samedi 29 juillet 2017

Country Teasers

Country Teasers

Country Teasers
Country Teasers

Déjà eu envie de danser la gigue dans la morgue du coin avec enthousiasme et dépression? Flirter avec le post punk, le garage et la country ou encore le rap, l'electro minimaliste et le lo-fi ? Country Teasers est là pour vous servir!
Sévissant depuis 1993, ce groupe britannique formé à Édimbourg, en Écosse n'y va pas par quatre chemins. Traitant par leurs textes des sujets épineux tels le racisme, le sexisme, la xénophobie ainsi que les violences en tous genres.

Country Teasers : Brown Jews Etc


Benedict Ben Wallers

Né le 15 septembre 1971 à St Albans, Hertfordshire, Benedict Ben Wallers alias The Rebel est le leader, le guitariste, le chanteur et l'auteur compositeur du groupe. Avec le fou furieux Benedict Ben Wallers à sa tête, le groupe s'attribue une bonne réputation d'emmerdeurs de première tant ils sont provocants, méchants et ivrognes. En témoigne un article paru dans 'The New York Press
«Les Country Teasers sont meilleurs question art que Sonic Youth, et meilleurs question picole que les Pogues – et ils n'ont pas besoin de l'art ou de l'alcool pour se comporter en salopards provocants».
Les écossais de Country Teasers ce régale en jouant un rock country désaccordé avec l'esprit punk bien prononcé du mouvement anti-folk.

Country Teasers  : Anytime Cowboy



En 1995, ils sortent The Pastoral – Not Rustic – World of their greatest hits - Album garage, rock, punk sorti chez Crypt records.

Satan is real again débarque en 1996. Sorti chez Crypt records, là c'est un album rock, lo-fi, experimental.

1998, sorti de Back to the future, or brideshead revisitted revisitted. Album rock comprenant plusieurs sorties studios, des enregistrements maison et des pistes en direct - Sous le label Guided Missile.

En 1999, dans les styles rock indépendant, Lo-fi, country et expérimental sort Destroy all human life
Sur la pochette, il est écrit : "Si cet album était intitulé «Célébrez toute la vie humaine», il sera dédié à Pen Wallers of Morchard Bishop, qui aime le surf, l'équitation, la cuisine, la musique et la famille". 
Enregistré a Tudor Road Studio, Hackney en août 1998. La couverture arrière est un détail de "Glaceir de Rosenlaui'' peint par John Brett (1831-1902).

Secret weapon revealed at last or full moon empty sportsbag sort chez In the recordings en 2002. Album garage rock.

 Le 17 mai 2005 sorti de Live album. Album comprenant différant enregistrement live.

The Empire Strikes Back, enregistré et mixé a The Supreme Reality, Portland OR, USA sort chez In the recordings en 2006. Album garage rock.

Country Teasers Goden Aple 1999



Le 31 août 2005 enregistrement du live At The Spitz Sorti en 2006 chez Spitz Live Records.

W.O.AR./W.O.A. le 09 decembre 2008 chez Holy Mountain. Album Country, Rock, avantgardiste et Garage. Live At Powerlunches Art Cafe a été enregistré en direct dans un sous sol de café intime à Dalston,  Londres.

Le dernier concert de Country Teasers aura lieu à l'occasion du Live At Powerlunches Art Cafe. Le groupe offre un ensemble solide à un public attentionné. Quand à Benendict Ben Wallas, il se consacre essentiellement à sa carrière solo sous le nom The Rebel. Dans le même genre que Country Teasers mais de façon beaucoup plus minimaliste.

 mike2mike 


vendredi 28 juillet 2017

Lou Reed - Walk on The Wild Side

Walk On The Wild Side de Lou Reed - Sur les traces de la Factory de Warhol

Lou Reed
Lou Reed

Holly, Candy, Little Joe, Sugar Plum Fairy et Jacky... l'air de rien, un portrait Trash des sulfureuses stars warholiennes de la Factory.

Il s'agit du plus gros succès de Lou Reed sorti en 1972 sur l'album Transformer. Sous ses airs de ballade cool et romantique, Walk on the wild Side (en gros, "Sors des sentiers battus",  "fait quelque chose de dingue"...) est en réalité construit comme une projection de l'univers original, décalé, libéré et profondément expérimental de la Factory d'Andy Warhol.
La Factory, souvenez-vous, un local entièrement argenté dans sa première version, situé à New York sur la 47e rue . Une antre de l'utopie artistique ou se succède pendant quelques années une faune assez large d'artistes en tout genre, de personnalités de la Jet Set new-yorkaise et d'illustres inconnus, des peintres, des musiciens, comédiens, transsexuels, gays... avec pour corollaire une totale liberté artistique et sexuelle. On y tournait des films expérimentaux, on y découvrit des expositions de pop-art, on y produisit des concerts (notamment pour le Velvet Underground), et ce fut parfois le temps d'un soir une boîte de nuit ou une salle de projection... Andy Warhol avait d'ailleurs l'habitude de dire qu'on entrait inconnu à la Factory pour en ressortir Superstar.

Tout au long des cinq couplets de Walk on the wild side, Lou Reed dépeint tour à tour les portraits sulfureux de personnages emblématiques de la Factory.
Il y a tout d'abord Holly Woodlawn,  jeune homme prénommé Haroldo, qui quitte son natal Miami FLA à l'âge de 16 ans pour se rendre à New-York en auto-stop. Chemin faisant, il se transforme en femme... Holly est notamment la Star du film "Trash" d'Andy Warhol. L'histoire raconte d'ailleurs que Lou Reed ne connaissait pas Holly lorsqu'il écrivit le texte, l'idée lui aurait été suggérée par Andy Warhol, et la rencontre entre Lou Reed et Holly  Woodlawn fut postérieure au succès de la chanson.

Holly came from Miami FLA,
Hitch-hiked her way across USA,
Plucked her eyebrows on the way,
Shaved her legs and then he was a she,
She says: «Hey babe, take a walk on the wild side»


Holly est venue de Miami en Floride,
Elle a fait du stop à travers les États-Unis,
Elle a arraché ses sourcils sur la route,
Elle a rasé ses jambes, et du coup «il» est devenu un «elle»,
Elle dit: «Chéri, viens faire un tour du côté sauvage».

Au second couplet, c'est Candy, autre figure notoire de la Factory, personnage transsexuel qui fut également la vedette de plusieurs projets cinématographiques de Warhol et du réalisateur Paul Morrissey. C'est elle, Candy, qui ne perdait jamais la tête lorsqu'elle pratiquait des fellations. «Neverlost her head»... «even when she was giving head». C'était d'ailleurs là tout le talent de Lou Reed d'entretenir cette ambiguïté dans le verbe. Un talent d'écriture, tout en allusions finement ciselées, qui lui permirent non sans humour de braver dans l'ensemble la censure de l'époque.

Lou Reed : Walk on the wild side


Un peu plus loin, nous retrouvons sans doute l'un des plus connus, Little Joe - Joe Dallesandro - acteur bi-sexuel, vedette des films Trash, Heat et Flesh, (a tourné notamment dans "Je t'aime, moi non plus" de Gainsbourg et "Cotton Club" de Francis Ford Coppola). Pour lui, le sexe n'était jamais gratuit... On évoque évidemment la prostitution. Anecdote finalement amusante, en 2012, Frédéric Mitterrand alors ministre de la Culture, le nommera chevalier de l'ordre des Arts et Lettres.

Enfin, Sugar Plum Fairy, alias Joe Campbell est un acteur gay et Jackie, alias John Holder Jr, actrice transgenre, version il ou elle, est une junkie addict aux drogues dures. Les allusions à la vitesse, elle qui s'est pris pour "James Dean for a day" et au crash en voiture, ne sont qu'une allégorie de la descente aux enfers.

Au fond, Walk on the Wild Side est un tour de passe-passe réussi. A la croisée d'une mélodie romantique et entraînante, sur un texte ambivalent chanté par une voix chaude et rassurée, et adroitement conclue par la touche d'un solo saxo de Ronnie Ross (ex prof de musique d'un gamin nommé David Robert Jones, le futur David Bowie), Lou Reed dresse une série de portraits quasi cinématographiques des personnages iconiques de la Factory. Portraits séquentiels, trash et délurés, portant encore aujourd'hui sur les ondes radiophoniques et les réseaux sociaux, le spectre de cet univers unique, délirant, déluré, profondément asocial et parfaitement libéré.

L'album Transformer est une perle dans la discographie de Lou Reed, rien d'étonnant lorsqu'on sait que sa production a été réalisée par David Bowie. L'alchimie des deux grands artistes, qui tour à tour, tout au long de leur histoire, se sont haïs puis aimés, est à l'origine d'un album à classer au rang des productions mythiques et de l'indubitable plus grand succès de Lou Reed, une invite à faire quelque chose de vraiment dingue, " hey honey, take a Walk on the wild side".

Auguste Marshal 



jeudi 27 juillet 2017

Flamin Groovies

The Flamin Groovies

Flamin Groovies
Flamin'Groovies
A l'heure où après tant d'années, les vétérans d'une autre époque du rock'n'roll, The Flamin Groovies annoncent la sortie le 22 septembre 2017 de leur nouvel album Fantastic Plastic, force est de reconnaître que ce groupe qui n'a malheureusement jamais connu la voie d'un franc succès, mérite sa place dans l'histoire du Rock.
The Flamin'Groovies - Un groupe culte pour bon nombre d'entre nous, et pourtant, un groupe qui a toujours plus ou moins été en décalage avec son époque. Les débuts se font en 1965 à San Francisco, lorsque Cyril Jordan et Roy Loney décident de former un groupe: The Chosen Few. Rapidement, ils changent de nom et deviennent The Flamin' Groovies avec Roy Loney au chant, Jordan à la guitare et au chant, Tim Lynch à la guitare, George Alexander à la basse et Danny Mihm à la batterie.
Les Flamin' Groovies, c'est un rock auquel on a envie de rajouter le patronyme 'N' Roll...
Un groupe inspiré de l'air du temps, pouvant se mouvoir dans les influences des Stones puis des Beatles, mais sans jamais vraiment dénaturer leur spécificité. Ils avaient à l'époque de la gueule de Rockers, du charisme sur scène, de la matière à composer en studio, et la capacité de marquer leur époque au fer rouge grâce à cette petite alchimie mystérieuse et vivace.

Flamin' Groovies
Flamin' Groovies

Les Flamin' Groovies, c'est une idée du rock assez traditionnel, une musique qui ne cherche pas la modernité à tout prix, mais qui puise l'inspiration dans les racines du genre. C'est vivant, dansant, une musique chaude et Roots, un rock de puriste dont la reformation en 2013 autour de Cyril Jordan, Chris Wilson et George Alexander accompagnés par un nouveau batteur Victor Penalosa, a surpris les fans enjoués de la première heure. Il faut dire que cette période est sans doute très particulière pour l'univers Rock avec la succession des reformations de groupes cultes. Après le très médiatique retour de Téléphone avec Les Insus, la reformation de Bijou, le groupe punk rock français de retour pour une série de concerts dans l'hexagone et cet inattendu come back des Flamin' Groovies.

Flamin' Groovies
Flamin' Groovies

La partie la plus prolifique de leur carrière se déroula entre 69 et 79, mais on dénombre un grand nombre de compilations ou live parus dans les années 90' à 2000 et qui attestent de la notoriété et du caractère légendaire et mythique des Flamin' Groovies.

Petit coup de cœur perso pour ce titre :

 Shake some action

 




Flamin' Groovies

Actualité :

A saluer, Cyril Jordan, Chris Wilson et George Alexander se sont retrouvés en 2013 pour une série de concerts et un retour en studio.

Facebook Flamin' Groovies

Flamin' Groovies : First Plane Home



Flamin' Groovies
Flamin' Groovies

mercredi 26 juillet 2017

One two three four - Ramones - La BD

One Two Three Four - Ramones - La bande dessinée

One two three four : Ramones
One two three four : Ramones

No Future

Dee Dee Ramone racontant l'histoire du quatuor punk, telle est l'idée de One two three four Ramones. La BD plonge dans les bas-fonds new-yorkais en compagnie d'un groupe des plus improbables. Marchant sur les traces d'Iggy & the Stooges, ces quatre paumés vont traverser le rock comme une comète. Au départ, ces quatre types n'avaient pas grand-chose pour eux. Créer les Ramones fut la condition de leur (courte) survie. Nés entre 1948 et 1951 dans des familles assez marquées, un seul d'entre eux (Tommy) verra la décennie 2010. Alcoolisme, drogue, violence, prostitution marquent les jeunes années de Dee Dee, Johnny donne dans la petite délinquance, tandis que Joey cumule une maladie génétique et des troubles du comportement. Quant au mutique Tommy, il vient d'une famille juive hongroise, rescapée de l'Holocauste et de l'invasion de la Hongrie par les troupes soviétiques. 
À eux quatre, ils présentent une jolie brochette de troubles psychologiques en tous genres. Bref, pas de quoi faire des jeunes gens sains, épanouis et bien dans leur peau. Totalement inexpérimentés en matière musicale (en dehors de Tommy, leur batteur, plutôt spécialiste du son), l'émergence du mouvement punk new-yorkais va transformer leur  No Future en une petite lumière au bout du tunnel: «s'en sortir par la musique». 

The Ramones : Sheena is a punk Rocker


La plupart de leurs morceaux, enchaînés sur un rythme frénétique et un tempo d'enfer ne brillent pas par la virtuosité, mais leur énergie est à l'image d'une génération qui, à New York et à Londres, invente un mouvement en réaction contre les «fonctionnaires» de la musique et leurs solos de 4 minutes. Très documenté, cet album en noir et blanc, simple comme les pochettes et le look des Ramones (jeans troués, baskets pourries, cheveux longs et perfectos râpés) est une mine référentielle sur l'ambiance d'une époque qui vit émerger une nouvelle génération musicale, avec Television, Blondie, Richard Hell ou Patti Smith dans une version plus «cultivée».

Éric Cartier au dessin, Bruno Cadène et Xavier Bétaucourt au récit, ont fait un travail de bénédictins pour restituer cette ambiance particulière en évitant la caricature et en restant au plus près de la réalité. Sexe, drogue et rock'n'roll, tout ce qui déplaisait aux parents — et donc plaisait à leurs enfants — était réuni dans les Ramones qui ont aujourd'hui des plaques de rues à leur nom et un musée à Berlin…

One two three four Ramones : Bruno Cadène et Xavier Bétaucourt. Dessin Éric Cartier. 96 pages, 20 euros.  Bande dessinée éditée par Futuropolis -
Article de Dee Brooks parue initialement sur le site www.nvo.fr

Dee Brooks

One Two Three Four Ramones - Extrait
One Two Three Four Ramones - Extrait

mardi 25 juillet 2017

John Lydon - Paroles

John Lydon - Paroles

John Lydon
John Lydon

Le punk, c’est l’indépendance d’esprit. Il n’y pas d’uniforme lié à ça, c’est une disposition mentale qui vous appartient.

John Lydon - 2014

samedi 22 juillet 2017

Les Calamités de Beaune

Rencontre avec une Calamité : 

Qui pourrait souhaiter être confronté à une Calamité? Pas grand monde à l’évidence. Sauf si cette Calamité s’appelle Isabelle Herrmani et qu’elle a sévi dans ce fameux groupe des années 80... Les Calamités!
Les Calamités
Les Calamités de Beaune

De "Je suis une Calamité" à "Vélomoteur"  -  Retour sur le parcours des Calamités.

Les Calamités de Beaune… certes on ne refera pas une nouvelle fois la genèse de ce groupe bourguignon majoritairement féminin qui a officié au milieu des années 80, mais on se souvient avec bonheur de Vélomoteur, le 45 Tours qui les porta un temps jusqu'à la troisième place du Top50, mais également de l'album A bride Abattue produit par Lionel Herrmani, avec en Guest Dominique Laboubée des Dogs... Les paroles tissées d'humour de Supermarché nous reviennent volontiers à l'esprit: "Je vais, je vais au supermarché, glisser sur le carrelage et me défouler...". Des moments Rock à Beaune en plein milieu des années 80 dont se souvient avec beaucoup de gentillesse Isabelle Herrmani, guitariste-chanteuse des Calamités.

Te souviens-tu de la première fois où tu as rencontré Odile et Caroline, tes 2 comparses?
Cela date du primaire, en CE2 si je me souviens bien. Nous étions à la même école, puis dans le même collège et le même lycée, à Beaune, en Côte d’or.
Ce n’est donc pas la musique qui a fait que vous êtes devenues amies?
Non, cela date de bien avant, mais c’est vrai que par la suite la musique a pris une grande importance. Nous jouions toutes plus ou moins du piano, et l’idée de former un groupe est venue quand nous étions au Lycée.  

Les Calamités
Les Calamités
Qu’est ce que tu écoutais à l’époque?
Les Beatles, les Shangri-las, les Who, tous ces groupes...

Qui fut à l’origine de la création du groupe?
Personne en particulier, ce fut une décision collégiale. Caroline a pris la basse, Odile et moi avons pris les guitares, puis le batteur est arrivé.

Justement, concernant vos différents batteurs, il paraît que vous en avez fait disparaître une flopée…
Qu’en est il exactement? Notre premier batteur Watson, arrivait transi de Dijon (il venait…en vélomoteur, ça ne s'invente pas), la maman d’Odile (guitare-chant), chez qui nous répétions à Beaune lui préparait un chocolat additionné de beaucoup de glucose et c’était parti! Il est vrai que les batteurs se sont succédés dans le groupe, environ sept, ce n’était pas facile pour eux de se faire une place, nous étions tellement copines, nous composions à trois... Ils pouvaient parfois se sentir exclus. Par contre, nous sommes toujours en contact avec Mike Stephens, le seul batteur qui est resté et avec lequel nous avons partagé toutes ces aventures. Il travaille à Beaune dans le vin et a ouvert son propre business.

Les Calamités: Toutes les nuits



Que pensaient tes parents qui ont vu leur fille devenir guitariste d’un groupe de rock?
Au départ ils étaient un peu réticents, mais ensuite mon père était très fier. Cela dit, c’était «rassurant» d’être à 3, puis à 2…On se sentait plus en confiance dans ce milieu, surtout quand il a fallu assurer la promo.

Comment est apparu Tony Truant? Est-ce bien lui qui fut à l’origine du nom du groupe?
Effectivement le «Tatane» était dans le coin, il a d’ailleurs écrit les paroles du premier morceau que nous avons enregistré sur la compil’ Snap Shot: Je suis une calamité (on aime bien ses textes), il a trouvé que ce nom nous correspondait... ensuite quand New Rose nous a proposé d’enregistrer un maxi, Patrick Mathé a demandé à Lionel Herrmani s’il voulait nous produire, il ne nous connaissait pas encore et Antoine "Tony Truant"qui était à l’époque à Rouen avec les Dogs a saoulé Lionel pour qu’il nous rencontre. Tout est parti de là...

Les Calamités : Je suis une Calamité


La création du premier album s’est-elle faite facilement, pour les débutantes que vous étiez?
Nous avions déjà les morceaux, mais il a fallu répéter pas mal pour être au point. Nous avons enregistré en Normandie, et l’ingénieur du son était plutôt réservé. Il était debout derrière sa console, un peu perplexe quant à nos capacités, et quand nous avons commencé à chanter à capella le début de The kids are all right, il est tombé sur sa chaise, scotché!

Les Calamités : The Kids are all rights


Peux-tu nous raconter comment est né "Vélomoteur"? 
C’est Daniel Chenevez, du groupe Niagara qui est venu nous chercher. Il avait monté sa boîte de prod et il aimait bien ce que nous avions sorti chez New Rose. Il est donc venu en train, à Dijon. On avait en stock un morceau qui n’était jamais sorti, Vélomoteur en l’occurrence. On lui a joué, sans se faire trop d’illusions, dans la chambre d’étudiante d’Odile. Il nous a simplement dit : "ok, on se voit à Paris dans un mois pour les arrangements". Nous en avons parlé à Caroline, mais elle n’était plus intéressée, mais nous voulions vraiment son feu vert puisqu’elle avait co-écrit le titre: Vélomoteur.

Les Calamités : Vélomoteur


Pourquoi avez-vous arrêté en pleine période de succès. Il faut rappeler que Vélomoteur est quand même resté 16 semaines au classement du Top50 français?
Nous étions en fac, Caroline (bassiste - chanteuse) était partie vivre en Angleterre et souhaitait tourner la page… Cela devenait trop difficile de tout concilier, et nous n’en avions pas fondamentalement envie. Mais tout cela s’est passé sereinement.

C’est très à la mode de faire partir en tournée des vedettes des années 80. Si on te proposait, à toi et aux autres, une tournée «Star 80», vous feriez quoi?
Alors là non alors…Ce n’est pas du tout notre monde.

Quels souvenirs gardes tu de cette époque? Nostalgie? La page est tournée?
Non, je n’appelle pas ça de la nostalgie, nous nous rencontrons régulièrement, et il arrive bien sûr que nous évoquions certains souvenirs, il y en a toujours une qui se souvient d’une anecdote, d’une histoire sur le groupe, c’est l’occasion de fous rires et de bons moments. Cette époque a représenté quelque chose de très fort dans nos vies et continue à nous lier mais non, pas de regrets, nous sommes passées à autre chose.

Tes enfants savent-ils ce que tu as fait? Qu’en pensent-ils?
Non, ils sont fiers de ce que nous avons fait, même s’ils peuvent parfois s’amuser de nos coupes de cheveux et de nos jupes droites… En fait, ce qui était parfois drôle, c’est quand aux réunions parents-profs, l’un d’entre eux me reconnaissait…

Qu’écoutes-tu aujourd’hui? Est-ce que tu joues toujours?
J’écoute plein de trucs, avec souvent une préférence pour les groupes de filles, et j’ai composé 3 morceaux il y a 2 ans, enregistrés chez Le Kaiser (alias Lucas Trouble) dans son studio à Chagny, avec Lionel Herrmani et deux Antoine (le fils d’Odile à la batterie et Tony Truant aux guitares). J’aimerais bien les retravailler un peu, et de temps à autre je ressors ma guitare…

Tes amies de l’époque, tu les vois encore?
Oui, on se voit plusieurs fois par an, avec Marcelle, notre manager. On a instauré le week-end annuel exclusivement Calamités et il nous arrive de rejouer et de chanter, mais seulement lors de nos anniversaires! Nous habitons loin les unes des autres, Odile est en Belgique, Caroline travaille toujours en Angleterre, Marcelle à Mâcon et moi à Dijon

Une dernière anecdote pour terminer?
Nous avions joué à Talant (près de Dijon), et nous avons eu la surprise de voir Etienne Daho, qui était en concert le même soir à Dijon, nous rejoindre pour chanter avec nous Pour toutes les nuits. Amusant!

Merci à Isabelle Herrmani des Calamités, rencontrée à Dijon par Etienne Frelet.

vendredi 21 juillet 2017

Keith Moon : Le Dingue

Keith Moon : Le Dingue

keith-moon

Keith Moon fût non seulement le batteur des légendaires Who, mais aussi l'un des musiciens les plus excentriques et les plus fous que la musique moderne ait connu.

Né à Londres en 1946, le jeune Keith ne brille pas du tout sur le plan scolaire. Très tôt attiré par la musique, c'est la seule matière dont il suit les cours correctement. Il quitte finalement l'école assez jeune, au début des années 60, il n'a alors qu'une petite quinzaine d'années.

Après avoir joué avec The Escorts et les Beachcombers, Keith Moon auditionne pour un autre groupe, The High Numbers, en 1964, et il est engagé. High Numbers devient The Who quelques temps plus tard. Selon certaines sources, le groupe s'appelait The Who avant de devenir High Numbers, sous l'influence de son manager qui pensait que ce nom collait mieux à l'image Mod. Après la sortie du premier single I'm the face / Zoot suit, les High Numbers redeviennent The Who.

Keith Moon intègre donc le groupe et très vite, son jeu va séduire. Il joue vite, dans un style très excité en comparaison aux batteurs de l'époque, un membre des Escorts témoignera plus tard que son jeu était indécent. Nul doute qu'il inspirera pas mal de monde par la suite.

The Who : My Generation Live



Mais il n'y a pas que son jeu de batterie qui fait de Keith Moon un personnage à part. Il y a également son attitude, d'où son surnom Moon The Loon: le cinglé, le dingue. Très vite, Moon va consommer de l'alcool et des drogues en quantité importante et son comportement va aller de pair. On raconte qu'un jour, avant un concert des Who, il s'habille en policier et contrôle les fans qui font la queue devant la salle. Il saisit toutes les drogues qu'il trouve pour sa consommation personnelle. Une autre fois, il utilise le micro sonorisant la station de métro de Finchley Road, en plein quartier juif, pour imiter la voix d'Adolf Hitler. Sans être antisémite, Keith conservera toujours cette forme «d'humour» douteux au point de se déguiser en officier nazi lorsqu'il est en Allemagne...
Keith Moon
Keith Moon - Batteur de The Who
A l'hôtel, alors qu'il écoute les Who assez fort, le gérant vient lui demander de faire moins de bruit. Vexé, Moon The Loon se dirige vers les toilettes pour y faire exploser un bâton de dynamite. Après l'explosion, Moon retourne voir le gérant de l'établissement et lui dit: "ça, c'est du bruit". Puis, il remonte dans sa chambre, augmente considérablement le volume de la musique (disons qu'il met tout à fond) et s'écrit "et ça c'est les Who!".

Lors de l'émission Smothers Brothers Comedy Hour, Keith Moon ne trouve rien de mieux à faire que d'augmenter la charge des effets pyrotechniques prévus....Résultat: Pete Townshend perd une partie de ses capacités auditives déjà bien mal en point...

keith-moon

Toutes ces frasques pourraient être drôles si Keith Moon n'était pas en train de sombrer dans une addiction qui va peu à peu le perdre. Alcoolique, il est par exemple incapable d'assister à une émission de radio l'après-midi car l'apéro de midi le ruine. En 1973, fatiguée par son comportement, sa femme demande le divorce. La même année, après avoir pris un somnifère pour cheval, il s'effondre lors d'un concert des Who au Cow Palace.


Rien n'arrête plus Keith Moon, il se défonce, boit en quantité excessive, couche avec un tas de filles, et, ironie de l'histoire, succombe à une overdose de médicaments qui lui ont été prescrits pour soigner son alcoolisme, le 7 septembre 1978. Il avait 32 ans.

Fernand NAUDIN

mercredi 19 juillet 2017

Trust : aux armes citoyens

Trust : Aux armes citoyens

Trust
Trust

Fin 1972, le mercredi succède au jeudi comme jour des enfants, jour de la semaine où il n’y a pas d’école. Le mercredi 26 mars 1980, j’ai 17 ans et je regarde la télévision avec mes parents. Et à 20h30, en ces temps reculés, Guy Lux prend l’antenne. Ce soir-là, le chantre de la variété française, le prince des jeux télévisés promeut une grenade dégoupillée. Une séquence du Palmarès 80 est en effet consacrée à la présentation de groupes français considérés comme des espoirs. 
Et l’Elite retentit. 
Désespoir? Qui sont ces types qui osent en français le commun des anglais? La voix fustige sur une baston d’instruments électriques. Toutes personnes ayant vécu cette expérience, et s’essayant au maniement d’une six cordes, tentent aussitôt de reproduire la mitraille du Krief

Trust : L'élite


Trust : L'Elite

Je connaissais quelqu’un (RIP) qui côtoyait Bernard Bonvoisin du temps où tous deux résidaient à Nanterre. Ils habitaient un ensemble de bâtiments floraux baptisés «les Marguerites» ou «les Pâquerettes». Plus tard, cet homme de droite, chaudronnier à son compte, brandirait fièrement le premier disque de Trust en s’en réclamant. Ainsi, lorsqu’on en a bavé dans les mêmes quartiers, le sentiment d’appartenance dépasse les clivages politiques.

trust
Trust

Préfabriqués cingle le capitalisme, Police-milice fronde l’aveugle répression, Palace tacle sévèrement des déboires de concert, bosser huit heures: «T’as bien raison de bosser huit heures, ton salaire c’est le salaire de la sueur. T’as bien raison de bosser huit heures, ton salaire c’est le salaire de la peur !», dénonce les syndicats en tant qu’organismes servant l’aliénation ouvrières. En amuse-bouche de la face B, L’Elite foudroie le totalitarisme petit-père-du-peuple. Sur tous ces titres, la rapière staccato-pizzicate, cordes bloquées puis libérées à la fréquence d’un Tommy-gun. La Cry-baby et l’Overdrive boxent le Marshall, aidée en cela par une rythmique basse-batterie made in bulldozer
La révolte gronde? L’auditeur opine, trop content de laisser libre cours à son adolescence. Personnellement, seul un copain de lycée m’accompagne sur le chemin de l’adoption inconditionnelle. Nous vivons notre trustitude en binôme et cela nous va à merveille. Les deux 33 tours qui suivent cèlent notre enthousiasme pour le groupe. Je parviens même à jouer deux ou trois fois l’intro et les premiers couplets d’Antisocial avec Black Night, le groupe de musette’n’roll où j’officie. C’est dire le niveau de mon engouement, capable de projeter sur les autres un besoin aux antipodes du leur.

Trust : Antisocial


Un groupe français crache le feu et tartine du hard rock sur les écrans TV. Le message délivré recommande le libre arbitre. Sont-ils beaucoup de la scène rock française à prôner cette formule au début des 80’s? D’un autre côté, il y a Téléphone. Évidemment, dans l’hexagone, on ne peut se réclamer de deux groupes à la fois. Il faut choisir son camp. A la question: Trust ou Téléphone?, ce jour, je réponds: «Les deux!», hier, je clamais haut et fort: TRUST!!!

Un peu plus tard, au milieu de cette décennie perdue, toute une scène tente de rivaliser avec les anglo-saxons. Parmi mes préférés siège Sortilège, combo au chanteur surpuissant, qui sculpte dans le métal des chansons originales. En 1979, un premier groupe crie haut et fort qu’il n’aime pas les choses préfabriquées. En cela, «Trust» de Trust, c’est du béton armé. Par la suite, qu’advint-il du bull-turbo-dozer ? Un 3ème et un quatrième album de toute beauté, les formidables Marche ou crève - 1981- et IV - 1983, un Rock’n’roll -1984 - apaisé puis... les dissensions, la lassitude des tournées dans un pays pas si grand que ça, l’échec à l’export mènent souvent à la dispersion du propos, à la remise de prix sur le tarif, à l’éjaculation précoce de titres mal ficelés...

Trust : Comme un damné


En concert: je rate les premières tournées du groupe dont le fameux concert au Pavillon de Paris. Le temps passant, si mon engouement s’amoindrit, il reste toujours en moi un fond de musique de ces gars-là. Et puis, à la fin des années 90, mon poteau de lycée m’avertit que le groupe passe au Zénith. L’attente ayant assez durée, nous nous rendons à la grande messe le 21 février 1997. Qu’en est-il ce soir-là du groupe qui mâche du TNT dans ses chansons? Un pétard à mèche. Et de petit calibre en plus! La folie et la détermination nécessaires à l’allumage des fusées sont bien loin semble-t-il. Nous passons tout juste un bon petit moment pépère: «Même pas mal aux oreilles!». Souvent, la réalité ne peut assurer face au mythe. Par contre, bien loin d’être mité, le Lp fondateur continue à tourner Comme un damné.
Concert Trust
Concert Trust

Trust revient ces jours-ci et il se dit que le duo Bonvoisin / Krief  rugit à nouveau, qu’il revisite gaillardement son répertoire. Vous voyez, vous nous dites?

Thierry Dauge

mardi 18 juillet 2017

Stranglers - Ian Grant à propos des Stranglers

 Stranglers - Ian Grant à propos des Stranglers

stranglers
The Stanglers

Ils avaient toujours une carafe d’eau sur scène. Mais ce n’en était pas vraiment une : ils pissaient dedans. Si quelqu’un leur crachait dessus, ils la vidaient sur le premier rang. Puis ils disaient: «Vous êtes maintenant baptisés à la pisse de Strangler.»

Ian Grant ex-manager des Stranglers

mercredi 12 juillet 2017

Johan Asherton - Gods Clown - réédition 2017

Johan Asherton - God's Clown - réédition 2017

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Johan Asherton - God's Clown 

God's Clown - 1988 / 2017

Depuis ces débuts avec les Froggies, puis le Liquid Gang dans les années 80', Johan Asherton a parcouru un chemin remarquable malgré une certaine absence de notre paysage médiatique français qui le boude un peu trop à mon goût. En 1988, il débute une aventure solo avec un premier album quasi acoustique: God's Clown, rempli de ballades folk aux atmosphères romantiques et intimistes. Depuis, la production discographique de Johan Asherton s'est largement développée avec 18 autres albums dont le dernier Johan Asherton's Diamonds est sorti en 2015. A l'occasion de la réédition 2017 de ce premier album devenu introuvable, Johan Asherton a accepté de répondre à nos questions. 

Qu'est-ce qui a motivé la réédition de  ton premier album "God’s Clown"?
Cette réédition était un projet de longue date. D'abord parce que cet album est quasi introuvable depuis longtemps, parce que c'est mon premier album solo et qu'il a donc une certaine valeur sentimentale. Aussi parce que c'était l'occasion de le remasteriser et de lui donner un relief qui n'était pas franchement présent sur le premier pressage, qui remonte donc à 1988. Patrick Chevalot, ingénieur du son et producteur de l'album, y tenait particulièrement. Et puis dans la mesure du possible, cela me parait normal de faire en sorte que ce qu'on fait reste à peu près disponible.

Peux-tu nous parler des 9 bonus tracks de la réédition de God's Clown? Ce sont de vrais titres inédits?
En ce qui concerne les "bonus tracks", il s'agit de The Visit - une chanson de Marc Bolan enregistrée lors des sessions pour l'album mais parue début 1988 sur un EP anglais. Il y a aussi une session acoustique de trois titres, enregistrée pour Radio Fréquence Nord, à Lille, fin 1987. Et cinq titres de l'album en versions work-in-progress, déjà parus sur un CD au Japon, il y a une quinzaine d'années. J'aurais aimé y ajouter les trois titres largement commencés mais restés inachevés lors des sessions d'enregistrement, et dont je n'ai jamais pu retrouver la copie de travail...
J'ajoute que la collaboration de Fabien, du label Pop The Balloon, a été déterminante. Nous travaillons ensemble depuis quelques années et lui au moins va toujours au bout des choses, contrairement à tant de gens qui ne font qu'apparaitre, proposer ceci et cela, pour disparaître aussi rapidement.

L'album God's Clown - 1988 - le premier disque de ta carrière solo nous a fait découvrir à l'époque une nouvelle facette de ton travail...
L'idée de départ était de faire un véritable album de singer-songwriter solo acoustique. Les choses ont rapidement pris une tournure plus orchestrée, avec l'utilisation d'un sampler Akai, de différentes guitares et petites percussions, de quelques claviers. Une rythmique complète apparaît sur un titre seulement Sally Was No Angel. Après les expériences de groupes (Froggies, Liquid Gang), j'ai eu envie de me retrouver seul, écrire, enregistrer tranquillement des maquettes chez moi, et de là, le projet de God's Clown s'est dessiné peu à peu.

Pourrais-tu nous citer quelques-uns des artistes qui continuent à t’inspirer au fil des années ?
Pour ne parler que de musique, les artistes qui m'inspirent depuis toujours sont les mêmes au fil du temps, ils sont ma base: Bob Dylan, Marc Bolan, Lou Reed, Leonard Cohen, Syd Barrett, Kevin Ayers, Nick Drake... Plus tard, il y a eu Nikki Sudden et Dave Kusworth (The Jacobites), Stephen Duffy (The Lilac Time), Heidi Berry, Mike Scott (The Waterboys)... En ce moment, j'apprécie des groupes comme Timber Timbre, Beach House... Je redécouvre certains français comme Gainsbourg, Christophe, Bashung... J'ai toujours aimé autant l'acoustique que l'électrique, dans ce sens je comprends très bien Neil Young, par exemple. J'aime les Stones, Mott The Hoople, tout ce rock anglais que j'ai essayé de représenter sur l'album Diamonds il y a deux ans. C'était déjà le cas avec les Froggies dans les années 80... J'écoute des choses très différentes depuis toujours, chanson, musique classique, électronique, traditionnelle... J'ai toujours été fan de Roxy Music, de Todd Rundgren, de groupes allemands des 70s... Tout cela s'est toujours un peu bousculé dans ma tête!

Si je ne me trompe pas, 19 albums pour ta carrière solo depuis 1988. Ton style et ta musique sont magnifiquement «Out of Time». Quels sont tes secrets dans le contexte actuel pour réussir à tenir le cap?
En fait, je ne me sens pas particulièrement "Out of Time"... Plus j'avance, et plus je croise des gens, des groupes, des artistes de tous les âges, et qui ont les mêmes références que moi. Je crois que la "terre commune", ce sont les années 60, où tout était réellement en révolution. Cette influence est plus que jamais palpable aujourd'hui. Je n'ai donc pas de "secrets", je continue simplement de faire ce qui m'intéresse depuis le début! Je rencontre toujours des gens, jeunes et moins jeunes, prêts à partir à l'aventure. Évidemment, ceci ne concerne pas le "big business", et le manque constant de vrais moyens pose des problèmes. Mais le monde change sans arrêt... La technologie actuelle permet de faire exister beaucoup de projets, c'est déjà une grande chance. Il faut s'y prendre différemment, par rapport à une époque plus ancienne. Travailler encore plus, faire tout soi-même... C'est souvent très lourd, mais le sentiment d'exister n'a pas de prix.

Un grand merci à Johan Asherton

Auguste Marshal


samedi 8 juillet 2017

Et si le meilleur disque de Bijou n'était pas un disque de Bijou

Bijou et Marie France - LP : 39 de Fièvre

Marie France et Bijou
Marie France et Bijou

Et si le meilleur disque de Bijou n’était pas un disque de Bijou…


Dans leur premier album, Bijou, le groupe originaire de Juvisy rendait hommage, via Marie France à la célèbre transsexuelle qui écumait les nuits parisiennes et les scènes de l'Alcazar dans le quartier latin.

Marie-France - Lp Danse avec moi - 1977 



Coqueluche du Tout Paris, elle (il?) a ses entrées tant dans les soirées mondaines que dans les clubs de bikers. Et c'est ainsi que la rencontre se fit, Marie France confie son envie de chanter du Rock'n'roll. Banco, le projet séduit les Bijou (sans X, ils y tiennent…) soit à l'époque Vincent Palmer et Dynamite Yan, Philippe Dauga étant accaparé par un projet parallèle.
Ce disque se voudra être un hommage aux pionniers, via Fever (Elvis), Little Richard (Lucille), Cliff Richard et autres Johnny Kidd (Shakin’all over).

Marie France - LP 39 de fièvre - 1981 RCA  - Le diable en personne



La question de savoir dans quelle langue sera rendu cet hommage ne se pose même pas: Bijou s’est toujours fait un point d’honneur à chanter en français, l’album sera donc 100% français. Et comme la quasi-totalité des titres retenus existent dans le répertoire des chanteurs et groupes des années 60 (Pirates, Fantômes, Hallyday, Vartan), ce sont ces versions qui paraitront dans l’album.

Marie France : Pas cette chanson - (composition : Bijou)



L’album comprendra 4 originaux: Chez moi à Paris, Ouh la la la, Comme les autres et Trop tard.
Tout est ciselé dans cet album, chaque amateur de Rock (au sens large!) y trouvera son compte, mais surtout, surtout tout est magnifié par des solis sublimes de Vincent Palmer et une fougue inébranlable de Dynamite… Jusqu’à la pochette, photo de JB Mondino, où apparaît, seul assis sur un banc, Dynamite, sa DS au premier plan… Ce disque, paru en mai 1981, est devenu culte pour de nombreux afficionados de nos compères. A vous de vous faire une idée...

Etienne Frelet

Marie France : Chez moi à Paris - (composition : Bijou)


vendredi 7 juillet 2017

Black Joe Lewis and the HoneyBears

Black Joe Lewis and the HoneyBears

Black Joe Lewis
Black Joe Lewis

Scandalous - 2011

Le grand David Johansen élève la musique de Black Joe Lewis au rang d’éminemment recommandable. Oui, Oui, le chanteur des New York Dolls! Si la mixture diffère de celle des souillons, celle de BJL touille les mêmes fondamentaux: Roots. Cet album, sous sa forme vinyle, contient un Lp bonus alignant des versions live de standards de blues, dont une version incendiaire de What love is en 2ème plage. De plus, on y trouve le CD! What else?

De quoi s’agit-il ? D’un caviar de rhythm and blues, de funk et de blues, le truc idéal pour danser en soirée, véritable invite à bouger son derrière en grillant des clopes ou en ingérant des rasades de bourbon. Je ressens ce disque comme une piedestallisation de la musique noire américaine, une démonstration charnelle à destination des pseudos petits blancs : «Tu ne sais pas groover». Il y a du «chant» de coton sur la partition de ce groupe-là. Des cuivres rutilants, trompette et saxo, occupent le devant du sillon. En matière de son, de production, il est question de sépia et d’usure. Interrogation d’un ami à l’appui: «Il date de quand ce truc?». Rien de péjoratif dans cette remarque et cette question. L’écoute entraîne l’auditeur au pays des soul-men, en un temps où ces Hommes tenaient le monde par ce qui le fait tourner: les Cojones. La contemporanéité émane du traitement garage, voire heavy, apporté aux chansons via le son crunchy des guitares. A l’arrivée, le doute s’insinue: vieil enregistrement précurseur? Nouveauté empreinte de nostalgie? Seul Black Joe Lewis le sait car il l’a voulu ainsi.

Black Joe Lewis : She's so Scandalous


Otis redding, Aretha Franklin, James Brown, l’attitude semble évidente, avec une pointe blanche de type Black Pearl mais en plus viscéral. Du blues mouliné au Dobro naviguant entre Robert Johnson et un funk-rhythm & blues-garage, le disque transpire ses références. Le propos reste néanmoins identifiable au groupe et, surtout, à son chanteur. Black Joe mâchonne des incantations à la limite de la fausseté, la limite des limites atteignant des sommets sur Since I met you baby, balade 50’s foutraque et déglinguée. Précisons que le jeune homme fricasse une pelle à six cordes parallèlement à ses léchouilles de micro, d’où une concentration morcelée. Il y a fort à parier que ses préoccupations artistiques sont toutes autres. Avec des rhythm & blues torrides comme Livin’ in the jungle ou Booty city, un funk sale décapant : Black snake, et une apogée en forme un rock reptilien: Jesus take my hand, Scandalous affiche une volonté revival forte, un hommage aux illustres prédécesseurs, celles et ceux-là mêmes qui ont créé le genre. Si, par la suite, les aspirations musicales de Mr Lewis ont quelque peu changé, y perdant The Honeybears au passage, sur ce 33 tours, les offrandes affichent ouvertement une volonté jouissive et dansante.

Black Joe Lewis : I'm Gonna Leave You



Et encore … Que dire des billets de concert de nos jours? Outre le fait de pouvoir présenter son iPhone en lieu et place de ticket en papier, les contremarques générées par les billetteries puis balancées par mail à leurs destinataires sont des insultes à la création artistique. Fut un temps où le visuel du billet participait à l’ambiance et on était en droit de collectionner ces œuvres d’art. Pourtant, des flyers présentent encore un aspect appètent, reprenant la plupart du temps la pochette du dernier Lp et pour la promotion duquel la tournée est mise sur pied. Question de prix? En 2017, le prix des places de concert, pour peu que l’artiste connaisse son heure de gloire ou soit nantis d’un glorieux passé, est une véritable honte, sans lot de consolation quant à l’attrait du billet. On cultive l’indécence. Les maisons de disques se sont appropriées des salles de concert et font payer au prix fort leur manque à gagner sur les enregistrements. La faute au public concerné et aux bobos qui volent maintenant la musique par téléchargements interposés? Mais, Mr Universal, comment justifiez-vous un prix de vente à 30€ pour un vinyle qui sort ces jours-ci? Au final, qui en pâti? Les artistes… et les véritables amateurs de musique qui ouvrent leurs porte-monnaies. Bloody shit !

En vrai… pour ce concert-là, le 30 septembre 2011 à la Maroquinerie, ma Dame est de la partie. Elle adore! Alors, quand on peut faire plaisir… et c’est le cas ! Deux premières parties plus tard, les hommes prennent possession de la scène timbre-poste, ils sont 7 et roulent leur rhythm & blues cuivré. Le souvenir n’est pas très précis mais l’impression d’un excellent moment persiste. Comme tous ceux qui m’ont accompagné sur cette soirée adoptent le même jugement, je ne prends aucun risque à voter Pour. Sans plus de détails : «On en parle encore».
Black Joe Lewis
Black Joe Lewis

Pour ce qui concerne le chapitre précédent sur la qualité comparative des flyers et des vrais billets…

Thierry Dauge