mardi 14 novembre 2017

The Clash - Maintenant et pour l’éternité

The Clash - Maintenant et pour l’éternité

Clash
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Clash : From here to Eternity

Le quart de frère d’un copain par mariage m’initie au 1er album du Clash, c’est dire si ça vient de loin! Courant 1978 ou 1979. Je n’aime pas. Bien plus tard, je reconsidère mon point de vue: Career opportunity? Chanson incontournable. A la fin des 70’s, mon heavy-addiction trouble mon audition, me rendant sourd à tout autre genre musical. En 1980, un autre poteau m’envoie tout l’album London calling dans le «golliwog». Je n’aime pas non plus. Bien plus tard, Spanish bombs est stockée dans mon cerveau comme une chanson étant susceptible d’être jouée en boucle. La constatation est claire, pour peu que le support soit du vinyle, je développe un tropisme pour la première chanson des faces B des disques du Clash.

The Clash : Career opportunity


Je commence à reconnaître les qualités du groupe l’année à partir de 1981, période à partir de laquelle nous partons, avec mes potes de lycée, en vacances d’été du côté d’Argelès-sur-Mer. Un de ces potes porte une veste de drap noir sur un tee-shirt léopard, les cheveux empoissés de gel dressés sur la tête, bottes Harley aux pieds. Il arbore fièrement son look sur la longue rue qui longe la plage. Nous y circulons en compagnie de toute une faune: des punks, des hard rockeurs, des rastas, des campeurs. Tout ce petit monde se croise sans animosité ou embarras. Pour ma part: favoris, moustache et mouche style d’Artagnan, blouson en jean amputé des deux manches, javellisé dans le dos où un tag de peinture rouge clame: Judas Priest, patch du logo de Queen cousu main sur la pancarte. Un look plutôt hardos (?). Indéniablement, à cette époque, les membres du Clash ont bien meilleure allure que nous. Aujourd’hui, ils représentent LA référence en matière de look et d’attitude. Se pencher sur n’importe quelle photo prise entre les débuts du groupe et 1982 en fournit la preuve.

Clash
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Je me souviens d’un reportage télévisé sur Strummer qui le présentait beuglant d’une voix moitié cassée/moitié fausse dans le micro d’une cabine d’enregistrement. Ou alors d’un Jones arrogant embrasant le monde derrière sa Les Paul Custom noire, une Black beauty à la sangle ultra fine qui saigne l’épaule déchirée du spencer pied de poule qu’il a endossé. Quand on connait le poids de la pin-up et le gabarit du jeune homme, on ne peut douter de sa détermination à en découdre. Décidément oui, ces mecs-là vivaient Rock.

Clash : Spanish Bombs


From here to eternity est paru en 1999, sous la forme d’un double live, une sorte de Best Off du Clash en vérité. Il couvre la période allant d’avril 1978 à octobre 1982. What else? Il n’y a que des projectiles blindés à pointes perforantes sur ces quatre faces, des mines anti médiocrité. Citons arbitrairement une chanson par face: Complete control, I fought the law, Guns of Brixton et The magnificent seven . Le Clash, roi du single. Vous en doutez? Alors, il faut vous procurez la Box collector - 2006 - qui regroupe dix-neuf de leurs 45 tours, versus vinyles of course! Ce Live est du même calibre: des singles exécutés comme il le faut, au moment où il le faut, dans l’ordre où il le faut. Son écoute est jubilatoire. Il génère l’envie d’exploser le quotidien, de brandir bien haut un poing serré.
Désormais, j’aime, J’ADORE Le Clash! Même un album plus décrié comme Combat rock m’apparait formidable. Rock the casbah, quand même! Il ne s’agit ni d’un groupe, ni d’une bande mais d’un gang. Ces mecs sont unis comme les doigts de la main, affutés comme un rasoir, durs comme la pierre et beaux comme des Dieux. Ce que je n’aime pas dans le jus d’une époque me transcende réchauffé dans une autre. From here to eternity fait beaucoup pour cet engouement, au quotidien. Qui ne comprend rien au Rock dispose de ce double Lp. Et l’initiation sera telle qu’elle créera une sempiternelle dépendance.

Clash : From here to Eternity


Horreur, malheur, je n’ai jamais vu The Clash en concert! Normal, ce n’est pas ma tasse de thé à l’époque où, au sommet de son art, le groupe sévit sur les planches du monde entier. Pour tenter de me rattraper, je me fais offrir un DVD issu des sessions de Chorus, l’émission d’Antoine de Caunes, où je sais les trouver. J’enclenche la rondelle argentée dans le lecteur et ils sont là sur l’écran, à portée d’oreilles, live au Palace. La claque! De quoi aiguiser des remords jusqu’à la fin de mon existence, et au-delà, d’être resté dans mes chaussons alors que ces garçons dévastaient la planète! Je gis, apragmatique et sans mots... Comment puis-je essayer de combler le manque? Par Joe Strummer et ses Mescaleros bien sûr! Je me rends donc à l’Elysée Montmartre le 26 novembre 2001 à l’occasion de la tournée Global a go-go (2001). 

Joe Strummer and the Mescaleros
Joe Strummer and the Mescaleros - Billet

L’expérience est extatique. Joe, sur scène, trône (malgré lui) telle une icône, un guerrier apaisé revenu de combats très très lointains; un sage. Ce soir-là, le sourire aux lèvres dans son blouson rock-folk-reggae, humble et accessible, il illumine l’âme de qui croise son regard. Strummer, c’était le Springsteen anglais. La grande classe stoppée net dans sa course par ce qu’il avait de plus gros: le cœur.

Thierry Dauge




From here to eternity est paru en 1999, sous la forme d’un double live, comme une sorte de Best Off du Clash. Il couvre la période allant d’avril 1978 à octobre 1982. Un disque chargé de titres en forme de projectiles blindés à pointes perforantes sur ces quatre faces, de véritables mines anti médiocrité.
Complete control, I fought the law, Guns of Brixton , The magnificent seven pour n’en citer que quelques uns. Tout est puissance, et force historique. Et c'est aujourd'hui, un article de Thierry Dauge à la Gloire du Clash, malgré  une conversion, nous dit-il, pas forcément évidente. Mais il faut dire que Joe Strummer prêchait sur scène comme à la vie par son charisme et son talent. Un Tribute to The Clash! 


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