Necessary.

Dave Edmunds en Live - 20 Mars 1990 - All Stars Rock'n'Roll Review, Spectrum de Montréal.

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Front row: Kim Wilson (vocals & harmonica, The Fabulous Thunderbirds) ~ Dave Edmunds (vocals, guitar) ~ Dion (vocals) ~ Graham Parker (vocals). 
2nd row: Steve Cropper (guitar) ~ Terry Williams (Rockpile’s drummer) ~ Dave Charles (Dire Strait’s drummer) ~ Phil Chen (bass (The faces) ~ Richie Labamba  (trombone,Conan band).
Top row: Eddie Manion (Sax player with Bruce Springsteen) ~ Gavin Povey (keyboards) ~ Al Chez (Trumpet, Letterman’s band) ~ Mario Cruz (Springsteen & Willy DeVille). 

Un Live inoubliable - Dave Edmunds

Si je ne m’abuse, Dave Edmunds n’est venu qu’une seule fois à Montréal. Quand j’ai vu le spectacle annoncé, je me suis précipité pour aller acheter quelques billets. Je n’allais pas laisser passer cette occasion de voir une de mes rares idoles, accompagné d’une autre icône dont j’étais fan fini, Steve Cropper, légendaire guitariste des Mar-Keys et des MG’s qui a composé plusieurs des classiques hits de stars du R’n’B rock américain telle que Otis Redding, Wilson Pickett, Eddy Floyd, Rufus Thomas, Sam & Dave, Carla Thomas, The Blues Brothers, etc. Juste l’affiche avec les noms promettait tout un programme rock’n’roll! On est toujours excités à l’approche d’un concert mais ça c’était un évènement RARE qui promettait d’être exceptionnel et unique. Plus qu’un show, on s’attendait à un super party...

Et nous ne fûmes pas déçus au contraire!
C’était encore plus jouissif qu’on l’espérait. On s’est rendu compte qu’on assistait à un grand moment de l’histoire du rock et il FALLAIT être là! Mais voilà, au Québec, même encore en 1990, la plupart des gens et pire, des supposés rockers, ne savaient pas, ne connaissaient pas et ne s’y intéressaient pas... Nous n’étions qu’une ou deux centaine d’afficonados «instruits» et «présents» au Spectrum qui peut en contenir 1300... J’avais honte. J’étais choqué et fâché. Aucune classe...
Quel affront d’ignorance et d’insolence que cette ville disco et condescendante musicalement réservait comme accueil à ce All Stars fabuleux. Combien de fois ais-je ressenti cette honte dans le ventre, dans cette ville qui se targuait d’être à la fine pointe musicalement mais qui a toujours snobé le vrai rock’n’roll quand il n’y a pas plus de trois accords... Avec mon groupe, on ne s’est pas appelé Les Taches pour rien... Inutile de préciser que Dave Edmunds et la plupart des ses invités ne sont jamais revenu... Comme bien d’autres d’ailleurs qui ont été tellement mal accueillis tels que George Clinton à qui on a coupé le son et l’éclairage en plein milieu d’une chanson d’un party qui s’annonçait mémorable juste parce que les techniciens ne voulaient pas faire d’overtime... Inculte et trop souvent ennuyante voire gênante cette ville...
Enfin bref, moi j’y étais, en compagnie de quelques musicos français que j’avais rencontrés à Paris et on en a eu bien plus que pour le prix du billet.

Une chance que Dave Edmunds et son review n’étaient pas hautains et offensés eux ou du moins, ça n’a jamais paru. Il faut dire que ce groupe s’éclatait tellement sur scène, qu’il n’avait pas besoin de public pour son propre fun! Leur plaisir débordait des planches et s’est rapidement propagé dans tout le club! Toutes les chansons jouées par ces maîtres étaient du pur nectar pour les disciples qui se sont rarement régalé autant dans un même spectacle. Dave Edmunds a même tenu les drums sur quelques chansons! Phil Chen est un bassiste génial, les soli de Gavin Povey au piano gambadent en déroulant la joie, le jeu de chacun des musiciens est parfaitement cool. J’ai été aimanté sur le bord de la scène jusqu’à la fin, 3 heures à surfer sur une vague «d’airs purs»... Un journaliste le mentionne et décrit cet évènement encore mieux que moi dans une super critique que j’inclus dans cet article. Avant de quitter la scène, Steve Cropper est venu me serrer la main, le seul qui a eu cet honneur! Évidemment, les amis frenchies tenaient à me la pincer ensuite mais je leur ai dit d’aller se laver les mains avant, hahaha! Wow, quelle merveilleuse soirée que je n’oublierai jamais!


Alain Karon


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jeudi 19 juillet 2018

John Lydon - Paroles

John Lydon - Paroles

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John Lydon

"Les gens ont pris l’image des Sex Pistols beaucoup trop au sérieux; cette image était un gag pour nous, on en pissait de rire, en fait on se foutait de la gueule des gens, mais personne n’a compris et tout le monde a mis un uniforme punk"

John Lydon, 1979.

vendredi 13 juillet 2018

Garz - le poète rock’n’roll

Garz : le poète rock’n’roll

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Garz

Garz - Le Grand Réchauffement - 2018

Garz, j’avais déjà entendu une de ses chansons sur FIP - ça s’appelait  Dos au mur, c’était en 2015. Le son m’avait tout de suite accroché: une voix claire et bien pendue, des textes qui portent et transportent, des airs originaux qu’on se surprend à fredonner pendant plusieurs jours - le tout mâtiné de rythmes clairs, de guitares saturées et d’arrangements ingénieux - sans jamais tomber dans le superflu. En un mot: évidence. Une évidence empreinte aussi d’humour et de détachement. Alors, quand j’ai entendu ce nouveau single Le Grand Réchauffement, j’ai de nouveau été saisi par cet artiste. J’ai retrouvé toutes les qualités du précédent album - Issues - mais avec une dimension que je n’avais pas saisie à l’époque: celle d’un homme aux textes engagés et enragés.

Garz - Le grand réchauffement


S’il est un auteur-compositeur à découvrir cette année, c’est de Garz dont il s’agit. Pour voyager, pour écouter, pour danser, pour réfléchir, pour chanter, Le Grand Réchauffement vous accompagnera partout. Et vous en redemanderez.
D’ailleurs ça tombe bien, un EP est en préparation pour septembre.

Vincent Giordano

Ci-dessous, pour écouter sur les différentes plateformes :
 http://smarturl.it/LeGrandRechauffement

Le site de l’artiste : http://www.garz.fr

jeudi 12 juillet 2018

De Roy Orbinson à Pretty Woman

Quand une musique porte un film…ou vice-versa - Pretty Woman - Roy Orbison

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Roy Orbison

Roy Orbison - Oh Pretty Woman

On vous avait parlé récemment du film de Tarantino et Misirlou de Dick Dale, titre à jamais associé à ce film. Le cas n’est pas le seul, écoutez plutôt: une intro reconnaissable entre 1000, bon sang mais c’est bien sûr...

Roy Orbison - Oh Pretty Woman



Pretty Woman, avec Richard Gere et Julia Roberts. Mais revenons plutôt à la genèse de ce titre...

Crée par Roy Orbison en 1964, ce titre se place rapidement dans tous les charts, qu’ils soient US, Anglais ou Australien. Il restera la meilleure vente de Roy Orbison, que Presley considerait comme «le meilleur de nous tous». Malheureusement pour lui, malgré une voix superbe, il est desservi par son physique, loin de la beauté sexy et ravageuse du jeune Cat de Memphis...
La petite histoire raconte que ce titre a été inspiré par l’épouse de Roy Orbison, à qui il demande si elle a besoin d’argent. Un ami de Roy, présent, lui dit: «Pretty woman, don’t need no money». Le titre est né... Cette chanson fait partie des 500 plus grandes chansons de tous les temps, selon le magazine Rolling Stone.
De multiples reprises vont voir le jour: Johnny Rivers, Sharleen Spiteri (Texas), Chris Isaac. Mais la version la plus connue est celle de Van Halen, qui en 1982, atteindra la première place dans les charts.

Van Halen - Pretty Woman



Le King Elvis disait de lui que c’était «le plus grand chanteur du monde», et les Beatles étaient des fans invétérés de Roy Orbison. Marqué par le destin, il perd sa femme en 1966 dans un accident de moto, et deux de ses trois fils périssent dans un incendie deux ans plus tard. Preuve de l’admiration que lui voue les plus grands, Bono et The Edge - U2 - lui composent une chanson pour son dernier album, en 1985...

Roy Orbison - She's a mystery to me



Etienne FLT

mercredi 11 juillet 2018

New York Dolls et ZZ TOP - Rencontre sur une même platine - 1973

New York Dolls et ZZ TOP - Rencontre sur une même platine - 1973

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New York Dolls - ZZ TOP - 1973

ZZ Top et New York Dolls : deux albums sortis le même mois - Fin juillet 1973

Le territoire des USA est tellement étendu qu’il est légitime de se demander si, de l’Est à l’Ouest, on rencontre le même type de population identifié sous le nom «d’américains». De New York - Etat de New York, à Houston – Texas, adopte-t-on la même façon de voir les choses, la même façon de vivre et, par extension, la même approche de la musique? Dans le segment musical qualifié loud, ne noterait-on pas un «petit» décalage: à l’Ouest les barbes, à l’Est le maquillage? A l’Est l’érosif rock, à l’Ouest le boogie rock? Explications :
Au mois de juillet 1973, deux formations destinées à devenir des légendes rendent leur copie: un premier album éponyme pour New York Dolls, Tres hombres pour ZZ Top. Les Dolls font l’effet d’une pierre ponce sur la toile du jeans. Les foulards et le fard à paupières camouflent la crasse, ces accords déglingués joués comme on se mouche, les perruques poudrées servant de tanières aux poux, bestioles avides du sang d’autrui. Chez ZZ, une poussière d’étoile diffuse des pilosités décolorées par le soleil, les notes chassant le tubbleweed sur les routes ensablées qui sillonnent le désert. «Des traces d’eye-liner sur des pompes à talons compensés? Caches tes miches, cow-boy, l’emplumage goudronné te guette!». 
«De l’aube à la nuit tombée sur des chevaux autour de bestiaux saturés de mouches à merde !!! Où sont les seringues?». Deux mondes... et à côtés de ces deux-là?

New York Dolls - Personality Crisis


A côté de ces deux univers musicaux bien tranchés, l'année 1973 n'est évidemment pas uniquement centrée sur ZZ Top et les New York Dolls, quelques évènements vont en effet marquer de leurs sceaux l'actualité.
Décès de Picasso et Bruce Lee, de la peinture noire badigeonne l’écran. Coup d’état militaire au Chili, Pinochet instaure la torture et l’assassinat comme mode de gouvernement: «Aguien para criticar?» (Quelqu’un pour critiquer ?). 
Nous subissons le premier choc pétrolier, les prix augmentent de 70%: une aile de papillon...en 2018, le litre de «Super 98» navigue autour des 1€70 (11Frcs de 1973!). 
Musicalement, en 1973, la concurrence est rude: Pink Floyd visite l’envers de la lune via The dark side of the moon, Led Zeppelin se diversifie dans Houses of the holy, The Who relance la mod avec Quadrophenia, David Bowie en termine ave Ziggy «Aladdin sane» Stadust et fait rugir The Stooges sur Raw power. Au sommet des hits parades français, sans ségrégation, c’est toute une histoire: Angie gagnée par La maladie d’amour chante une «Chanson populaire».

ZZ TOP - La Grange


Pour nos deux lascars, la couleur de fond de pochettes semblent relancer l’évidence: gris échappement contre vert cactus. Pourtant, entre Personality crisis  - New York Dolls - et La Grange - ZZ TOP - le gouffre n’est pas si large, tout juste une lézarde dans le bitume ou la terre rouge. D’ailleurs, ne s’agit-il pas de traces de gloss à l’entrejambe de ces chaps en cuir? Et ce Stetson, même rose, n’expose-t-il l’idée de territoires infinis? Ne nous trompons pas de combat, ces deux groupes se désaltèrent à la même «eau», du Jack D, de toute évidence.

Thierry Dauge


mardi 10 juillet 2018

Can’t You Hear Me Knocking - The Rolling Stones

Can’t You Hear Me Knocking - The Rolling Stones

Retrouvez-nous sur notre nouveau website CulturescoRock

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Rolling Stones

On ne savait même pas que l'enregistreur tournait, on pensait que c'était fini.

Can’t You Hear Me Knocking est un morceau vraiment atypique sorti en 1971 sur l'album Sticky Fingers des Rolling Stones avec son intro tonitruante en open tuning G. Pour Rappel, Keith avait l'habitude de retirer la corde la plus grave, 5 cordes sur sa telecaster favorite,  soit une partie du célèbre théorème de Keith, en réponse à la question : que faut-il pour jouer de la guitare?
"5 cordes, 3 notes, 2 doigts et un trou du cul"


The Rolling Stones - Can’t You Hear Me Knocking 



Les premières sessions ont démarré en décembre 1969 en Alabama, et une bonne partie de l’enregistrement a été effectué dans le studio mobile des Rolling Stones à Stargroves entre l’été et l’automne 1970 - Le Rolling Stones Mobile Unit, un camion-studio bourré de matos... A la fin de l'une d'elles, le travail sur Can't You Hear me knocking semblait terminé, et pourtant, Mick Taylor continu, en improvisation soudaine:

Mick Taylor :
"Vers la fin de la chanson, j'avais juste envie de continuer à jouer. Tout le monde posait ses instruments, mais la bande tournait toujours, et ça sonnait bien, alors tout le monde a rapidement repris leurs instruments et a continué à jouer."
Confirmation par Keith Richards:
"On ne savait même pas que l'enregistreur tournait, on pensait que c'était fini. On grattait nos guitares et ils ont laissé l'enregistreur tourner. Ce n'est qu'à la fin, lorsqu'on a entendu l'enregistrement, qu'on a vu qu'ils avaient gardé la prise. On a alors réalisé qu'on avait deux morceaux: le titre et la jam."
Au final, un morceau rare dans le répertoire des Stones, ça commence comme un bon vieux blues Rock stonnien ancré dans un Riff aux accents vintage, assez classique pour notre ami Keith,  et donc à 2.40 minutes, césure totale, un long final au rythmes latinos largement inspiré de l'univers de Santana! C'est chaud, dansant, inhabituel chez les Stones et pourtant tellement bon... quelques instants de laissé allé peuvent changer la face d'une chanson.

Auguste Marshal


Gene Vincent - Paroles

Gene Vincent - Paroles


Gene, music has changed, you have to change!
No. I'm born e Rock'n'Roller. I die a Rock'n'Roller...
 Gene Vincent

jeudi 5 juillet 2018

Tom Petty et les Undertones - Rencontre sur un même platine

Undertones et Tom Petty and the heartbreakers - Mois de mai 1981

Tom Petty and the Heartbreakers - The Undertones

1981, l’année de tous les fantasmes! 

Pour la 1ère fois en France, des socialistes prennent le pouvoir! Le 21 mai, «Tonton» accède à la présidence de la République Française: François Mitterrand. Dans ses bagages, il traîne un certain Jack Lang, Mr radios libres, Mr fête de la musique, Mr Opéra Bastille… un homme d’Art. En ce même mois de mai, outre le traditionnel muguet, d’autres artistes gravent de la cire, comme un cachet royal au dos d’un courrier attendu: Tom Petty And The Heartbreakers postent Hard promises, The Undertones envoient Positive touch. Hasard, des descendants d’émigrés irlandais à présent américains se voient donc «concurrencer» leur terre «natale», la verte Erin, quoique ces irlandais-là soient estampillés: «du Nord», ou comment couper un pays en deux.

Tom Petty and the Heartbreakers - A thing about you


Avec Hard promises, Tom Petty And The Hreatbreakers rappelle le meilleurs de Big Star, des chansons dignes de Radio city (1974), ce monument de pop rock américaine ou cet album étonnant du Dwight Twilley Band sur Twilley don’t mind (1977). Oui, sauf que Tom Petty et ses boys font encore plus fort dans la chanson définitive, le couplet/refrain cinq étoiles. Des mélodies imparables, des enchaînements de notes au cordeau, dix chansons du calibre d’ American girl, cette pépite sortie de leur 1er essai discographique (1976), c’est dire! 
En  face, qu’arrive-t-il aux Undertones sur leur 3ème Lp? Au sortir des amplis, la pédale de chorus a remplacé la distorsion: méconnaissable pour qui navigue en compagnie de leur 1er Lp éponyme (1979). Faut-il huer? Invoquer l’anathème? Chicaner? Ricaner? Pfffffff… The Undertones font la preuve qu’il n’y a pas que la ligne droite dans une vie musicale, qu’on peut exister hors du punk rock qui provoqua les éloges initiaux. Le travail réalisé sur les compositions relève de l’ébénisterie, de la marqueterie, notes imbriquées les unes dans les autres au bénéfice de l’ensemble: des chansons. Du coup, le «grand écart» envisagé fait montre d’élasticité, les deux formations remontant les compas vers l’entrejambe, rampant l’une vers l’autre au centre de tous les plaisirs.

Undertones - It's going to happen


En 1981, au sommet des ondes, d’autres musiciens s’en sortent-ils aussi dignement? AC/DC défouraille les canons For those about to rock. A cause du vent, c’est finalement le groupe qui s’auto canarde: le début de la fin? Joan Jett love son rock’n’roll, nous aussi. Foreigner pulvérise les charts en insérant au moins  titres dans son Juke box hero. Par chez nous, Le lac du Connemara, La danse des canards et Pour le plaisir s’écoulent chacun à plus d’un million d’exemplaires! Par contre, deux monuments «s’enterrent»: Bob Marley à la Jah-maïque et Georges Brassens sans cinq à Sète. Dans l’actu, un mariage est couronné: le Prince Charles épouse Lady Diana Spencer. Génocide organisé par des «blancs» contre des «noirs»? Pas que. Il faut attendre 1981 pour que la Mauritanie abolisse officiellement l’esclavage. CQFD. Et pendant que Spielberg filme des aventuriers qui cherchent l’Arche perdue, un scénario élaboré par Badinter abolit la peine de mort en France: on en parle encore… Mieux que d’en parler, Hard promises et Positive touch provoquent le besoin d’écouter. Ce qui, libérant les badigoinces, octroie concomitamment la possibilité de s’en repaitre.

Thierry Dauge

mardi 3 juillet 2018

Television - Marquee Moon

Television - Marquee Moon

Du nouveau sur notre Nouveau Website : CulturescoRock

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Television

1977 - Année du punk, pas seulement - Television sort son 1er album - Marquee Moon

Même s'il est d'une totale évidence que 1977 est l'année du punk tant le choc musical s'y est répandu comme une déflagration, et pas seulement en Angleterre, il serait réducteur de la réduire à cette unique explosion. L'une des plus grosses ventes en 1977 est l'album Rumours de Fleetwood Mac, on y découvre aussi le premier LP de Foreigner,  Heroes de Bowie et Marquee Moon de Television.

L'album Marquee Moon est d'ailleurs sorti à l'époque avec le Sticker Punk, mais c'était, avouons-le une franche rigolade marketing. D'ailleurs, bien que sorti en 77, l'enregistrement de Marquee Moon va trouver ses prémices à partir de 1975. Un véritable disque de rock, empreint parfois d'influences Jazz notamment dans la construction épique des morceaux, de solos de guitares tortueux, virevoltants dans un tourbillon parfois époustouflant, d'atmosphères déconcertantes, surprenantes. Un disque qui ne laisse rarement l'auditeur indécis. On oscille généralement de l'album de chevet, à l'inaudible détesté... l'indifférence étant rarement l'apanage des albums marquants.

Television - Marquee Moon


Un brin d'histoire nous rappellera que Television s'est formé en 1973 à New York, autour de Tom Verlaine, Richard Lloyd, Billy Ficca, et Richard Hell. Rapidement leur manager Terry Ork les introduit auprès de Hilly Kristal, propriétaire du CBGB, qui leur ouvrira régulièrement les portes de son club. Mais des tensions interviennent, et Richard Hell quitte Television, pour fonder les Heartbreakers avec Johnny Thunders.
Des 1975, le groupe suscite l'intérêt des labels, et se permet le luxe de refuser notamment l'offre d'Island Records, pour qui ils avaient enregistré des démos avec Brian Eno. En 1976, ils signent avec Elektra qui leur promet un ingé son de renom en la personne d'Andy Johns (ingé pour Goats Head Soup des Stones) plutôt qu'un producteur... un mois plus tard le groupe entre en studio.
Sous l'impulsion Andy Johns, un grand nombre de chansons ont été enregistrées dans les conditions du Live, certaines en une seule fois, le résultat est saisissant. Les sons des guitares de Tom Verlaine et Richard Lloyd s'entrechoquent en de véritables chorus chaotiques entrecoupés d'atmosphères pénétrantes, le tout porté par la voix vacillante d'émotion de Verlaine... difficile de rester insensible.

La photo de pochette a été réalisée par le photographe Robert Mapplethorpe, qui avait déjà shooté en 1975 la couverture de l'album Horses de leur copine du CBGB, Patti Smith. Pour l'anecdote, lorsque le photographe a donné les impressions au groupe, Lloyd a voulu les photocopier pour que les membres du groupe puissent choisir. Et là, idée subite, il demande à l'imprimeur d'accentuer aveuglément les contrastes. L'effet rendu avait un je ne sais quoi de "warholien"... Le groupe choisira finalement la version modifiée.

Auguste Marshal