mercredi 13 septembre 2017

Ben HARPER – From a cruel world to fraternity

Ben HARPER – From a cruel world to fraternity

Ben Harper
Ben Harper

Welcome to the cruel world  - 1994 - 1er album de Ben Harper

Welcome to the cruel world -1994, c’est ce que des parents auraient pu dire à leurs enfants le jour de leurs naissances. Par lâcheté, peut-être seraient-ils restés cois. Il ne faut pas traumatiser ces chères têtes blondes dès leur plus jeune âge en les confrontant au pire de ce qu’il peut advenir. Peut-être que, comme moi, vous êtes d’indécrottables optimistes et imaginez que rien de ce que l’on nous promet n’arrivera, ou alors qu’il est encore possible d’infléchir cette progression vers un futur pseudo catastrophique. Dans les 70’s, on imaginait bien que les voitures voleraient en l’an 2000! Alors…

Ce premier disque de Ben Harper sied admirablement aux anciens adeptes du "bruit". Il apaise les velléités cloutées en s’immisçant dans le subconscient des ex métallurgistes. Attiser les plaisirs mélomanes tout autant qu’aplanir les turpitudes quotidiennes, à son écoute, c’est souvent de concert que l’auditeur vit ce binôme gagnant. Trois titres sortent plus particulièrement du lot: The three of us, «Waiting on an angel et le titre éponyme.

Ben Harper - Waiting on an angel


Pourtant originaire du Grand Ouest, les séduisants feulements du Ben font transpirer ses chansons, nous emportant goûte à goûte vers la Nouvelle Orléans et les traditions cajuns. Elles fleurent bon la Louisiane, les bayous plantés de saules moussus et autres cyprès aux racines saillantes. Elles exhalent le Sud sécessionniste des Etats-Unis, l’Afro-Amérique, les champs de coton, l’esclavagisme. Leur douceur contraste avec ce passé historique, baume cicatrisant sur des blessures toujours vivaces. L’album tout entier entend ronronner son acquéreur, alangui dans une torpeur jouissive ou souriant aux déboires du narrateur comme dans Mama’s got a girlfriend now .

Si Ben Harper élabore une proposition musicale proche d’un The Band contemporain - Music from big pink 1968 - il n’est pas le seul. D’autres artistes, notamment féminines, lui emboîtent le pas dans ce folk-rock doucereux au parfum de terroir. Des femmes «talen-tueuses» telles Rachael Yamagata (Chesapeake - 2011), Sheryl Crow (Tuesday night, music club -1993) ou encore Norah Jones  (Feels like home - 2004) assurent le coup. J’en vois déjà, pourtant, dont les lèvres contiennent l’avanie à grande peine: «Quelle musique ‘ramolo’, ça lénifie à tous les étages!». Ce sont les mêmes qui veulent à tout prix classifier les genres, mettre la musique dans des boites hermétiques. Avec Ben Harper, c’est mission impossible, sa muse est plurielle. Sur sa palette, le métisse mélange les musiques traditionnelles : le folk, la country, le reggae et le rock, jusqu’au hard rock parfois. 

Ben Harper - With my own two hands


Il parle de la vie, de ruralité, de ses amours et «anamours» qui s’accordent aussi bien au milieu urbain. Sur son antépénultième livraison Childhood home - 2014, il s’unit même à sa mère pour un album blues dépouillé, un retour aux racines, au nid utérin. Avec ses Innocent Criminals, look «méxicano-sécessionniste», il n’en était déjà pas loin, pour le moins très intimiste.

Ben Harper - The Woman in you



L'album Welcome to the cruel world , comme tous ceux de son genre, passe trop vite. On commence à l’écouter que déjà il s’achève. Non qu’il soit d’une trop courte durée mais quand on aime, le temps n’a plus de prise. Maintenant, il ne tient qu’à l’auditeur de rajouter un soupçon d’apesanteur à son écoute. Pour ça, il faut refuser le format CD. Petite nuance propre au vinyle, jouer la face B nécessite une intervention. Déguster des disques dans cette condition vous intègre au processus musical et vous devenez le propre artisan de votre bonheur. Pour ce Lp, qu’importe! Plastique ou «cire», l’œuvre nous engage sur des chemins où rien ne peut plus nous arriver que du plaisir. Si vivre vite et mourir jeune "rock’n’roll", vivre vieux et heureux « "rock’Harper".

En passant… Dans les années à venir, en ce qui concerne les concerts, un de mes souhaits est de voir Ben Harper, acoustique ou électrique. Problématique? L’envolée subite des billets puis leur retour sur le Net à des prix exorbitants. En matière de désirs ardents, il faut parfois se montrer patient. Le temps passant, mon entourage progressant en âge, en compagnie de toute ma petite famille peut-être? Ben et moi avons de la ressource et ne sommes pas si vieux.

Thierry Dauge


Studio albums

  • Welcome to the Cruel World -1994
  • Fight for Your Mind - 1995
  • The Will to Live - 1997
  • Burn to Shine (with The Innocent Criminals) - 1999
  • Diamonds on the Inside - 2003
  • There Will Be a Light (with The Blind Boys of Alabama) - 2004
  • Both Sides of the Gun - 2006
  • Lifeline (with The Innocent Criminals) - 2007
  • White Lies for Dark Times (with Relentless7) - 2009
  • Give Till It's Gone - 2011
  • Get Up! (with Charlie Musselwhite) - 2013
  • Childhood Home (Ben & Ellen Harper) - 2014
  • Call It What It Is (with The Innocent Criminals) - 2016


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