vendredi 7 juillet 2017

Black Joe Lewis and the HoneyBears

Black Joe Lewis and the HoneyBears

Black Joe Lewis
Black Joe Lewis

Scandalous - 2011

Le grand David Johansen élève la musique de Black Joe Lewis au rang d’éminemment recommandable. Oui, Oui, le chanteur des New York Dolls! Si la mixture diffère de celle des souillons, celle de BJL touille les mêmes fondamentaux: Roots. Cet album, sous sa forme vinyle, contient un Lp bonus alignant des versions live de standards de blues, dont une version incendiaire de What love is en 2ème plage. De plus, on y trouve le CD! What else?

De quoi s’agit-il ? D’un caviar de rhythm and blues, de funk et de blues, le truc idéal pour danser en soirée, véritable invite à bouger son derrière en grillant des clopes ou en ingérant des rasades de bourbon. Je ressens ce disque comme une piedestallisation de la musique noire américaine, une démonstration charnelle à destination des pseudos petits blancs : «Tu ne sais pas groover». Il y a du «chant» de coton sur la partition de ce groupe-là. Des cuivres rutilants, trompette et saxo, occupent le devant du sillon. En matière de son, de production, il est question de sépia et d’usure. Interrogation d’un ami à l’appui: «Il date de quand ce truc?». Rien de péjoratif dans cette remarque et cette question. L’écoute entraîne l’auditeur au pays des soul-men, en un temps où ces Hommes tenaient le monde par ce qui le fait tourner: les Cojones. La contemporanéité émane du traitement garage, voire heavy, apporté aux chansons via le son crunchy des guitares. A l’arrivée, le doute s’insinue: vieil enregistrement précurseur? Nouveauté empreinte de nostalgie? Seul Black Joe Lewis le sait car il l’a voulu ainsi.

Black Joe Lewis : She's so Scandalous


Otis redding, Aretha Franklin, James Brown, l’attitude semble évidente, avec une pointe blanche de type Black Pearl mais en plus viscéral. Du blues mouliné au Dobro naviguant entre Robert Johnson et un funk-rhythm & blues-garage, le disque transpire ses références. Le propos reste néanmoins identifiable au groupe et, surtout, à son chanteur. Black Joe mâchonne des incantations à la limite de la fausseté, la limite des limites atteignant des sommets sur Since I met you baby, balade 50’s foutraque et déglinguée. Précisons que le jeune homme fricasse une pelle à six cordes parallèlement à ses léchouilles de micro, d’où une concentration morcelée. Il y a fort à parier que ses préoccupations artistiques sont toutes autres. Avec des rhythm & blues torrides comme Livin’ in the jungle ou Booty city, un funk sale décapant : Black snake, et une apogée en forme un rock reptilien: Jesus take my hand, Scandalous affiche une volonté revival forte, un hommage aux illustres prédécesseurs, celles et ceux-là mêmes qui ont créé le genre. Si, par la suite, les aspirations musicales de Mr Lewis ont quelque peu changé, y perdant The Honeybears au passage, sur ce 33 tours, les offrandes affichent ouvertement une volonté jouissive et dansante.

Black Joe Lewis : I'm Gonna Leave You



Et encore … Que dire des billets de concert de nos jours? Outre le fait de pouvoir présenter son iPhone en lieu et place de ticket en papier, les contremarques générées par les billetteries puis balancées par mail à leurs destinataires sont des insultes à la création artistique. Fut un temps où le visuel du billet participait à l’ambiance et on était en droit de collectionner ces œuvres d’art. Pourtant, des flyers présentent encore un aspect appètent, reprenant la plupart du temps la pochette du dernier Lp et pour la promotion duquel la tournée est mise sur pied. Question de prix? En 2017, le prix des places de concert, pour peu que l’artiste connaisse son heure de gloire ou soit nantis d’un glorieux passé, est une véritable honte, sans lot de consolation quant à l’attrait du billet. On cultive l’indécence. Les maisons de disques se sont appropriées des salles de concert et font payer au prix fort leur manque à gagner sur les enregistrements. La faute au public concerné et aux bobos qui volent maintenant la musique par téléchargements interposés? Mais, Mr Universal, comment justifiez-vous un prix de vente à 30€ pour un vinyle qui sort ces jours-ci? Au final, qui en pâti? Les artistes… et les véritables amateurs de musique qui ouvrent leurs porte-monnaies. Bloody shit !

En vrai… pour ce concert-là, le 30 septembre 2011 à la Maroquinerie, ma Dame est de la partie. Elle adore! Alors, quand on peut faire plaisir… et c’est le cas ! Deux premières parties plus tard, les hommes prennent possession de la scène timbre-poste, ils sont 7 et roulent leur rhythm & blues cuivré. Le souvenir n’est pas très précis mais l’impression d’un excellent moment persiste. Comme tous ceux qui m’ont accompagné sur cette soirée adoptent le même jugement, je ne prends aucun risque à voter Pour. Sans plus de détails : «On en parle encore».
Black Joe Lewis
Black Joe Lewis

Pour ce qui concerne le chapitre précédent sur la qualité comparative des flyers et des vrais billets…

Thierry Dauge


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