vendredi 30 juin 2017

Blur - De Parklife à nos jours

BLUR : Maître es pop britannique


Blur
Blur
Ça commence presque comme l’onomatopée caractérisant un renvoie: Blurp! Ça continue par ce qu’il est commun d’appeler de la Brit Pop et ça se prolonge jusqu’à nos jours, bon an mal an, après quelques velléités d’indépendance doublé d’une assiduité élastique à produire des albums. Une bagatelle de 12 années se sont écoulées entre l’antépénultième Think tank - 2003 et le petit dernier The magic whip - 2015. 
Et oui, ça c’est BLUR.

1994 Période Fast pour Blur

La période fast du groupe démarre sans conteste avec l’album Parklife en 1994 et son hit planétaire: Girls and boy. Pourtant, ce n’est pas une chanson pop «facile». Son riff de guitare sonne moitié faux et totalement désagréable. La voix cooknéïque d’Albarn y randonne à la limite de la justesse sans rien faire en particulier pour l’atteindre. L’assise basse-batterie, à la marge d’un disco-funk bancal, peut-elle revendiquer à elle-seule la réussite de l’OVNI? 

 Blur : Parklife 


Donner une suite à un tel carton n’est jamais facile. Pourtant, un an plus tard, sur The great escape -1995, Blur double la mise. Il place deux satellites en orbite radiophonique: Country house et Charmless man. Cette fois, la navigation sur partition présente une approche bien plus pop-up, genre «Ob-la-di, Ob la da» (1968) des Beatles. Par la suite, rien ne sera plus écrit aussi simplement, aussi grand public. 

 Blur : Song2


Dernières facilités avant les ornières: Beetlebum et Song 2 sur l’album Blur -1997. Avec Song 2, le groupe fait presque croire à un virage métallique alors qu’il prend fait et cause pour une direction plus expérimentale, résurgence de ballades languissantes mise à part. Lassitude venant, Albarn multiplie les projets parallèles tels que Gorillaz ou The Good, the Bad and the Queen avec l’ex Clash Paul Simonon
Travaux d’aiguilles pour Graham Coxon? Ses Lp solo: qui s’en soucie? Et pour les autres, c'est le néant.

Il est des groupes, comme celui-ci, qui refusent la voie royale toute tracée que leur principal concurrent prendra. Négligeant le verdoyant oasis, Blur lui préfère le désert. Malgré cette mise au vert paradoxale, le groupe maintient un niveau de popularité inconditionnel en Angleterre. Damon Albarn n’a pas grand-chose d’un chanteur mais possède un charisme à toutes épreuves. Nonchalant comme une sorte de Jacques Dutronc, n’est-il pas amoureux de La F. Hardy (CF To the end sur Parklife) qui séduisit en son temps le tout swinging London? 
A part ce fait d’arme… le calme plat. Pour un groupe de son envergure, qu’il soit étiqueté pop ou rock, et contrairement à Oasis, Blur n’est l’objet d’aucune légende urbaine, de déjante hôtelière ou de dégoupillage de groupies. Des miettes dans les tabloïds anglais pourtant à l’affût de la moindre rumeur mensongère. En cela, le quatuor se rapproche beaucoup plus de groupes comme Pulp (Different class - 1995) ou The Divine Comedy (Promenade - 1994), combos qui œuvraient dans les charts concomitamment à leur propre sommet. 

En matière d’influences: The Kinks pour le côté laboring? The Smiths pour le côté référence? Bien difficile à dire. Incontestablement plus Beatles (White album -1969) que Stones, Blur reste une sorte de chose à part, sans look et sans racines. 
A ce titre, dans la mémoire collective, le groupe restera-t-il comme un élément majeur de la pop-music anglaise, tel un pilier? Après une brève enquête auprès d’une population féminine à 95%, âgée de 20 à 25 ans, la réponse semble négative. Les seuls à connaitre Blur et son glorieux passé sont une poignée de garçons approchant la trentaine: «Le groupe me rappelle mon enfance». D’un point de vue plus large, peut-on actuellement affirmer que la pop ou le rock sont majoritairement une affaire de quadra?  Ça ne nous rajeunit pas. 

Thierry Dauge 

mardi 27 juin 2017

Radiohead - Man of War

Radiohead - Man of War

Radiohead
Radiohead

Man of war : un accouchement qui aura duré plus de 20 ans...

Man of war, le titre dévoilé par Radiohead juste avant la sortie de leur tant attendue compil OK NOT OK 1997-2017, histoire de rendre hommage à OK Computer, l'un des albums charnières du groupe, sorti en 1997. Et comme on le sait tous plus ou moins, Radiohead qui depuis pas mal d'années développe une "stratégie commerciale" un peu en dehors du système, mais non moins efficace, a encore créé la surprise en dévoilant la vidéo de Man of war un titre absolument inattendu, histoire bien sûr de nous appâter...  Grosse surprise, d'autant que ce titre dont le fantôme des nombreuses tentatives d'enregistrements avortées flotte au dessus du groupe depuis plus de vingt ans. Man of War n'est pas une chanson quelconque, les aficionados la connaissent parfaitement, et c'est en cela qu'elle apparaît aujourd'hui comme un véritable cadeau. C'est donc l'histoire d'un titre qui aura mis des années à sortir avec en prime une magnifique vidéo réalisée par Colin Read, représentant un homme aux prises avec sa dualité. Entre les apparences du jour et les angoisses de la nuit... le clip dévoile un univers qui oscille entre paranoïa et schizophrénie ...

Radiohead : Man of War


Man of War, un inédit qui avait été écarté de la version définitive de The Bends en 1995, mais que les Fans de Radiohead connaissent depuis longtemps sous le nom de Big Boots. Et il s'agit sans doute de la chanson du groupe de Thom Yorke qui aura connu le plus pénible accouchement.
Après avoir été retirée du choix final pour l'album The Bends en 95, Radiohead de retour en studio en 1997 travaille à nouveau la chanson en compagnie du producteur Nigel Godrich. Le 12 avril 1998, une nouvelle tentative enregistrée cette fois sous le nom de Big Boots finira à nouveau aux oubliettes; idem en 2007... on pensait donc le projet définitivement abandonné.

Man of War (ou Big Boots) est devenu depuis un titre un peu mythique pour les fans de Radiohead, à tel point que le 7 août 2002, lors d'un concert en Espagne à Salamanque, Thom Yorke dans une envolée un peu inhabituelle propose au public de choisir les chansons, et devinez quel titre fut demandé?

Radiohead : Man of War - 2002 Live Espagne




Auguste Marshal

lundi 26 juin 2017

Mick Jones - paroles

Mick Jones - paroles

Mick Jones
Mick Jones

Mick Jones est né Michael Geoffrey Jones le 26 juin 1955 à Brixton. En 1975 il monte son premier groupe les London SS avec avec Tony James (Generation X), mais également Brian James et Rat Scabies futur The Damned. Un an plus tard, en 1976, il fonde  The Clash en compagnie de Joe Strummer, un monument du punk rock qui en quelques années marquera d'une pierre angulaire l'histoire du rock britannique.

Mick Jones : quelques paroles...

"Joe disait la vérité et c’est important. Les gens sont manifestement sensibles à ça". (2005)

"Joe nous a beaucoup appris, tous autant que nous sommes. Mais la leçon la plus importante, et nous en avions conscience, c’était la façon dont il faut se comporter avec les gens. Il aimait les gens. Et j’ai bien plus d’un exemple pour vous en convaincre. Il était tout le temps comme ça. (2005)"

"Le reggae était l’autre musique que les Punks écoutaient. Il n’y avait pas assez de bons disques de Punk, alors les Dj avaient pris l’habitude de compléter leurs sets avec ce qui se passait sur la scène reggae. Don Letts, qui jouerait plus tard avec moi dans Big Audio Dynamite, était l’un des plus connus. Il faisait toujours découvrir aux gens plein de nouveaux disques de Jamaïque. Et à Brixton, où nous avons grandi, il y avait déjà le bluebeat et le ska, et on avait tous grandi avec cette musique dans les oreilles. Comme les Stones, qui à leurs débuts faisaient des reprises des tubes de R&B du moment, les Clash ont fait Police And Thieves. C’était le tube de cet été là. C’est comme ça qu’on s’est retrouvés à le faire. On n’essayait pas de faire du « vrai » reggae, on voulait juste en faire à notre sauce, avec nos racines. Ça sonnait différemment. Rien à voir avec Police et son reggae mou". (1995)

"The Clash est mon album préféré". (1977)

"Toute cette histoire à propos des fans qui viennent nous voir à l’hôtel ou qui passent dans les loges est très importante pour nous. On a une responsabilité envers nos fans, pas seulement parce qu’on veut garder le contact avec eux, mais aussi parce qu’ils ne nous sont pas indifférents. Je pense que nous sommes le groupe qui se préoccupe le plus de ses fans dans ce pays. On ne veut pas vivre leurs rêves à leur place, mais plutôt leur prouver qu’ils peuvent eux-mêmes les vivre". (1978)

vendredi 23 juin 2017

Parquet Courts

Parquet Courts

Parquet Courts
Parquet Courts

Flirtant avec le cynisme et la prose décalée, le frénétique et le titubant, un coté primitif mais ne gâchant en aucun moment l'agréable sonorité : Parquet Courts.

Parquet Courts:
Ils sont dans la lignée de Sonic Youth, du Velvet Underground, avec un son bien garage et un bon air désabusé, s'inspirant d'un bon vieux rock débraillé avec la détermination d'une éjaculation électrique.
Originaire de Brooklyn, formé par les chanteurs-compositeurs Andrew Savage et Austin Brown, Parquet Courts débarque sur la scène du rock indépendant. Ils sont rejoints par le bassiste Sean Yeaton et le batteur Max Savage, le frère cadet d'Andrew, et ils débutent en enchaînant des petits concerts dans les bars, devant parfois quelques personnes... Leur premier concert digne de ce nom aura lieu en décembre 2010.

Parquet Courts : Instant dysassembly




On peut retrouver les premiers enregistrements sur American Specialities leur premier album sorti sur cassette en 2011 chez Cut The Cord That... Records. C'est en 2012 que l'album fut pressé sur vinyle à seulement 300 exemplaires.

Parquet Courts : Black and White


Mêlant l'anxiété, la nervosité, l’exaspération et la nonchalance, s'inspirant de leurs paires ''The Modern Lovers'', Parquet Courts sortent leur deuxième album Light Up Gold, album enregistré en direct sur trois jours à New York en février 2012, sorti chez Dull Tools le 15 août 2012. 
Un album axé rock indépendant et punk.
Parquet Courts
Parquet Courts

2013, Pressage de Tally All The Things That Broke EP. Tiré d'une cassette autodidacte, enregistré en avril 2013 par Jonathan Schenke au Seaside Lounge à New York, Brooklyn.

Enregistré fièrement sur un magnéto quatre pistes K7, cette vieille scie d'indie cred et l'autosuffisance dans l'ère pré-numérique. Reprenant Slide Machine, performance de 13th Floor Elevators (quatrième titre de l'album) et These Boots de Nancy Sinatra (neuvième titre), Parquet sort Content Nausea. Sorti en 2014 Sous le label What's You Rupture? Album rock indépendant.

Parquet Courts : Stoned and Starving


La même année, sortie de Sunbathing Animal. Excellent album variant entre le rock indépendant, le punk et le garage. Sorti chez What's You Rupture? Et Rough Trade.
Transpirant le son rock de New York, mêlant lenteur et frénétisme, avec la sonorité pâle et maléfique du Velvet Underground et du punk, Parquet Courts se déchaîne sur cet album enregistré sur cinq jours avec le producteur Jonathan Schenke.

En 2014, ils forment le groupe PCPC avec leurs compagnons de tournée PC Worship.

En mars 2015, voilà le résultat quand Parquet Courts s'invite au studio de Mr Jack White à Nashville : Live At Third Man Records sorti chez Third Man Records. Album rock indépendant.
Enregistré avec le processus direct d'acétate du studio, cet album comprend une sélection principalement tiré de Sunbathing Animal.

Parquet Courts
Parquet Courts

Cette technique d'enregistrement est une invention de l'ultra créatif Jack White. Le procédé consiste à enregistrer un groupe en véritable Live avec du public, dans ses propres studios à Nashville. Aussitôt enregistré "sur acétate", l'album est pressé la plupart du temps uniquement en vinyle et distribué confidentiellement, Jack White gérant la totalité de la production... Une bonne trentaine d'artistes ont été enregistrés selon ce procédé aussi artisanale que créatif.

Parquet Courts 

 


Le 08 avril 2016, arrivée de Human Performance. Album punk, post-punk, rock indépendant. Sorti sous le label Rough Trade. On sent dans cet album que le groupe ce revêt d'une nouvelle maturité. L'écriture évolue, les mélodies se complexifient et l'on perçoit une plus grande maîtrise de leur son crade et sauvage.

Avec dix sept EP's et six albums à leur actif, on décèle une véritable passion pour la création compulsive et la cadence infernale chez Parquet Courts!

“Cette impression de trop-plein, avance 
le guitariste Austin Brown, c’est une façon pour nous de maintenir une certaine fraîcheur entre nous. En enregistrant beaucoup, 
en publiant sous divers formats de nouvelles chansons, on n’a pas le temps d’angoisser 
et de se poser des questions. On veut que ce groupe demeure une activité vivifiante, pas un truc routinier.”

Les Inrocks

Mike2mike

Folsom - Album Bad Ways

Folsom - Album Bad Ways

Folsom
Folsom

Un groupe aussi rock que surprenant

Folsom, un groupe aussi rock que surprenant de part la diversité de ses origines musicales. Le moins qu'on puisse dire, est qu'on ne les sent pas enfermé dans la mouvance d'un style musicale sclérosant. Il y a chez eux de la technicité, c'est indiscutable, et une énergie de groupe qui transpire à l'évidence. L'écoute de leur premier album Bad Ways sorti en juin 2016, vous le confirmera sans appel: du groove dans tous les sens servi par des musiciens aux horizons divergents,et réunis par une énergie convergente. Il serait effectivement délicat de les définir, tant les émotions traversées à l'écoute de ce disque sont diffuses et généreuses.

Folsom - Cannibal

Folsom - Lp : Bad Ways

Alors, passons direct au ressenti: Bad Ways est un disque aux intensités multiples porté par une réelle puissance musicale et qui nous donne une sévère envie de pousser les meubles, il y a du groove, du gros son électrique, c'est dansant  et en plus, cette musique  exhale la bonne humeur. Si l'énergie de Tom Morello n'est jamais très loin, on pense parfois au Red Hot Chili Peppers, du groove et un goût parfois prononcé pour le funk Rock puissant et charnel, le tout servi par la très chaleureuse voix blues et rocailleuse de Peter Cattet. 
Une petite accroche sur leur bio résume assez bien notre ressenti : "un melting-pot de cousinages musicaux efficaces et rock'n roll".
Bad Ways est un album à écouter intégralement sous peine de manquer une partie de la subtilité de ce quatuor parisien. Le premier LP de Folsom nous entraîne au travers d'un univers aux nuances musicales parfois élastiques et qui pourtant se resserrent de façon surprenante autour d'un fil conducteur... je ne crois pas trahir l'esprit de Folsom en évoquant le Groove et la puissance du Rock, le reste n'est que "cerise sur la gâteau".
L'album est en vente sur leur site internet: Folsom Web Site
et sur Bandcamp:



Auguste Marshal

jeudi 22 juin 2017

Punk et New Wave 1976-1978


Punk and New Wave 1976-1978

 The Way They Were : documentaire 1976-1978

 

Ce documentaire version d'époque, parcourt les années Punk et New Wave dans un créneau évidemment très ciblé: 1976-1978.  Diffusée sur la chaîne de télé britannique Granada TV, il représente un formidable  témoignage de cette période créative, effrénée, délirante.
On y retrouve entre autres les Sex Pistols, Elvis Costello, Buzzcocks, John Cooper Clarke, Iggy Pop, Wreckless Eric, Ian Dury, Penetration, Blondie, Fall, Jam, Jordan, Devo, Tom Robinson Band, Johnny Thunders, Elvis Costello, XTC, Jonathan Richman, Nick Lowe, Siouxie and the Banshees, Cherry Vanilla and Magazine. La qualité des images elle aussi est d'époque... Passé cette première impression, on y redécouvre de véritables moments d'anthologies.

mardi 20 juin 2017

Keith Richards - Words

Keith Richards - Words

keith richards
Keith Richards

Quelques citations de LIFE, auto-biographie Rock'n'Roll signée Keith Richards.

"J'ai jamais eu de problèmes avec les drogues, seulement avec les flics".

Keith Richards
"Mick et moi on n'est peut-être pas des amis "trop de frottements et d'usure pour ça" mais on est proches comme des frères, et c'est quelque chose qui ne peut être brisé. Comment peut-on décrire une relation qui remonte si loin ? Les meilleurs amis restent des amis. Mais les frères se battent entre eux. Je me suis senti trahi, Mick le sait très bien, même s'il ne mesure pas bien la profondeur de ce sentiment. Mais c'est du passé, tout ça s'est produit il y a très longtemps. Je peux dire tout cela, parce que ça vient du cœur. En même temps, je ne laisserai jamais personne dire quoi que ce soit contre Mick en ma présence. Je lui trancherais la gorge."

"On me demande souvent : "Pourquoi tu ne t'arrêtes pas ?" Je prendrai ma retraite quand j'aurai cassé ma pipe. Je crois qu'ils ne calculent pas vraiment ce que la musique représente pour moi. Je ne fais pas ça pour l'argent, ni pour vous. Je fais ça pour moi".

"Une chanson doit venir du cœur. Je ne réfléchissais pas. Je prenais la guitare ou je me mettais au piano et je laissais venir les idées. Et il me venait toujours quelque chose. Et si ça ne venait pas, je jouais les chansons de quelqu'un d'autre. Je n'ai jamais connu de moment où je me suis dit : "Maintenant je vais écrire une chanson."


"Il n'était pas souvent là, mais quand il se pointait, c'était miraculeux. Quand il revenait à la vie, il était incroyable. Il pouvait ramasser n'importe quel instrument qui traînait par là et en tirer quelque chose. La sitar sur "Paint it black", la marinha sur "Under my thumb". Mais après le fils de pute disparaissait pendant cinq jours et il fallait finir le disque. On a programmé des séances : où est Brian? Introuvable, et quand on mettait enfin la main sur lui, il était dans un état lamentable."

vendredi 16 juin 2017

The Professionals - Ex-Sex Pistols

The Professionals

The Professionnals - Ex-Sex Pistols
The Professionals - Ex-Sex Pistols

Que devient-on quand on a été un Sex Pistols?


Il faut savoir qu’à l’instar des Ramones, les Sex Pistols se détestaient. Quand le groupe se sépare, Johnny Rotten part vers de nouvelles aventures, Sid vicious décède d'une overdose le 2 février 1979, alors que Paul Cook et  Steve Jones se lancent dans la réalisation d'un nouveau projet: The Professionals.
Mais avant cela, et pour les besoins d’un film: Ladies and gentlemen, The Fabulous Stains, nos deux compères forment un groupe éphémère: The Looters, auquel vient se greffer le bassiste des Clash Paul Simonon. Et oui, vous avez bien lu, un groupe "Sex pistols-Clash" a bien existé... il ne manquerait plus qu’on apprenne que Joey Ramone était au chant...
Après cet éphémère line-up, le groupe prend son envol avec le bassiste Andy Allan. Ce même Andy qui jouait sur Silly Thing et sur Lonely Boy des Pistols. The Professionals sont signés chez Virgin et le groupe sort son premier single Just another dream en 1980.

Just another dream en 1980 


Second single - The Professionals :  One-Two-Three

One-Two-Three

Mais Andy Allan n’ayant pas de contrat dans leur maison de disque, le projet avorte rapidement. Un nouveau line-up voit le jour avec le bassiste Paul Myers des Subway Sect et le guitariste Ray McVeigh. Les titres sont réenregistrés et leur album I didn’t see it comin sort en novembre 1981. Malheureusement un grave accident de voiture survenu durant la tournée américaine mettra un terme à l'aventure.

The Professionals : The Magnificient


Après une période de répits, The Professionals tentent un retour avec une ultime tournée en 1982, mais les problèmes de drogue de Jones finissent par anéantir le projet: ils se séparent au pire moment, allant jusqu'à décliner l’invitation de The Clash à ouvrir leurs concerts… Aux dernières nouvelles, un album serait en préparation pour 2017. A suivre...

Les Looters, Steve Jones à la guitare, Paul Cook à la batterie et Paul Simonon à la basse... légendaire!


Anecdote et clin d’œil, en 1994 sortait un titre qui a bien marché, A girl like you, d’Edwin Collins, avec derrière les fûts et au vibraphone: Paul Cook.



Etienne Frelet

jeudi 15 juin 2017

Alice Cooper

ALICE «entertain» COOPER - Groupe ou artiste?

Alice Cooper
Alice Cooper

Trucidé publiquement d’innombrables fois par des moyens spectaculaires:

Alice coupe «her» …self? Vu le nombre de fois où il s’est fait guillotiner sur scène, ce jeu de mots le corsette à merveille! Votre serviteur serial blagueur comme l’homo-khol serial killer ? Être dans ce cas m’isole?… Stop! Alice, groupe de rock érosif, parfois progressif, baptisé Cooper puis devenu pseudonyme du chanteur jouant en groupe un rock épaissi.

Ce qu’on peut par contre affirmer, c’est que de Pretties for you (1969) à nos jours, la Bête bouge toujours et de belle manière. S’il reste difficile de rattacher sa production à un genre musical, l’imagerie ou la scénographie le caractérise comme l’initiateur de l’horror rock. Initiateur? Pas forcément, des artistes solos l’ont précédé dans ce domaine, des gens comme l’afro-américain Screamin Jay Hawkins ou Screaming Lord Sutch, son pendant anglais.
«Primo-infection» ou pas, Alice, l’homme, est certainement le seul à avoir été trucidé publiquement d’innombrables fois par des moyens spectaculaires: pendaison, guillotinage ou électrocution, sans compter ses résurrections via un écran magique. Alice Cooper, l’artiste dont on peut dire qu’il interprète véritablement sa musique. Non content de livrer des spectacles grandguignolesques en Diable, le croque mitaine a également soigné les pochettes de ses disques.

Alice Cooper : Under my wheels


Dès 1971, et l’album Killer, il gadgétise ses enregistrements. Pour celui-là, un calendrier le représente pendu. Pour School’s out (1972), la pochette se transforme en bureau d’écolier et le disque est emballé dans une petite culotte. Pour Billion dollars babies (1973), la pochette prend la forme d’un portefeuille qui contient un méga billet d’un billion de dollars ainsi qu’une planche de vignettes détachables à l’effigie du groupe. Pour Muscle of love, le contenant est une boîte en carton. Pour From the inside (1978), la photo de l’affreux s’ouvre en deux sur un service psychiatrique. Au dos, une issue à double battants laisse s’échapper notre client. Pour The last temptation (1994), un tirage limité inclus carrément une BD qui retrace l’histoire de Steven, enfant/personnage récurrent chez le Coop depuis Welcome to mynightmare (1975). Enfin, et pour être exhaustif (autre chose ?), un pressage vinyle de Brutal planet (2000) sort en 2011 où le 33 est contentionnée dans une camisole de force. Ouf!

Alice Cooper - BD
Alice Cooper - BD
Très proche (voire carrément) du Hard Rock, le groupe ou l’artiste ont toujours présenté des talentueux six-cordistes et autres âmes pensantes au service de mélodies addictives. Ainsi, les deux premiers Lp sont signés sur le Label Straight Records, propriété d’un autre savant fou: Frank Zappa. Si les 6 premières galettes raisonnent des Gibson SG de Glen Buxton & Michael Bruce, dès la 7ème Wagner & Hunter, tout droit sortis d’une tournée avec Lou Reed, prêtent leurs talents. Ils servent de concert jusqu’à Lace and whiskey (1977) puis Hunter quitte l’antre infernal. Wagner reste en poste jusqu’en 1983 et Dada, épaulé par un certain Steve Lukather sur From the inside (1978), guitariste de studio qui formera sous peu Toto, et par John Nitzinger sur Zipper catches skin (1982) ex leader du groupe à son nom qui sortit trois fabuleux Lp: Nitzinger (1972), One foot in history (1973) et Live betterelectrically (1976). Après une pause de trois années consacrées à un sevrage alcoolique, le début des 80’s le voyait blanc comme un linceul et épais comme un sandwich SNCF - dixit Renaud Séchant -  Alice Cooper reprend la route avec une bande de musiciens bodybuildés, dont Kane Roberts à la planche, pour une sorte de Heavy Metal mal goupillé et dépourvu de l’étincelle initiale. Sortent Constrictor (1986) et Raiseyourfist and yell (1987).


Alice Cooper
Alice Cooper
Enfin, sous la férule de Desmond Child «tout ce que je produis devient de l’or», Cooper sort du purgatoire avec Trash  (1989) et plus particulièrement Poison, son titre multiplatiné. Deux ans plus tard, sur Hey stoopid, Joe Satriani vient prêter main forte et ça le fait! J’en profite d’ailleurs en me rendant pour ma première fois à la grande messe. Souvenir impérissable! Plus moyen de lui échapper live par la suite. En 1994, le défunt chanteur de Soundgarden, Chris Cornell, vient lâcher son organe de stentor. Une seconde pose discographique se fait. Le retour, au tournant du siècle, sonne métalliquement Trash. Brutal planet (2000) signe le début d’une nouvelle collaboration musicale avec un guitariste nommé Ryan Roxy. En 2003, avec The eyes of Alice Cooper, la musique renoue avec les 70’s pour un dirty rock inventif et mélodique. Enfin, dernière production jusqu’à ce jour, Welcome 2 mynightmare (2011) donne une suite au 1er Lp solo (1975) de l’artiste crayonné. Deux vieilles connaissances y triturent des cordes: Hunter et Bruce, de retour à la maison pour soigner leur vieux camarade.

Alice Cooper : Hey Stoopid


Question: Alice Cooper a-t-il procréé? Son succès et sa longévité ont-ils généré des clones? Dès 1974, deux postulant frappent à la porte: Brian de Palma avec Phantom of Paradise, son remake très Coop’s du Fantôme de l’opéra et … Kiss! Il y a fort à parier que leur Psycho circus (titre du Lp sorti en 1998) ait trouvé ses racines au pays d’Alice et de ses merveilles. En 1975, une autre pellicule braque sa caméra sur le groupe, il en ressortira The Rocky Horrorpicture show, anecdotique à l’époque, cultissime aujourd’hui. Par la suite, que dire de Marilyn Manson qui vient provoquer la ménagère avec Antichrist superstar (1996)? Maquillage, outrances scéniques, musique musculo-barrée: nous y sommes, et ça fait du bien! Encore plus récemment, et pour ne citer que le plus bruyant: Rammstein, les adeptes de la Ruhr, sauveteur à eux seuls de la sidérurgie allemande. A mon sens, la filiation reste ouverte et le double diabolique de Vincent Furnier, son véritable nom, enfantera encore…
Alice Cooper
Alice Cooper

Alors, pour ou contre, icône kitsch, pantomime déplorable, innov’inventeur d’un style musico-visuel?

En matière de hit, Sir Cauchemar assure royalement. Voici quelques gribouillis délicieux à écouter en priorité: I’m eighteen + Under my wheel (1971), School’s out (1972), No more Mr nice guy + Elected + Billion dollar babies (1973), Welcome to my nightmare + The black widow + Only women bleed (1975), Go to hell + I never cry (1976),  It’s hot tonight (1977),  Poison (1989), Hey stoopid + Feed my Frankenstein (1991), It’s me (1994). Pour terminer: Brutal planet + Wickedyoung man (2000). 
Si vous prenez le temps d’aller assister à un show d’Alice Cooper, vous pourrez déguster un boisseau de ceux-là. Ne tient plus qu’à vous de faire la démarche… Vous souhaitez qu’on en discute? Rendez-vous le 7 décembre 2017 à l’Olympia!

Thierry Dauge

Wayne's World avec Alice Cooper


mercredi 14 juin 2017

Les Inveteres du Rock 14 juin 2017

Les Inveteres du Rock Podcast du 14 juin 2017

Emission Radio Rock - Le Rock indépendant et les légendes du Rock

Podcast 14 juin 2017


Les Inveteres du Rock
Les Inveteres du Rock

L'émission radio: Les Invétérés du Rock diffusée chaque mercredi à 19H00 sur Radio Cultures Dijon et en Podcast sur le Blog!


Facebook de l'émission : Les Invétérés du rock
Play List: 

    Cantharide, The Batmen, Shredded Ermines, Les Shifters, Kid Pharaon, les Thugs, Blond, Popincourt.

      RadioShow : Les Invétérés du Rock. Le Rock indépendant des années 70' à nos jours et les légendes du rock - Anecdotes, stories, clin d’œil, infos et humour Rock! Émission de radio en liaison avec le Blog Rock Auguste Marshal.
      Présenté par Auguste Marshal
      https://www.facebook.com/Augustemarshal/ 

      Radio Cultures Dijon Les Invétérés du Rock, une émission de radio diffusée chaque mercredi 19h 20h sur Radio Cultures Dijon 100 Fm

       

       

       

       

       

       

      Like a Rolling Stone - Bob Dylan

      Like a Rolling Stone - Bob Dylan

      Bob Dylan
      Bob Dylan

      "Un poème est une personne nue... Certains disent que je suis un poète." - Dylan


      1965 - Bob Dylan vient de terminer une tournée en Angleterre, il est au prise avec une grave crise existentielle et se demande s’il ne va pas tout arrêter. Il prend alors la plume afin de cracher le venin qui le ronge. Une véritable catharsis qui s'exprimera sous la forme d'un texte de plus d’une dizaine de pages dont il se servira ensuite pour construire ce véritable chef d’œuvre qu’est la chanson Like A Rolling Stone. Dylan évoquant le contenu de ce texte brutal mais libérateur le qualifiera plus tard de "diarrhée littéraire".
      "Le poème était long de dix pages. Il n'y avait pas de titre, juste des vers sur une feuille de papier à propos de ma haine incessante envers quelque chose de bien précis, c'était brutal. À la fin, ce n'était plus de la haine, ça disait aux gens quelque chose dont ils ne savaient rien, leur apprenant qu'ils avaient beaucoup de chance. Une revanche, plus précisément. Je ne pensais pas du tout en faire une chanson, jusqu'au jour où, je me suis retrouvé assis à mon piano, chantant à un rythme très lent How does it feel?."
      Bob Dylan
      Évidemment, la chanson Like A Rolling Stone n’a rien à voir avec les Rolling Stones, le titre est en réalité un clin d’œil à une chanson dans laquelle Hank Williams chante "I’m A Rolling Stone, I’m Alone and Lost".
      Il faut par ailleurs réaliser qu’à l’époque il s’agit d’un véritable virage Rock pour Bob Dylan. Quand il se met à jouer Like A Rolling Stone en 1965 sur la scène du festival folk de Newport, il se fait littéralement huer par un public de folkeux qui lui demande alors d’arrêter de jouer avec le groupe. Évidemment, Dylan continuera de plus belle... Cette partie de sa carrière est souvent relatée comme une période de désintéressement de la part d'une bonne partie de ses fans, pourtant Daniel Ichbiah dans son livre Rock Vibration relate les commentaires de Bruce Jackson, l'un des organisateurs du Festival Folk de Newport. Ayant réécouté les enregistrements du concert, il affirme que le public ne s'est pas emporté à cause de la tournure électrique qu'avait pris le concert de Dylan, mais suite à sa très courte prestation scénique, trois chansons seulement, ce qui était la règle de ce festival.

      « De la même façon qu’Elvis a libéré votre corps, Dylan a libéré votre âme. Il a inventé un nouveau son pop, a transcendé les limites de ce qu’on pouvait jusqu’alors enregistrer, et il a changé la face du rock’n’roll pour toujours ». 
      Bruce Springsteen

      Like a Rolling Stone : No direction Home - Bob Dylan


      Like a Rolling Stone est une révolution dans la carrière musicale de Bob Dylan, mais également une révolution musicale a elle seule. Un titre d'une longueur inhabituelle, hors format pour les radios, dans un premier temps refusé par Columbia, doté d'un orgue hammond mixé bien au dessus du volume standardisé. Ce titre finalement atypique maltraite volontairement les codes de l'époque, il est également grandiose de mélodie pop rock grâce à ce refrain entêtant qui sied admirablement bien à sa voix. Avec Dylan, on évoque régulièrement le talent du poète mais il faut également souligner l'inspiration du compositeur, capable de décrocher en quatre accords basiques, la timbale d'un succès intergénérationnel à l'instar d'un Knockin'on Heaven's Door, harmonisant son génial sens de la mélodie dans le flux d'une simplicité musicale aussi essentielle que déconcertante.

      Like A Rolling Stone - Jimi Hendrix


      En 2004, le magazine américain Rolling Stone a élu la chanson Like A Rolling Stone meilleur morceau de tous les temps. Après avoir été dans un premier temps refusé par les médias de l'époque, Like a Rolling Stone connu un succès incroyable même en radio, malgré sa durée interminable de 6 minutes 13 dans sa version complète. Like a Rolling Stone fut d’ailleurs repris par de nombreux artistes, on peut citer notamment Hendrix, les Rolling Stones ou encore Bob Marley.

      Le manuscrit initial de Like A Rolling Stone a été vendu au prix record de deux millions de dollars lors d'une vente aux enchères chez Sotheby's à New York le mardi 24 juin 2014.
      "Le saint Graal de la chanson du rock a légitimement décroché le titre du manuscrit de musique le plus cher au monde vendu aux enchères", a déclaré le commissaire de la vente Richard Austin.
      Une "diarrhée littéraire" (dixit Dylan) qui en aura finalement bouché un coin!

      Like a Rolling Stone : Highway 61 Revisited - Août 1965 -


      Auguste Marshal

      samedi 10 juin 2017

      The Clash - White Riot

      The Clash - White Riot

      The Clash - White Riot
      The Clash - White Riot

      "Tu prends le pouvoir ou tu reçois des ordres?" 

      Joe Strummer - White Riot 

      White Riot le premier single de The Clash publié en 1977 est une chanson, dense, courte et tendue. Un véritable hymne de Clash, assez fortement inspiré musicalement par l'esprit des Ramones... Trois accords plaqués, précédés dans la version originale par un "one - two - three - four" de Mick Jones, probablement en forme de clin d’œil. Beaucoup plus connue, la seconde version sortie deux ans plus tard, débutera elle par une sirène de police.

      Les paroles de White Riot sont inspirées par les émeutes de Notting Hill dans l'ouest de Londres le 30 août 1976. Ce carnaval qui était à l'origine une célébration de la culture caribéenne se transforme rapidement en carnage. A la suite de l'arrestation d'un pickpocket, une violente bagarre éclate entre la foule et les policiers blancs. Une centaine de policiers et une soixantaine de spectateurs sont hospitalisés. Joe Strummer, Paul Simonon, et leur manager Bernie Rhodes sont dans la foule, témoin de cet affrontement qui inspirera l'année suivante l'écriture du premier single de Clash: White Riot.
      Stigmate de cet évènement, la photo au dos du disque montre des policiers casqués en train de poursuivre une bande d'émeutiers.

      The Clash : White Riot


      La dimension sociale et ethnique du texte conduira Joe Strummer à s'expliquer de nombreuses fois concernant la signification des paroles, indiquant qu'il n'appelait ni à la violence, ni au racisme, mais qu'il  invitait plutôt la jeunesse blanche à se rebeller pour une véritable cause.

      Dans une interview au NME, Joe Strummer déclare:
      "La seule chose que nous disons sur les noirs est qu'ils ont leurs problèmes et qu'ils sont prêts à y faire face. Mais les hommes blancs, ils ne sont tout simplement pas prêts à y faire face. Trop douillet. Ils ont des stéréos, des drogues, des hi-fis, des voitures. Les pauvres noirs et les pauvres blancs sont dans le même bateau"
      The Clash
      The Clash
      Par la suite, White Riot qui fut parfois prétexte à déclencher des échauffourées lors des concerts, fut également une source conflictuelle pour le groupe, Mick Jones refusant parfois de la jouer sur scène. 
      Joe Strummer et Mick Jones ont pourtant joué ensemble White Riot une dernière fois le 15 novembre 2002 lors d'un concert de soutien aux pompiers de Londres. Mick alors dans la salle pour cette prestation de Joe avec The Mescaleros, monte alors sur scène en plein milieu de Bankrobber. Ils joueront également London's Burning et White Riot
      Ironie de l'histoire, Joe Strummer décède un mois plus tard des suites d'une maladie cardiaque jamais diagnostiquée, le 22 décembre 2002. 
      Auguste Marshal
       

      White riot, I wanna riot
      "White riot, a riot of my own [...] - Black people gotta a lot of problems
      But they don't mind throwing a brick White people go to school
      Where they teach you how to be thick [...] Are you taking over?
      Or are you taking orders?

      Emeute blanche, je veux une émeute - Emeute blanche, une émeute à moi [...] Les Noirs ont plein de soucis
      Ça ne les empêche pas de jeter des pavés - Les Blancs vont à l'école -
      Où on leur apprend à devenir gras [...]
      Tu prends le pouvoir? Ou tu prends des ordres?"



      vendredi 9 juin 2017

      David Bowie - Hunky Dory - 1971

      David Bowie - Hunky Dory - 1971

      Bowie - Hunky Dory
      Bowie - Hunky Dory
      En quelle année sommes-nous? 1974 ou 1975? Pourtant, ce disque est sorti en 1971... le temps des Sardou, Cloclo, Johnny ou encore des Osmond Brothers. Souvenir: Europe 1 et RTL sur le poste de radio familial. Bref, 1974 ou 1975 ou encore plus tard. La relation qui m’unit ces jours-ci à Mr Bowie commence sur le grill. Un problème de contexte. Pas assez bruyant dans le jus de l’époque. Et puis, il y a un faux-poteau qui déifie l’homme vairon tout autant qu’il dénigre Queen, mon vignoble, le sang dans mes veine. Ça nous garantit un Everest d’incompréhension mutuelle. Au mois d’octobre 1981, Queen et Bowie réunissent nos paroisses avec Under Pressure. Ce titre reflète bien l’état dans lequel nous nous mettions dix ans plus tôt.

      «Vous n’allez pas encore rester là-dedans toute la journée à écouter votre musique? Sortez dehors prendre l’air!». A la mi-temps des années 70, donc. Un copain m’ouvre cette voix et c’est celle de sa mère qui nous interpelle, nous invitant à cesser de vivre repliés autour de notre passion: Hunky Dory
      Depuis: Life on Mars
      Je considère ce titre comme une des plus magnifiques chansons jamais écrites et composées: mélodie, vocaux, musique et arrangements. A son écoute, le gamin de douze ou treize ans gagne des sommets: le crescendo des couplets, le refrain à l’emphase symphonique, le solo de guitare imparable jusqu’aux quelques notes finales de piano. Cette fin en forme d’intro incite à reposer l’aiguille au début du sillon. L’équilibre parfait.

      Hunky Dory - Bowie
      Bowie - Hunky Dory
      L’ensemble du disque, de ch, ch, ch, ch, Changes jusqu’aux «Bewlay Brothers» via Quicksand et Oh ! You pretty things, donne une impression de complétude, de règle d’or musical. Le fait de l’avoir écouté des centaines de fois y est certainement pour quelque chose mais quand même! L’album s’écoute d’une traite avec juste une pause obligée, le moment où la face A se termine. Alors, subtilement, l’auditeur intervient pour retourner le vinyle et engager le saphir au début de la face B. Sur celle-ci, il y a le riff de Queen bitch auquel les Sex Pistols doivent tout leur répertoire. Une référence!

      Bowie : Changes - Live Olympia - 2002


      Il va pourtant s’écouler des années avant que je n’acquière ce vinyle. De fait, comme tant d’adolescents, je vire Heavy Metal. En bon intégriste, les autres genres musicaux deviennent proscrits. Finalement, au début des 90’s, je pioche une réédition dans le linéaire d’un grand magasin. Sur cette dernière, pourtant made in RCA, Life on Mars sonne petit bras! La comparaison avec le 45 tours original est sans appel. Il faut corriger le tir, retourner vers le passé, se procurer un exemplaire RCA / Victor de 1971. C’était facile et ce fut fait.

      David Bowie : Life on Mars?


      Au sujet de Hunky dory, une question se pose encore: qui est réellement responsable du son et, au-delà, de ce qui fait que cet album mérite d’être placé au sommet des choses jamais enregistrées? Les compos sont de Bowie. Ok, et le reste? Combien de bonnes chansons figurent aux abonnées absentes du fait d’une production transparente ou d’arrangements inappropriés? Alors? Le parallèle avec Transformer de Lou Reed, produit par Bowie et Mick Ronson, parait intéressant. On remarque des similitudes au niveau des arrangements de cordes ou, pour le moins, des lignes d’harmonies. Point de Ken Scott (producteur de Hunky Dory) sur ce disque-là. Je tente une deuxième comparaison avec un autre 33 tours de Bowie. Dans une interview sur ce qui fait de «Ziggy Stardust …» un grand album, le sieur Scott précise qu’à un moment donné, il ne se rappelle plus qui a fait quoi pour en arriver-là: ce coup d’éclat. Mon point de vue est qu’un certain Mick Ronson n’a peut-être pas été pour rien dans ce qui fait la magnificence d’Hunky Dory ainsi que dans celle des deux albums qui suivent: The rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars - 1972 - et Aladdin Sane - 1973. Qui saura nous dire? Cabrel (joke!). Personne. Bowie et Ronson, frappés par un mal qui ignore le talent, nous ont quittés… Le 10 janvier 2016 restera à jamais et pour toujours une triste journée. 

      Bowie


      Je n’ai vu David Bowie en concert qu’une unique fois : le 20 octobre 2003 à Paris Bercy. Eh bien, trente-deux années plus tard, majestueuse dans son nouvel écrin, Changes était toujours sur la playlist. Et le reste de la prestation brillait du même éclat que ce joyau-là.

      Thierry Dauge

      jeudi 8 juin 2017

      Cantharide - Nouvel album - So Many Ways

      Cantharide - Nouvel album - So Many Ways

      Cantharide
      Cantharide

      Un condensé de rock incisif, tout en énergie, servi par des mélodies tenaces

      So many ways est le troisième album du groupe Cantharide, un album auto-produit qui pour nous résonne en forme de coup de cœur. 
      Cantharide, un nom emprunté tel un clin d’œil humoristique à un fameux insecte qui, une fois apprêté, peut devenir parait-il un puissant aphrodisiaque. Ce groupe français originaire de Charente-Maritime est emmené par leur leader Pierre Chaissac, chanteur, guitariste mais également auteur compositeur inspiré dont la voix nous entraîne dans un univers pop aux mélodies enlevées et aux refrains accrocheurs... un régal.

      Rencontre avec Pierre Chaissac - Cantharide


      Les compos de ce nouvel album So many ways nous dévoilent un condensé de rock incisif, tout en énergie, servi par des mélodies tenaces, soutenu par des riffs et des références indéniablement maîtrisées. Un album profondément imprégné de sonorités rock-pop, parsemé tantôt des vibrations lourdes, rock et épaisses, tantôt des ballades limpides au son cristallin. A la première écoute de Cantharide, on ressent l'héritage d'Hüsker Dü, de Neil Young, mais également de la scène rock française des années 80 à 90'. C'est un peu comme si nous étions revenus à l'époque Closer Records (première mouture), lorsque le paysage tendance Rock Pop indépendant français était représenté par Kid Pharaon, les Mister Moonlight, Shifters, ou autres Shredded Ermine's. Et si on cible ainsi les principales influences du groupe, on rajoutera chez Cantharide une véritable maturité et une bonne dose de modernité dans les compos et dans le son.


      Cantharide qui était justement distribué par Closer sur le précédent album, se retrouve ici avec l'album So many ways en auto-production, et le résultat n'en demeure pas moins épatant. Car c'est également l'une des caractéristiques frappantes à l'écoute de ce disque réalisé en quasi autarcie, la production demeure extrêmement soignée, grâce à une petite équipe de passionnés que Pierre Chaissac qualifie amicalement de "petite communauté".

      Cantharide
      Cantharide
      Un style rock pop qui fait place aux mélodies racées et à l'émotion débordante. Et même si la couleur musicale reste malgré tout profondément portée par une énergie rock vivifiante, je reste pour ma part scotché devant la limpidité émotionnelle qui émane de certaines ballades. Écoutez pour vous en convaincre: Everybody's Dorian Gray ou encore Times of destruction... et laissez vous portez par le rêve.

      Auguste Marshal 

      mercredi 7 juin 2017

      Les Inveteres du Rock 07 juin 2017

      Les Inveteres du Rock Podcast du 07 juin 2017

      Emission Radio Rock - Le Rock indépendant et les légendes du Rock

      Podcast 07 juin 2017


      L'émission radio: Les Invétérés du Rock diffusée chaque mercredi à 19H00 sur Radio Cultures Dijon et en Podcast sur le Blog!
      Les Invétérés du Rock
      Les Invétérés du Rock

      Facebook de l'émission : Les Invétérés du rock
      Play List: 

        Undertones, Acdc, Rolling Stones, Radiohead, Brigitte Fontaine, Nirvana, Buzzcocks, Kid Pharaon, Jeff Buckley, Plimsouls, Placebo, Red Hot chili peppers.

          RadioShow : Les Invétérés du Rock. Le Rock indépendant des années 70' à nos jours et les légendes du rock - Anecdotes, stories, clin d’œil, infos et humour Rock! Émission de radio en liaison avec le Blog Rock Auguste Marshal.
          Présenté par Auguste Marshal
          https://www.facebook.com/Augustemarshal/ 

          Radio Cultures Dijon Les Invétérés du Rock, une émission de radio diffusée chaque mercredi 19h 20h sur Radio Cultures Dijon 100 Fm

           

           

           

           

           

           

          mardi 6 juin 2017

          Buzzcocks - Paroles

          Buzzcocks - Paroles

          Buzzcocks
          Buzzcocks
           "Le punk était un moyen d’exprimer en musique des choses dont on ne parlait pas. Il y avait un vocabulaire pour les chansons – Ooh, baby, baby – et un autre qui décrivait nos vies. Le punk balayait tous ces faux-semblants et parlait de façon honnête. C’était libérateur".

          (Pete Shelley - chanteur - guitariste des Buzzcocks)

          Les Buzzcocks de Manchester

          Buzzcocks s'ouvrent à la scène en 1976. Au départ, le groupe naît de la rencontre à l'université entre Pete Shelley et Howard Devoto. L'un est admirateur de T.Rex, l'autre est fan du Velvet Underground. Abasourdis par un concert des Sex Pistols à Londres, ils réussissent à les faire venir à Manchester le 4 juin 1976. Le projet initial était de faire leur première partie, mais Buzzcocks formé deux mois plus tôt n'est pas dans le bon timing. Ils vont pourtant le faire ce concert, en juillet lors du second passage des Pistols, après avoir recruté à la va vite, un certain Steve Diggle. Ils se feront également connaître aux côtés de The Clash et notamment grâce à leur participation au festival punk organisé au 100 Club à Londres par Malcolm Mac Laren. Ils auront la chance de s'y produire aux côtés des Damned, Vibrators et Stinky Toys le 22 septembre 1976. Le groupe se séparera une première fois en 1981. Alors qu'on les croit définitivement aux oubliettes, il refont surface en 1989, puis en 2013 au Helfest, et dernièrement une tournée intitulée Buzzcocks 40: 40 ans de punk Rock, bien entendu.

          Buzzcocks : Ever Fall in Love

          The BoomTown Rats - Lp : The fine art of surfacing

          The BOOMTOWN RATS - The fine art of surfacing - 1979

          The BoomTown Rats
          The BoomTown Rats

          Comment adhère-t-on à un groupe ou à un album? Comme pour beaucoup, par une chanson entendue à la radio ou via une musique dite d’ambiance, chez le coiffeur, dentiste, ou autre médecin…, par le bouche à oreille, une chronique dans un magazine, une soirée passée chez des amis ou ailleurs… Pour ma part, c’est une radio anglaise qui joua ce rôle:  Radio One, don’t stop music, captée sur un petit transistor pendant des vacances estivales. Cet été-là, I don’t like Monday trustait la tête des charts en concurrence avec Is she really going out with him? de Joe Jackson, My sharona de The Knack ou Don’t bring me down d’Electric Light Orchestra, du lourd en matière de pop-music.

          The Boomtown Rats
          The Boomtown Rats

          The BOOMTOWN RATS - LP : The fine art of surfacing – 1979

          L’écoute de cet album fait naitre un étrange sentiment. Sorti en pleine année punk, il en présente les stigmates. Or, le punk, même s’il fut parfois pratiqué par de très jeunes adeptes, n’a rien d’infantile. A l’image, le fil conducteur qui anime The fine art of surfacing n’a pas lieu d’être catégorisé comme tel. Aldebert, artiste français qui écrit en ce sens tout en assurant un traitement mature à ses compositions, illustre, quant à lui, parfaitement le propos. Je livre cet exemple pour affirmer que, sur sa carte d’identité, l’album des Rats est majeur. Commercialement s’il en est, la cible de l’un et de l’autre s’apparente au grand-écart. Et puis: tapons du poing sur la table! Assez de genre, de type, de toutes ces classifications qui servent les sodomies d’insectes et les querelles de clocher. The fine art of surfacing? De la pop dorée sur tranche en libre dégustation. De la naissance au trépas: à consommer chaque fois que l’occasion en est donnée. 

          The BoomTown Rats : Someone's lookin at you


          Le son. Voilà la véritable force de cet album. A la production: Robert John «Mutt» Lange, le bucheron canadien. En 1979, il produit également le disque qui va le propulser golden-producer : Highway to hell, d’AC/DC. Si, par la suite, il devient le chantre de la batterie marteau-pilon avec le  4  de Foreigner, voire monolithique avec Hysteria de Def Leppard, il n’en est rien pour The Boomtown Rats. Cataloguer quelqu’un pour la qualité de son travail relève de la pauvreté d’esprit. L’album d’AC/DC sort le 27 juillet1979. Le 1er single extrait de cet album: I don’t like monday, sort le 21 juillet de la même année. Les deux disques ont donc été produits dans la foulée. Ainsi, si Lange limitait son art à du gros son, on aurait retrouvé un travail similaire sur les deux galettes. Il n’en est rien. Le son de The fine art of surfacing est dynamique, d’une clarté cristalline. Si la batterie est redoutable d’efficacité, octane pulsatif, les autres instruments y raccrochent leurs propres essences, le carburant final présentant un assemblage où la lecture de chacune des partitions précipite l’aiguille des vumètres en zone rouge.

          The Boomtown Rats: Diamond Smiles


          The Boomtown Rats est connu entre autre pour son chanteur Bob Geldof, en lien avec deux faits d’arme extérieurs au groupe. La première touche au cinéma: une prestation remarquée en tant qu’acteur. Il tient le premier rôle dans le film The Wall (sorti en salle en 1982), d’Alan Parker, sur un scénario de Roger Waters, l’ex âme pensante et maintenant damnée de Pink Floyd. Coïncidence, l’album éponyme du Floyd est sorti en 1979, la même année que l’objet de cette chronique. La deuxième raison est people. En 1984, il réunit le Band Aid, somme de célébrités du milieu musical anglais qui réalise un 45 tours dont les bénéfices sont destinés aux victimes de la famine qui sévit alors en Éthiopie. Comme la chanson cartonne auprès du public, un double méga concert est organisé un an plus tard, en 1985, au stade de Wembley pour la partie anglaise et à Philadelphie pour la partie américaine. Bob Geldof y fait vibrer sensiblement ses cordes vocales en solo (où est le groupe?). Ailleurs, en studio, pour l’enregistrement de The fine art of surfacing, qu’en est-il de son brin de voix? Atypique est un qualificatif qui lui sied. Il s’agit d’une sorte d’ânonnement, parfois à la limite de la justesse, timbre dentelé qui béquille au pays des médiums. Cette présentation peu flatteuse n’est pourtant pas un handicap pour les titres sautillants qu’elle enlumine, car c’est bien elle qui entraîne l’auditeur tutoyer la féérie d’un voyage en enfance (encore!). Nostalgie aidant, saisi par ce qu’il a de plus précieux, l’adulte plonge volontiers sa mémoire dans ce bain de jouvence. Someone’s looking at you, Diamond smiles ou Having my picture taken sur la Face A, I don’t like Monday, Nothing happened today ou Nice’n’neat sur la Face B sont autant d’invites sur le chemin que Lewis Caroll offrit merveilleusement à Alice. Ainsi, des dublinois rendent-ils hommage à un auteur britannique, ramenant le Royaume en un temps où les envies d’émancipation n’était le fait que de l’Irlande du Nord. Finalement, de par son titre et sa pochette, The fine art of surfacing ne peut-il se traduire par: «L’art de surnager»? Si tel est le cas, face à l’ensemble de la production discographique millésimée 1979, c’est gagné. 

          The BoomTown Rats
          The BoomTown Rats
          En vrai … Le passage de The Boomtown Rats par Paris, le Palace en février 1980, n’a suscité aucune trace ou entrefilet sur la toile. Personne pour écrire : «J’y étais!». Vous y étiez, vous ? Les témoignages audio piratés montrent un groupe remuant mais une bande son où le chant, telle une roue de vélo après l’étreinte d’un trottoir, est d’une fausseté à peine supportable. Sur d’autres vidéos, le groupe tourne rond. Difficile de se faire une idée, la technique permettant des corrections miraculeuses… Alors, fallait-il y être, cette fois-ci ou une autre fois? Tout le monde a le droit de se rater un jour…
          Thierry Dauge