mercredi 17 mai 2017

Jack WHITE - Jack a dit : Do it yourself

Jack WHITE - Jack a dit : Do it yourself

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Jack White

Jack White : Drôle de bonhomme


Physiquement, Jack White est un croisement entre Johnny «Edward Scissorhands» Depp, un je ne sais quoi de Michael Jackson et un portemanteau du genre John Reese, le «poing américain» de la série télévisée Person of interest. La pupille noire aussi corbeau que ses cheveux permanentés (Michael ?), le teint aussi blafard qu’un personnage de Tim Burton ou qu’une victime d’un vitiligo intégral. Ombrageux, il lui arrive de jouer de ce physique pour dérouiller une serrure labiale irrespectueuse. Jack comme pseudo prénom… Jack ? L’étrange Noël de Monsieur Jack, n’est-il pas réalisé à partir d’une histoire écrite par ce même Burton? La coïncidence semble ne plus entre être une, il y a filiation, de toute évidence.

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Jack White
Psychologiquement, on le sait déterminé au point d’avoir érigé son propre empire musical et commercial cumulant un label: Third Man Records (en référence au film éponyme de Carol Reed sorti en 1949 avec Orson Wells dans le premier rôle?), un réseau de distribution et une usine de pressage de disques: c’est un amoureux du vinyle. Au-delà, la marque s’apparente à un véritable complexe de production musicale comprenant un studio d'enregistrement et une salle de concert. Implanté à Nashville – Tennessee, siège sociale des confédérés pendant la guerre de Sécession puis base de lancement de la country music à l’abordage des States et du monde entier, du moins pour les amateurs du genre, il en adopte progressivement les stigmates. Ainsi, avec Lazaretto en 2014, son 2ème Lp solo, l’artiste semble prendre le parti d’un retour à la terre en garnissant son sillon de violon cajun (la Louisiane via le Mississippi est au contact du Tennessee), et de Pedal Steel Guitar (ou Lap Steel Guitar), instruments de musique typiquement country. Pourtant, Mr White est originaire de Detroit où l’ambiance musicale rock est un peu plus musclée. MC5 et Ted Nugent y ont shooté tympans et consciences avec ardeur, pour le meilleur ou pour le pire. C’est d’ailleurs depuis cette charmante citée industrielle, et à destination du monde entier, qu’il fomente The White Stripes avec une de ses «futur-ex» sœur/épouse, la batteuse binaire Meg White: «Meg White ? Tac ! Boum !». Auparavant, il aiguise les dents de ses engrenages musicaux en tant que guest sur un album de The Hentchmen (Hentch-Forth - 1998) pour un garage rock typé 60’s ou en tant que membre à part entière du groupe The Go (Watcha doin’ – 1999) pour une pop rock trash fuzzy où la voix se noie dans un fleuve de réverbération. Il en retire vraisemblablement une obsession pour les noms de groupe en «The», affublant tous ses «futur-ex» (encore !) combos de cet article.

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Jack White
The White Stripes. Premier contact raté. Tard dans la nuit, toutes bouteilles essorées, White blood cells - 2001- ne passe pas la barre de mes addictions liquides. Endoctriné par l’emblématique Seven nation army, éléphant de l’album Elephant - 2003 - mon dédain perd du terrain et l’exemplaire red and white du double Lp, un disque rouge - un disque blanc, finit en écoute sur ma platine. Mais le vinyle, affreusement gondolé, provoque un effet sonore de fond sous la griffure de la tête de lecture. Je m’en sépare donc… et oublie d’y revenir. Par contre, les deux derniers Lps du groupe: Get behind me Satan - 2005 - et  Icky thump - 2007 - sont miens et le resteront, rattachés à ma mémoire par les deux concerts auxquels j’assistais en lien avec les tournées mondiales associées.

Jack White : Get behind me Satan




Musicalement, Les White’s badigeonnent de fuzz une toile de blues sans hésiter à postillonner des motifs punctiformes et colorés, étonnantes embardées sous le postulat entêté de leur drapeau tricolore: noir, rouge et blanc. Live, la partition en duo, sans artifices, plonge le public dans un juke joint, créant une proximité où la blondeur du tabac sudiste caramiélise les sens. Par instants, leur musique évoque des tranches de fruits givrés saupoudrés de poivre noir et découpés en écorchures glacées par les lumières stroboscopiques: on mange le groupe des yeux, leur partition déborde des pavillons auditifs à l’image de pièces d’or dans une coupe trop pleine.

Jack White est bien différent lorsqu’il produit des sons avec The Dead weather (dernier Lp en date: Dodge and burn - 2015) ou The Raconteurs (Lp le plus représentatif: Broken boy soldiers - 2006). Notons que, s’il tient guitare et synthétiseur chez les seconds, c’est à la batterie qu’il s’exprime chez les premiers. Ces deux groupes, tels des extensions de son talent, sont en quelque sorte ce qu’il est commun d’appeler des supers groupes: groupes comprenant des membres œuvrant déjà au sein d’autres formations. Ainsi, on trouve Alison Mosshart, l’élément féminin du groupe The Kills (dernier Lp en date: Ash & Ice - 2016) au micro chez The Dead Weather et l’artiste solo Brendan Benson, multi instrumentiste de talent (dernier LP en date: You were right - 2013) chez The Raconteurs. Ces derniers intègrent de la pop dans leur rock baroque alors que The Dead Weathers adoptent plutôt des séquenceurs. Une constante? La voix de Jack. Sur tous les enregistrements auxquels il a participé, sa diction s’apparente à celle de Zack de la Roqua (RATM), le contenu revendicatif en moins. Étonnant rapprochement entre Rage Against The Machine et l’insatiable artiste.

Quelle direction musicale va-t-il suivre à l’avenir? Dieu seul sait… et encore.
Jack White? Drôle de bonhomme.

Thierry Dauge

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