samedi 29 avril 2017

Joe Jackson - 1979 - Look sharp sur Radio One

Joe Jackson - 1979 - Look sharp sur Radio One

Joe Jackson look sharp
Joe Jackson - look sharp

Radio One ! Tony Blackburn, don’t stop music


En vacances estivales en Bretagne entre amis, nous nous apercevons très vite que notre soif de musique ne peut être satisfaite par la programmation des stations de radio françaises. En 1979, rien sur la bande FM. La légalisation des radios dites libres attendra l’avènement de Fanch’ Mitterrand. So what? En balayant la bande Hertzienne de notre petit transistor, nous tombons sur une radio anglaise. Les ondes traversent l’Atlantique pour notre plus grand plaisir.  Radio One! Tony Blackburn, Don’t stop music. Le sort en est jeté, nous anglicisons notre mois d’août. Ci-joints quelques titres et interprètes qui nous y incitent: Don’t bring me down par Electric Light Orchestra, The logicalsong de Supertramp, MySharona par The Knack, I don’t likeMonday des Boomtown Rats… et Is she realy going out with him? signé Joe Jackson.
Cette chanson caresse nos libidos dans le sens du poil: «Sort-elle vraiment avec lui?». Des aptitudes shakespeariennes de base nous permettent de traduire quelques bribes de paroles. Elles titillent le côté midinette qui sommeille en nous. Je confirme, souvenir de camping associé, avec Claire, une "petite" anglaise...

Joe Jackson : is she really going out with him? - Look sharp - 1979


L’été suivant, même endroit, autre anglaise. Cette nouvelle voisine de camping me fait découvrir le reste de Look sharp. Les cassettes faisant alors recette, je le copie. L’attirance compulsive que je ressens à l’égard de ce petit bout de femme, née d’une plastique agréable et d’un abord relationnel très «décontracté», joue en faveur de Joe et son premier Lp devient un de mes enregistrements de chevet. Pour mesurer l’ampleur du séisme que cette jeune fille provoque en moi, il convient de resituer quelques-uns des groupes qui caractérisaient mon quotidien musical jusqu’alors: Judas Priest, Queen, Scorpions ou Kiss. A côté de ces disques pour chevelus, la musique de Joe fait figure d’une émission en provenance du cosmos, d’ondes émises par un lointain pulsar. Pourtant, j’en fredonne quelques notes avec le même d’engouement que lorsque j’entonne celles d’un groupe de heavy rock.
Joe Jackson
Joe Jackson
La même année, dans l'émission Chorus, Antoine de Caunes diffuse sur nos écrans un extrait du concert de Joe Jackson au théâtre de l’Empire. J’avoue, toute honte bue, que je pratique d’avantage cette noble salle en compagnie de Jacques Martin, le sérial animateur de «Bon dimanche». Vêtu d’un costume noir deux pièces, chemise blanche/cravate noire, l’ami Joe fit pétiller Sunday papers tout autant sur l’écran que sur les papilles. La pop cuisinée par le « Jackson blanc » rend les chansons gustatives.

Joe Jackson : Sunday papers - LP : Look Sharp -1979


Lorsque, oreilles tendues, on tente l’analyse de ce qui prime dans ce 33 tours, inéluctablement, la qualité du son arrive en premier. L’album présente une production chirurgicale et organique. Chaque instrument sonne très distinctement, comme animé d’une vie propre; indépendamment des autres. Clarté, précision, netteté et dynamique font la une. De Fools in love, reggae blanc, à Got the time, power pop énervée, on ne peut qu’admirer ces lignes de basses et ces frappes de batterie, de la croche à la ronde, qui accrochent à la ronde l’aléatoire auditeur inéluctablement séduit. Finalement, moiteurs estivales passées, j’en viens à la conclusion que l’intérêt porté à ce disque est bien plus musical que libidinal.
Pour la critique, Elvis Costello, avec This year’s model et Armed forces, provoque d’avantage l’appétence. Si ces deux albums présentent un incontestable attrait, ceux du Jackson «blanc» le sont tout autant. D’ailleurs, sur le disque suivant, Joe affirme "qu’il est l’Homme" - Lp: I'm the man - 1979. Indubitablement, en matière de pop rock, il en a les traits.
Joe Jackson - 1979
Joe Jackson - 1979
Le premier concert de Joe Jackson auquel j’assiste a lieu le 18 janvier 2001 à l’Olympia. En ce début de vingt et unième siècle, la guitare n’a plus ses faveurs. Je préjuge que l’absence sur scène d’une six cordes va laisser béer un vide insondable. L’inquiétude d’un concert déplaisant finit même par me gagner. J’ai tort. Je garde un souvenir ému de l’évènement, notamment pour une version de For no one à l’interprétation saisissante. La salle retient son souffle les 2 minutes et 50 secondes de cette brèche quasi spatiotemporelle ouverte au piano par Sir Joe. Bien sûr il se «plante» sur l’intro, bien sûr il s’agit d’une reprise mais qui refuse une divine cerise sur un gâteau ?
Joe Jackson
Joe Jackson
La seconde étape se passe au Bataclan, le 26 mai 2003, à l’occasion de la tournée Volume 4. Cette fois-ci, les musiciens originels sont sur scène, ceux de Look sharp, guitariste compris: Graham Maby bassiste légendaire, Gary Sanford - guitare - et Dave Houghton à la batterie. Pour n’en rien rater, je me place à un mètre des planches, oreille droite collée aux amplis… Les aigus encaissés à cette occasion fracturent à jamais la chaîne de mes osselets. Comme pour le concert précédent, la communion entre l’artiste et son public est totale. Joe Jackson, mégalomane à la pédanterie détestable ? Les revues spécialisées font parfois preuve d’avis dont nul n’a besoin pour reconnaître les siens.

Thierry Dauge

Joe Jackson
Joe Jackson

jeudi 27 avril 2017

Marilyn Manson - Holy Wood 2000

Marilyn Manson - Holy Wood - 2000

Marilyn Manson
Marilyn Manson - Holy Wood

Marilyn – Manson

Un prénom platiné, un nom sérialisé: côté sourie et côté rat. Mes plus plates excuses aux membres de la famille des muridés dont certains représentants pourraient prendre ombrage de cette association. En tout cas, un pseudonyme construit pour interpeller les foules. Physiquement? Idem. Moi qui ne supporte même pas une paire de lunettes de soleil… mais comment fait-il avec ces lentilles opaques sur la cornée? Quant aux illustrations des disques, voilà des enregistrements qui méritent le format "vinyle": œuvres d’art!
Jusqu’en 1996, il usine gentiment du Metal Indus lorsque, dans sa psyché torturée: plaine désertique infinie où des formes mercurielles s’écorchent aux barbelés, l’envie d’en découdre croise le besoin de reconnaissance. Alors, Antichrist superstar voit le jour en 1996. L’Homme supplante le groupe. Il élabore des cauchemars mystiques qui décoreront désormais ses albums. A l’image, les sujets qu’il aborde vomissent le puritanisme américain, critiques sociétales acerbes en guise de traitement. Le passage à l’An 2000, propice à tous les délires, le voit crucifié et offert tel un «Dalhia noir», objet de rédemption d’un monde corrompu.
Marilyn Manson
Marilyn Manson - Holy Wood
El l'album Holy wood, qu’en est-il de l’écoute? Va-t-on enfin écrire sur la musique dans cette chronique ?  Marilyn Manson est un concept global où chaque élément participe aux sensations auditives. Sur les 19 plages que comportent l’album, 11 sont quasi indispensables . «Tu découpes l’histoire ! Dé conceptualises le propos !». Une fois réduit à ça, ce disque devient  In-con-tour-na-ble.

Marilyn Manson : Holy Wood


La musique de Brian Hugh Warner (Marilyn Manson) évoque un cauchemar, une balade dans la tête d’un tueur en série (d’où son choix de pseudo?), l’errance d’une personnalité bipolaire au pays de sa dépression: joyeux ! Les chansons sont des doigts de feu qui pénètrent les cerveaux, y insèrent leurs ongles, connectique vers cet ailleurs infernal narré par l’auteur. Le rythme global de l’ensemble navigue sur un tempo medium ponctuellement parcouru de batteries tribales. L’effet accélère la partition comme un bolus d’adrénaline. Une seule acoustiquerie partielle vient apaiser le chaos tout en conservant l’horrifique horizon, l’impression de terre dévastée. L’intensité du propos pourrait tendre vers l’intention belliqueuse. Je ne pense pas qu’avec Holy wood, Marilyn Manson recherche l’affrontement. Qu’il veuille capter l’intérêt semble évident tant l’audiovisuel est marqué: accords et samples distordus, contraste rouge sang sur noir abyssal. La mise en scène: ce Christ blafard dépourvu de mâchoire inférieure, et sa bande son : «apocalypse show», tout semble calculé. Produit marketing pour contemporains qui, passés au fil de l’éducation judéo-chrétienne, redéveloppent un atavisme masochiste? Marilyn Manson, sociologue des années double zéro.

Marilyn Manson
Marilyn Manson
D’un point de vue strictement musical, la déstructuration programmée d’ "Antichrist …" a laissé place aux refrains calibrés qui, déjà sur Mechanical animal, aiguisaient l’appétence d’un plus grand nombre. En prise directe sur T Rex, le «Saint-bois» initie des références Glam Rock qui font l’intégralité (ou presque) de The Pale Emperor, le dernier album de Marilyn Manson. S’il reste un fond de traitement industriel, le terreau est puisé aux influences: «Chassez le naturel, il revient au galop» . «Traitrise !», s’égosille l’adepte initial, prisonnier de ses premiers émois. «Miam !», glousse le «lardon» qui s’extrait du giron maternel via la répulsion de «maman» pour ce «type dégoûtant». 
L’analyste musicale, le "critic’rock", mesure bien plus une capacité d’adaptation aux canons en vigueur, l’arrivisme méprisable d’un artificier, d’un lanceur de poudre aux yeux. Pourtant, en termes de vente, Holy wood se vend moitié moins qu’Antichrist Superstar, prouvant par-là même que le vent suivi ne correspond pas à celui du Mainstream. Histoire d’usure, de lassitude? A moins que, comme le bon vin, 20 ans séparant le premier Lp du dernier, le temps y fasse à l’affaire. Chose certaine, nous autres amateurs puisons à Holy wood des sons adaptés au combat quotidien. Pour ça, et malgré ce pseudonyme au construit critiquable , on ne peut que souhaiter que le cauchemar se poursuive.

En vrai … Je compte deux rencontres avec le groupe. 
Le 25 janvier 2001, il s’agit du Zénith de Paris pour la tournée de l'album Holy wood

marylin-manson
Marilyn Manson - 25 janvier 2001
De fait, le spectacle est tout autant visuel qu’auditif: grand Guignol ? Pas au sens où on l’entend. Alice Cooper propose ce genre de divertissement. La différence se situe au niveau de l’humour. Si Alice Cooper force le sourire, Marilyn Manson suinte les soupirs. Tout est noir liseré de rouge, ornementé d’une iconographie anguleuse qui rappelle les plus sombres heures du nazisme. Les musiciens peroxydés aux visages crayeux s’agitent comme des poupées schizoïdes sous les stroboscopes. Marilyn Manson, l’homme, dégouline d’un maquillage maladif tout en haut de ses échasses ou derrière un pupitre de pseudo orateur dictatorial. Sourire? Si tout est réglé comme du papier millimétré, l’enchaînement des titres laissent pourtant des plages de vide qui nuisent à la notion d’accomplie, ce sentiment de saturation des sens à la sortie des concerts. 
Le 21 décembre 2009, au même endroit, le Zénith n’image que la salle. Je ne retiens rien de cette prestation. Peut-être suis-je dans de mauvaises dispositions à ce moment, contexte qui me laissera plusieurs fois "at home" billets en poche froissés par les coussins d’un canapé. Cette déception forcera mon inintérêt pour le groupe jusqu’à l’année passée et son petit dernier. 
Marilyn manson
Marilyn Manson - 21 décembre 2009
Reste que, 15 ans après sa publication, Holy wood soutient on ne peut mieux la comparaison avec les sorties discographiques actuelles, voire les supplante. Mauvaise Foi? Puisque le fils de Dieu fait la première de couverture, pourquoi pas?
Pour ce qui est du visuel des billets de concert, concernant un combo si coloré, un effort aurait pu être fait ! Sur la tournée qui suivi la sortie d’Antichrist superstar, c’était le cas. Mais nous étions en 1997, année charnière où le graphisme d’antan passerait au tapuscrit. Et puis, Marilyn Manson au Bataclan !!! Celles et ceux qui y assistèrent doivent encore en avoir plein les sens. 

Thierry Dauge

Marilyn Manson bataclan 1997
Marilyn Manson - Bataclan 1997

mercredi 26 avril 2017

Les Inveteres du Rock 26 avril 2017

Les Inveteres du Rock Podcast du 26 avril 2017

Emission Radio Rock - Le Rock indépendant et les légendes du Rock

Podcast 26 avril 2017



Nouvelle émission radio: Les Invétérés du Rock diffusée chaque mercredi à 19H00 sur Radio Cultures Dijon et en Podcast sur le Blog!


Les Invétérés du Rock
Les Invétérés du Rock
Play List: 

  • Cranberries
  • Franck Black
  • Police
  • Smashing Pumpkins
  • Kid Pharaon
  • Lords of the new Church
  • Ramones
  • Damned
  • Dogs
  • Thugs
  • Pink Floyd
  • Telephone
  • Lenny Kravitz
Les Invétérés du Rock

RadioShow : Les Invétérés du Rock. Le Rock indépendant des années 70' à nos jours et les légendes du rock - Anecdotes, stories, clin d’œil, infos et humour Rock! Émission de radio en liaison avec le Blog Rock Auguste Marshal.
Présenté par Auguste Marshal
https://www.facebook.com/Augustemarshal/ 

Radio Cultures Dijon

Les Invétérés du Rock, un émission de radio diffusée chaque mercredi 19h 20h sur Radio Cultures Dijon 100 Fm

mardi 25 avril 2017

Debbie Harry - Blondie - Les Sex pistols me faisaient penser à Beethoven

Debbie Harry - Paroles

"Les Sex Pistols étaient particulièrement brillants. Ils me faisaient penser à Beethoven. Ils avaient ce côté grandiose."
Debbie Harry
Debbie Harry

Deborah Harry 

"La musique est somptueuse, surtout lorsqu'il y a du contenu."


vendredi 21 avril 2017

L' exil français de Joe Strummer - Clash -1982

L' exil français de Joe Strummer - Clash - 1982

Joe Strumme
- Joe Strummer -

French kiss, juste avant Combat Rock

En avril 1982, trois semaines avant la sortie de Combat Rock le cinquième album des Clash, Joe Strummer alors au sommet de la renommée de son groupe disparaît brusquement de la circulation. Strummer en pleine promo décide de s'exiler en France sans avertir ni le groupe, ni leur manager.

En vérité, la réalité vue de l'intérieur semble un peu moins romancée. Eric Julien (administrateur de l'excellent groupe Facebook The Clash On Parole) nous apporte son éclairage en commentaire :
"C'est Bernie qui lui a suggéré de partir pour faire le buzz comme on dit maintenant... Les billets de la tournée en Angleterre ne se vendaient pas énormément... A Paris malgré la barbe, un fan l'a reconnu... A cette époque l' union du groupe était dissous."
Pendant son séjour en France, Strummer a vécu avec sa petite amie Gaby Salter et l'histoire raconte que le couple aurait couru le Marathon de Paris. Gaby n'aurait pas terminé la course contrairement à Joe, et aucun d'entre eux n'a officiellement été enregistré, ce qui expliquerait l'absence d'un dossard sur la photo. Quand à la barbe... incognito Mr Strummer.

Joe Strummer et Gaby Salter
Joe Strummer et Gaby Salter

Un régime de sportif

Interviewé par le magazine Steppin' Out en 1999, Strummer a révélé son régime de sportif anti-conformiste pour la préparation de cette grande course. Un coaching sportico-Rock'n'Roll... 10 pintes de bière la nuit d'avant, et aucun entrainement depuis au moins quatre semaines, sacré Joe!

Strummer
Strummer
Ce n'était d'ailleurs pas la première fois que Joe Strummer courrait un marathon, on a pu le voir en 1981 au marathon de Londres et également en 1983 toujours à Londres où il aurait déclaré avoir couru en 4 heures et 13 minutes, un excellent temps pour un parcours de 26.2 miles. 
C'est un fait, certes, mais sincèrement, on le préférait avec un micro et une guitare!

Auguste Marshal

jeudi 20 avril 2017

PUBLIC IMAGE LTD - PIL - Metal box - 1979

PUBLIC IMAGE LTD - PIL - Metal box - 1979

PIL
PIL- Public Image LTD

Original. On ne peut pas dire ou écrire moins.

Que ce soit pour la musique, le son ou l’emballage, Metal box en 1979, ne fait rien comme les autres. Unique, à part : jamais vu, jamais entendu. Que contient la «conserve»? 3 maxi 45 tours séparés par des feuilles de papier pseudo-sulfurisé et une fiche de présentation en papier glacé.
Pil
PIL
L’exemplaire présenté ici est la réédition de 2006, l’original voit son métal (de l’étain? De l’alliage? …) oxydé. Oui, cet objet évolue dans le temps. «Performance» par son côté éphémère, cette «pochette» de disque se redéfinie en permanence. Vue de dessus, elle ressemble à un bouton mécanique, de ceux qu’on trouve sur les blousons en jeans, ou encore à un bouton pression sur l’épaulette d’un Perfecto. Entre les mains, elle provoque la question : «C’est une boite de film? Quelle sorte de musique s’y blottit?». Le logo: PIL, est emboutit dans la matière. Les chansons sont-elles en relief? Ainsi, Johnny Rotten, redevenu Lydon, à défaut de bisser les Pistols, sculpte-t-il avec cet étui l’art de stimuler les sens: la vue, le toucher et l’ouïe. Après son premier essai, il y avait fort à parier que l’ex-punk n’en soit pas resté-là, qu’il ait à nouveau donné libre cours au grand n’importe quoi: «Jouons ce qui nous passe par la tête ou le fondement. Après tout, c’est le même tuyau».
D’un point de vue purement musical, écouter les 6 faces relève de l’adoration. Autrement, c’est impossible! La voix du Lydon se fait tour à tour incantatoire, trémulante, hantée, professorale, scandée, scandaleuse, gutturale ou parlée. En matière de guitare, il est question d’un son rachitique et suraiguë, d’écorchures, de copeaux, de griffures ou d’anarchie: main gauche "et" main droite. La basse est omniprésente et mixée en avant. Elle remplit l’atmosphère, lourde, menaçante, effet voulu via l’adoption du format 45 tours.

PIL (Public Image Ltd) - Metal Box (1979)


A la gravure, le sillon est plus large, supporte d’avantage de graves, permettant ce phénomène. Seule la batterie parait "normale" bien que noyée de réverbération la plupart du temps. Ainsi vêtu, chaque morceau adopte un tempo différent... qu’il garde tout du long: monomaniaque et monotone. La chanson qui introduit le premier maxi est exemplaire à ce titre. Plus de 10 minutes de pseudo improvisation parcourues par les divagations d’un Lydon adoptant, pour l’occasion, un trémolo de médiums désintéressés. Plus de détails? Servons-nous de la deuxième chanson de chaque face pour disserter un peu. Sur Bad baby, Johnny lâche des incantations apaches autour d’un totem de batterie rock lorsque, soudain, une phrase de flute à bec vient lécher les tympans; Careering recréée l’ambiance et la bande son d’un film de SF de 1956 (!): «Planète interdite», à force d’un nappage de synthé qui, telle la marée, monte et reflux encouragée en cela par un chant plaintif et une basse redondante. Sur Graveyard, une batterie "lounge" nous entraîne à savourer un carpaccio de guitare trituré alternativement sur l’une ou l’autre des cordes de si ou de mi aiguës. Cette chanson préfigure une "world music"… irritante. Enfin, Swan lake (ex «Death disco») permet à JL de mugi-miauler à l’envie pendant que les six cordes bloquée déblatèrent un air punctiforme. De temps à autres, l’air principal du «Lac des cygnes» joué à la cornemuse (?) vient justifier le titre du morceau. Percussive, la batterie "discotte" tout du long, invitant à danser entre les passages où l’ensemble des instruments se télescopent en un lugubre n’importe quoi. N’importe quoi ?…

Pil - Metal Box
Pil - Metal Box
Cette critique sans concession, toute empreinte de factualité, tire à boulets rouges sur la boite métallique. Pourtant… ce disque est envoûtant. Déjà l’objet provoque l’esthésie, la nécessité de le prendre en mains, de le caresser, de le retourner. Puis vient le moment de l’ouverture. Les trois galettes épousent l’exact diamètre intérieur de leur emballage. Pas moyen d’y glisser les doigts! Pour se saisir de la première cire, il faut à nouveau retourner l’objet. Alors, le fruit de votre désir vous tombe dans la paume. Et c’est exactement ça. On "tombe" sur cette boite, on en "tombe" amoureux… jusqu’à la "tombe". Il y a des disques mystérieux, comme celui-là, où tout ce qu’on pourra vous dire le concernant ne comptera pas. Et si l’acronyme PIL devait être redéfini, nul doute que les mots choisis seraient : Power , Illusion et Love.
Public Image Limited
Public Image Limited
En vrai… Pas vu. Pour se faire une idée, il existe un live enregistré à Paris, à l’occasion d’un concert au Palace le 17/01/1980. A cette époque, faute à un titre du 1er album de Trust que j’écoutais en boucle, je ne pouvais me rendre dans cette salle. Alors, PIL sur scène pour la tournée qui suivit la sortie de Metal box? Plutôt dansant, je dirais, mis à part Lydon et sa façon très personnelle d’interpréter ses mots. Son chant est tordu et ne suit pas toujours (voire jamais!) la ligne mélodique. En cela, le concert est fidèle au disque "poids lourd".
Oui, trois LP dans une boite en fer appuient bien plus sur la balance que n’importe lequel de ses contemporains. Restera-t-il dans l’histoire de la musique comme l’enregistrement le plus lourd ? Si le mot lourd peut prêter à interprétation, ce qui reste sans conteste, c’est que cette œuvre d’art, non content d’y rester, a fait l’Histoire.

Thierry Dauge



mercredi 19 avril 2017

LES OLIVENSTEINS de Rouen

Les Olivensteins, l’autre groupe Rock de Rouen

Les Olivensteins
Les Olivensteins

Gilles Tandy, les Olivensteins - Rouen 1978

Mélodies Massacre
Disquaire Mélodies Massacre
Pour tout amateur de la musique dont on parle sur ce blog, parler de Rouen revient à parler des Dogs, et vice-versa... Merci au passage à Lionel Herrmani et à son désormais légendaire magasin de disque Mélodies Massacre. Pourtant un autre groupe fit parler de lui à cette époque, beaucoup plus sulfureux que le groupe qui avait Trop de classe pour le voisinage: Les Olivensteins. Notons que ce groupe fait référence au célèbre docteur Olivenstein, psychiatre qui s'est battu (menaces à la clé) pour que le groupe n’utilise pas son nom. Le groupe se forme en 1978 autour de Gilles Tandy - chant - Vincent Denis et Alain Royer à la guitare, Bitos à la basse et Philippe Bailly à la batterie.
Comme le dit Eric Tandy, parolier et frère de Gilles:
"au début, les Olivensteins ne sont rien d’autre qu’un gag..."
et Vincent Denis assène:
"j’ai l’impression que tous les mecs qui zonent devant Mélodies Massacre et qui possèdent un instrument ont un jour ou l’autre joué dans les Olivensteins".

Le line-up sera légèrement différent pour l'enregistrement du EP produit par Herrmani "Mélodies sMassacre", un seul  guitariste Vincent Denis, Romain Denis à la batterie, Ludovic Groslier à la basse et bien sûr Gilles Tandy au chant!
Punk attitude... La provoc' est leur fond de commerce: Pétain - Darlan c’était le bon temps

Les Olivensteins : Pétain - Darlan c’était le bon temps


 …ou encore « Patrick Henry est innocent, il aime les enfants » 

Les Olivensteins : Patrick Henry est innocent.


Et que dire des vertus de l’euthanasie.

Les Olivensteins : Euthanasie



De plus, durant les concerts, ils balancent des morceaux de viande rouge sur le public "Une fière bande de branleurs", peut-on lire dans Best. Mais leur carte de visite sera: "fier de ne rien faire", repris par les Dogs et les Wampas.

Les Olivensteins : Fier de ne rien faire



Eric déclare:
"le texte m’est destiné, étant le seul de la bande à travailler comme vendeur de disques chez Melodies. C’est du second degré par rapport aux autres qui ne foutent rien...". 
Une proposition de signature chez Barclay reste lettre morte, ces derniers voulant qu’ils changent de nom… Le groupe splitte après un dernier concert en janvier 1980 dans la salle St Croix des Pelletiers à Rouen.

Gilles Tandy forme un autre groupe éphémère, les Gloires locales qui sortira un mini album estampillé Mélodies Massacre en 1980 et un Ep 6 titres avec Les Rythmeurs chez New Rose en 1983.
Au sein des Gloires Locales, un certain Antoine "Tony Truant" Masy Perier, qui zone sur Rouen dans l’espoir de jouer avec les Dogs. Mais c’est déjà une autre histoire…

Etienne Frelet 
Les Gloires locales
Les Gloires locales

En 2013, Les Olivensteins se reforment à l'occasion du festival la Ferme Electrique 2013, à Tournan. Le groupe continue à donner des concerts et sur leur page Facebook, on peut lire ceci:
En leur temps (entre 1978 et 1980), les Olivensteins marquèrent les esprits. Leur unique 45T, «Fier de ne rien faire»/ «Euthanasie», symbolisant avec force et originalité l’avènement réussi d’un punk à la française: sincère, gouailleur et irrespectueux. Dans les décennies qui suivirent, d’autres groupes, Les Thugs, les Wampas ou les Sales Majestés, reprirent «Fier de ne rien faire» devenu une sorte de classique du rock alternatif. En 2013, deux ans après la sortie - sur le label Born Bad Records - d’un album réunissant l'intégralité de leurs enregistrements, les Olivensteins se sont reformés. Leur «nouveau» public est impressionné par l’indéniable présence scénique du chanteur Gilles Tandy et par l’énergie d’un répertoire qui sent plus le soufre intemporel que la vieille poussière accumulée avec les années. Ils viennent d’enregistrer un nouvel album.

Album : Les Olivensteins - LP 2011

  • A1 Fier De Ne Rien Faire
  • A2 Euthanasie
  • A3 Je Suis Négatif
  • A4 Patrick Henry Est Innocent
  • A5 Je Hais Les Fils De Riches
  • A6 J'ai Craché Mes Amygdales
  • B1 Fier De Ne Rien Faire (Démo)
  • B2 Euthanasie (Démo)
  • B3 Le Spécialiste
  • B4 La Nuit Tragique
  • B5 Olivenstein Je T'ai Dans Les Veines (Live)
  • B6 Vivement Que Je Sois Vieux (Live)
  • B7 Je Hais Les Fils De Riches (Live)


vendredi 14 avril 2017

Pete Farndon bassiste des Pretenders

Pete Farndon bassiste des Pretenders


Retrouvez cet article sur notre nouveau website à cette adresse : 


mercredi 12 avril 2017

Les Inveteres du Rock 12 avril 2017

Les Inveteres du Rock Podcast du 12 avril 2017

Emission Radio Rock - Le Rock indépendant et les légendes du Rock

Podcast 12 avril 2017

Nouvelle émission radio: Les Invétérés du Rock diffusée chaque mercredi à 19H00 sur Radio Cultures Dijon et en Podcast sur le Blog!


Les Invétérés du Rock
Les Invétérés du Rock

Play List: 

  • Offspring
  • Rolling Stones
  • Radiohead
  • Guns and roses
  • Placebo et Franck Black
  • Skunk Anansie
  • Nick Cave et Kylie Minogue
  • Clash
  • Franz Ferdinand
  • Archive
  • Texas
  • The Pretenders
Les Invétérés du Rock

RadioShow : Les Invétérés du Rock. Le Rock indépendant des années 70' à nos jours et les légendes du rock - Anecdotes, stories, clin d’œil, infos et humour Rock! Émission de radio en liaison avec le Blog Rock Auguste Marshal.
Présenté par Auguste Marshal
https://www.facebook.com/Augustemarshal/ 

Radio Cultures Dijon

Les Invétérés du Rock, un émission de radio diffusée chaque mercredi 19h 20h sur Radio Cultures Dijon 100 Fm

Leonard cohen - Paroles

Leonard Cohen 


Paroles

Leonard Cohen
Leonard Cohen

"L'amour, c'est comme cuisiner des chiches kebabs : il y a des étincelles, des éclaboussures"
Leonard Cohen

samedi 8 avril 2017

Les Desaxés

Les Désaxés

Les Désaxés
Les Désaxés

Le Rock français des années 80'

Le début des années 80 a vu l’éclosion d’une foultitude de groupe dont nous avons parlé ici: les Infidèles, les Cyclope, les Bandits, les Wampas... Dans une veine plus Pop Rock, un groupe a lui aussi fait parler de lui: les Désaxés. Pour eux tout commence en 1981: deux ex «Boppin Cats», groupe Rockabilly comme leur nom l’indique, Yannick Musy (basse) et François Mongaillard (batterie), recrutent Hervé Zerrouk (chant guitare) : les Désaxés sont nés!
En avril 1982, ils se produisent au Gibus, où ils reprennent des titres de Dutronc et Gainsbourg. Puis arrive Pierre Mikailoff - Guitare - aujourd’hui journaliste Rock bien connu. Ils se rodent en province, puis sort leur premier 45 tours, Juste 15 ans chez Réflexes, célèbre écurie d’où sortiront une flopée de talent. Leur musique, pop et sans prétention, rappelle les titres sixties.

Les Désaxés : Juste 15 ans


En 1984, on voit poindre leur second single : Tout ce que je veux



Puis un live de 7 titres voit le jour en 1985, où ils reprennent Je veux qu’il revienne, transformé en je veux "qu’ELLE revienne", et Les soirs d’été avec une superbe ligne de basse…

Les Désaxés
Les Désaxés

Consécration en 1987, ils signent ches Philips, avec le titre Celle que je préfère, qui aurait dû être la BO d’un film jamais sorti avec Fiona Gelin. Superbe titre où l'on vante à l’époque les qualités de chanteur d’Hervé Zerrouk qui, selon la "critique"de l'époque: «chante plus qu’il n’éructe»!

Les Désaxés : Celle que je préfère


1990, c'est déjà l'année de leur séparation, sans qu’ils aient eu le temps d’enregistrer le moindre album. Et c’est bien dommage...

Etienne Frelet

Discographie:

  • 1983: SP « Juste quinze ans » (Réflexes).
  • 1984: SP « Tout ce que je veux » (Réflexes)
  • 1985: Live Les Désaxés au Rose Bonbon (Réflexes)
  • 1985: Live « Réflexes express » (Réflexes)
  • 1986: SP « Je ne suis plus si malheureux (Réflexes)
  • 1987: SP « Celle que je préfère (Philips)
  • 1988: EP « Tu penses à autre chose (Philips)

vendredi 7 avril 2017

Joe Strummer - The Clash - Citation et Photos

Joe Strummer - The Clash



I think people ought to know that we are anti-fascist, we are anti-violence, we are anti-racist,and we are pro-creative. We are against ignorance.
Joe Strummer

Évidemment, l'admiration pour Joe Strummer est grande, artistiquement bien entendu mais également pour son côté visionnaire un peu décalé... Je crois qu'au de-là de ce génial héritage musical qu'il nous a laissé, il y a la dimension d'un personnage un peu à part dans l'histoire du rock qui a laissé, au travers de ses idées et de sa vision du monde, un peu plus de profondeur (je crois...) que l'ensemble de ses congénères. Et même si je manque d'objectivité, peu importe car c'est toujours pour moi l'occasion d'entrer en résonance avec toute l'importance qu'il a au sein de sa génération. Joe, c'était quelqu'un...

Merci à Paddy Hutch qui m'a permis de publier ces photos persos des Clash... des documents inédits.

The Clash Live

The Clash
The Clash - Photo Paddy Hutch

The Clash
The Clash - Photo Paddy Hutch

The Clash
The Clash - Photo Paddy Hutch

The Clash
The Clash - Photo Paddy Hutch

The Clash
The Clash - Photo Paddy Hutch

The Clash
The Clash - Photo Paddy Hutch
Joe Strummer - The Clash
Joe Strummer - The Clash

jeudi 6 avril 2017

Dick Wagner, le mercenaire (1942-2014)

Dick Wagner, le mercenaire (1942-2014)

Dick Wagner
Dick Wagner

Dick Wagner : Guitariste d'Alice Cooper

Guitariste du tout gratin, il a signé ses plus hauts faits d’armes avec Alice Cooper. Officiellement, à partir de Wellcome to my nightmare puis sur Goes to hell, Lace and whiskey et From the inside. Il arriva chez le Coop par Cooptation. Bob Ezrin, producteur des albums d’Alice Cooper depuis Love it to death, celui qui fit que ce groupe fut, le sollicitait depuis le début des années 70 comme musicien de studio, le faisant remplacer au pied levé les apprentis bretteurs mal aguerris: 
«Le temps de studio coûte cher, va faire un tour gamin, laisse faire le Mr, tu seras crédité».

Dick Wagner usinait des rythmiques et des solos tout autant qu’il en écrivait...

C’est qu’il a parfois essayé de percer sous ses propres couleurs. C’était juste avant la mise en scène, le théâtre parfumé hard-rock, le maquillage et les groupies de tous âges. Quand on est le petit-fils de Richard "Walkyries" Wagner, on ne peut qu’aimer la musique bruyante voire symphonique, celle qui exalte les envies d’horizons brulants, de champs de batailles balayés par un souffle épique. Sa première sortie se nommait The Frost et ça sentait déjà la poudre.
Alice Cooper
Alice Cooper
Mais ça ne suffit pas à son appétit, il manquait la symphonie. Il forme alors un autre groupe: Ursa Major, où il peut développer des thèmes plus spatiaux, des espaces plus spacieux. Succès fuyant, il se réfugie dans les studios d’enregistrement canadiens, louant ses services aux plus offrants. C’est là qu’il croise l’ami Bob. Ce dernier tambouille un projet gargantuesque et trouve en Dick Wagner l’homme répondant idéalement à ses projets. Il l’apparie à un autre six-cordiste. Les deux "Les Pauliens" se trouvent alors et ne se lâcheront plus pendant de nombreuses années.

Dick Wagner
Dick Wagner : il a joué avec...

Son double? Son jumeau? Steve Hunter, le bien nommé. Ensemble, ils gravent le joyau de Lou Reed: Berlin, puis ferraillent sur les deux live du Toxic animal (Rock'n'roll Animal - 1974 et Lou Reed Live - 1975). Après… ils s’en allèrent électrifier les soirées dionysiaques d’Alice Cooper. Guitariste du tout gratin… A écouter: Love it to death, sur Billion dollar babies d’Alice Cooper, sans crédits, mais c’est bien lui.

Thierry Dauge

    mercredi 5 avril 2017

    Les Inveteres du Rock 05 avril 2017

    Les Inveteres du Rock Podcast du 05 avril 2017

    Emission Radio Rock - Le Rock indépendant et les légendes du Rock

    Podcast 05 avril 2017

    Nouvelle émission radio: Les Invétérés du Rock diffusée chaque mercredi à 19H00 sur Radio Cultures Dijon et en Podcast sur le Blog!
    Les Invétérés du Rock
    Les Invétérés du Rock
     Play List:
    • Strokes
    • Buzzcocks
    • Ben Harper
    • Dr Feelgood
    • Noir Désir
    • Echo and the bunnymen
    • Rem
    • John cale - Lou Reed
    • Aerosmith
    • The Cure
    • London cowboys
    • Joe Jackson

    RadioShow : Les Invétérés du Rock. Le Rock indépendant des années 70' à nos jours et les légendes du rock - Anecdotes, stories, clin d’œil, infos et humour Rock! Émission de radio en liaison avec le Blog Rock Auguste Marshal.
    Présenté par Auguste Marshal
    https://www.facebook.com/Augustemarshal/ 

    Radio Cultures Dijon

    Les Invétérés du Rock, chaque mercredi 19h 20h sur Radio Cultures Dijon 100 Fm

    mardi 4 avril 2017

    The Breeders le groupe de Kim Deal - ex-bassiste des Pixies

    The Breeders

    The Breeders
    The Breeders

     The Breeders avec Kim Deal, ex-Pixies

    The Breeders, un groupe de rock américain presque entièrement féminin né à Boston et fondé par Kim Deal qui n'est autre que l'ex bassiste des Pixies. En 1988, alors qu'elle n'avait pas encore définitivement quitté les Pixies, Kim Deal lance The Breeders, un projet plus perso orchestré en compagnie de la guitariste Tanya Donelly et de la bassiste Josephine Wiggs. Au sein des Breeders, Kim Deal est chanteuse et guitariste et le premier album Pod paraît en 1990. Une simple démo aura suffit à convaincre le label 4AD de financer le projet. Pour l'enregistrement, Kim Deal fait appel à une vielle connaissance, l'ingénieur du  son Steve Albini qui avait produit deux ans plus tôt l'album Surfa Rosa des Pixies, dont est extrait notamment l'énorme: Where is my mind.  
    Steve Albini un ingé son de renom puisqu'il produira trois ans plus tard en1993, l'album In Utero de Nirvana.
    Albini leur présente alors le batteur Britt Walford, qui leur permettra finalement de mettre en boîte en une semaine les douze titres de Pod aux Palladium Studios d'Edimbourg. Et ça se sent, le son est minimaliste, la production est un peu "Cheap" et malgré d'indéniables influences des Pixies et de Nirvana, la maturité n'est à mon sens pas encore au rendez-vous.

    The Breeders : Doe - Lp Pod - 1990


    Pod le premier Breeders, bien qu'assez bien salué par les critiques, notamment par le New York Times, ne rencontrera par vraiment le succès en terme de vente. Ce qui n'empêchera pas Kurt Cobain de déclarer en 1992 au journal Melody Maker que: "Pod était l'un des albums qui avaient influencé sa vie".
    The Breeders
    The Breeders

    The Breeders : Cannonball - 1993

    Après ce premier disque passé un peu inaperçu en 1990, les Breeders sortent trois ans plus tard l’album Last Splash. Le line up a connu  quelques changement, la guitariste Tanya Donelly est remplacée par Kelley Deal, la sœur jumelle de Kim et le groupe connaît enfin un batteur attitré en la personne de Jim Mc Pherson. L'album est enregistré à San Fransisco le clip est réalisé par Kim Gordon de Sonic Youth, et là ça fait splash, c'est un hit. Cannonball le premier single est d’emblée un succès, principalement en France où le titre est n°8 du Top50 de mars à avril 1994. L'album est d'ailleurs classé parmi les 50 plus grands disques de tous les temps catégorie "Women who rock" par la revue Rolling Stone Magazine.
    Le riff d'entrée de Cannonball donne un effet de spirale un peu enivrante. Le Beat tenace et entêtant est soutenu par cette sirène d'alarme et ce son de basse rond et entraînant, les distos épaisses sur la voix douce et acidulée de Kim Deal semblent être les prémices de ce qu'on découvrira un an plus tard avec Garbage. Ce qu'on appel généralement, l'air du temps...

    The Breeders : Cannonball



    • Après la sortie de l'album Last Splash, les Breeders seront invités plusieurs fois par Nirvana lors de leur tournée en Europe de 1994.
    • Les Breeders connaîtront une pose forcée en 1995 avec l'implication de Kelley Deal, la sœur de Kim, dans une affaire de drogue. 
    • Les sœurs Deal retourneront en studio en 2002 (Lp: Title TK), puis en 2008 (LP: Moutain Battles), cette fois accompagnés d'autres musiciens et malgré l'intervention à nouveau aux manettes de Steve Albini, le succès restera discret...



    samedi 1 avril 2017

    Police 1977

    The Police : Sting - Copeland - Padovani - Summers -

    The Police
    The Police

    The Police : les débuts

    Le groupe Police a vraiment marqué son époque avec une véritable apogée du succès dans les années 80' et une certaine commercialisation qui a sans doute fini par dénaturer l'énergie primaire. Même si les productions au fil du temps sont devenues un peu plus sirupeuses, l'énergie et la hargne des débuts étaient à mon sens un atout majeur de leur musique. Un rock sec et tranché, porté par d'excellents musiciens, un sens de la composition absolument génial avec l'idée directrice de ne cesser de conserver cette ligne mélodique et cette technicité propre à leur chanteur Sting.

    The Police : Roxanne Live 1979


    Sting est indéniablement un chanteur, musicien et compositeur émérite, et Police est de toute évidence un groupe qui a marqué profondément le début des eighties, mais je reste pour ma part accroché à cette énergie puissante, profondément rock parfois même rageuse qu'ils envoyaient à leur début. Les années 80 sont ensuite passées par là avec un son plus technologique, moins sec, le chant de Sting ayant gagné en profondeur et en qualité ce qu'il avait perdu en énergie brut.
    Il y avait dans l'air cette envie de conquérir leur public, un truc palpable où s'harmonisaient sonorités punk et reggae, sur une trame résolument rock.

    The Police : Fall Out - Live1979



    Police n'a cependant pas toujours été un trio, le groupe se forme en 1976 en pleine montée de l'air punk autour de la rencontre du batteur américain Stewart Copeland, le guitariste  corse Henry Padovani et du bassiste chanteur anglais Gordon Sumner dont on connaît aujourd'hui principalement le nom de scène.
    Sting, la piqûre ou le dard, choisissez la traduction adéquate, en corrélation avec ces tenues vestimentaires effilées avec lesquelles il ressemblait à une guêpe.
    Sting - Copeland - Padovani
    Sting - Copeland - Padovani
    Début 1977, le guitariste Andy Summers est présenté à Sting et Copeland par l’intermédiaire du bassiste de Gong, Mike Howlett.
    Quelques mois plus tard, juillet 1977, Police se produit en quatuor au festival punk de Mont de Marsan aux côté des Clash, des Damned ou encore Eddie and the Hot Rods.  
    Les relations entre les deux guitaristes Padovani et Summers sont conflictuelles. Dix ans les séparent, les caractères et les influences divergent et alors que Padovani se sent proche du mouvement punk, Andy Summers à l'opposé, se situe plus dans la lignée des techniciens de la guitare. Sa longue expérience de musicien de studio, son esthétique de la perfection musicale et son professionnalisme entraîneront un relationnel conflictuel auquel Padovani mettra fin rapidement en quittant le groupe.

    The Police : So Lonely - Live 1978


    Ce changement de Line Up définitif marquera sans doute un tournant décisif dans l'évolution du groupe et le premier single Fall Out -1977 - est l'unique témoignage de cette configuration.

    Unique témoignage gravé dans les sillons puisque la séquence Live qui suit est l'une des rares vidéos de cette époque avec Police à quatre sur scène.

    Police - Festival de Mont de Marsan avec Henry Padovani



    1978, Padovani ne fait plus partie de la bande et le groupe Police publie son premier album: Outlandos D'Amour. Le public ne s'y trompe pas, le succès est au rendez-vous, avec notamment des titres qui feront la gloire de Police comme Roxanne (l'histoire d'une prostituée parisienne), Can't stand loosing you, So Lonely... un festival de tubes en puissance.

    Police en quatuor: La formation à quatre ne durera que l'espace de deux concerts.

    • Le 25 juillet 1977 au Music Machine de Londres 
    • Le 05 août 1977 au festival punk de Mont de Marsan. 
    •  

    The Police - Next to you - Live 1979


    Festival de Mont de Marsan - 1977

    La première édition s'étant déroulée un an plutôt à l'initiative de Marc Zermati du label Skydog. La programmation du festival cette année là est loin d'être totalement punk, mais qu'importe, la prog' est vraiment incroyable: 
    Strychnine, Lou's, 1984, Asphalt Jungle, Maniacs, The Police, The Damned, The Boys, The Clash, Rings Brakaman, Lou's, Shakin'Street,  Marie et les Garçons, Tyla Gang, Little Bob Story, Bijou, Eddie and the Hot Rods, et Dr Feelgood (sans Wilko Johnson)... le tout sur deux jours, impressionnant 
    Stewart Copeland - Sting -Henry  Padovani

    Outlandos D'Amour, le premier album de Police paraît en 1978 au départ sous de mauvais hospices. Roxanne et Can't stand loosing you sont d'emblée censurés par la BBC. Le premier parle d'une prostituée, le second aborde le thème d'un suicide. Boudé par le Royaume Unis, le succès de Police arrivera par la petite porte, notamment grâce à une tournée aux Etat-Unis organisée par Ian Copeland (le frère de Stewart) et une bonne couverture des radios locales et disk-jockey.

    Auguste Marshal