samedi 14 janvier 2017

Radiohead Street Spirit

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Radiohead : Street Spirit

Radiohead - Street Spirit
Radiohead - Street Spirit

Juillet 1994, Radiohead entre en studio pour enregistrer les chansons du deuxième album The Bends sous la houlette du producteur John Leckie. Un album difficile à accoucher, et qui connaîtra un succès un peu plus modéré lorsqu'on le compare au détonateur que fut la sortie du single Creep en 1992, que l'on retrouvera ensuite sur leur premier album Pablo Honey. L'album est parsemé de perles électriques, le ton est résolument rock et moderne avec des titres comme My Iron Lung ou l'incroyable petite bombe qu'est Just. Et pourtant le groupe en est encore à la préhistoire de sa modernité, les albums suivant en étant la preuve irréfutable. La tristesse et la mélancolie émanent de High&dry, ballade plus acoustique et dotée d'un sens mélodique purement accompli, tandis que Street Spirit (fade out), dernier morceau de l'album nous entraîne au fond du trou, dans l'univers glauque et ténébreux de Thom York, à la croisé du voyage cosmique et de l'esprit suicidaire.

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Cette sensation d'égarement, troublante et enivrante est magnifiée par cette sombre et géniale vidéo du clip tournée en noir et blanc, et filmée dans un désert près de Los Angeles. Le réalisateur a utilisé une caméra spéciale qui lui a permis d’incorporer au clip final des effets de ralenti, alors que le reste est tourné en vitesse normale.

Radiohead : Street Spirit

Thom York explique dans une interview avec Brian Draper en décembre 2004 que l’inspiration lui est venue de « The Famished Road » de Ben Okri, un livre dans lequel un esprit à trois tête mène le personnage principal à sa route, en ajoutant que la musique de R.E.M. les a également inspirés pour cette chanson.
Le single Street Spirit est également remarquable pour sa face B, le morceau Talk Show Host qui est apparu dans le film Roméo + Juliette  réalisé par Baz Luhrmann en 1996.

Radiohead : Talk show host (BO Film Romeo+Juliette)




« Street Spirit est notre chanson la plus pure, mais je ne l'ai pas écrite. Elle s'est écrite toute seule. Nous étions simplement ses messagers, ses catalyseurs biologiques. Son cœur est un mystère complet pour moi, et, vous savez, je n'essaierai jamais d'écrire quelque chose à ce point sans espoir. Toutes nos chansons les plus tristes ont quelque part en elle au moins une lueur d’espoir. Street Spirit n'a pas d’espoir. C'est le tunnel sombre sans la lumière à la fin. Elle représente toutes les émotions tragiques tellement blessantes que le son de cette mélodie est leur seule définition. Nous avons tous notre manière de gérer cette chanson. Ça s'appelle le détachement. Surtout moi, je détache mon radar émotionnel de cette chanson, ou alors je ne pourrais pas la jouer. Je craquerais. Je m'effondrerais sur scène. C'est pourquoi les paroles sont juste un tas de mini histoires ou d'images visuelles, par opposition à une explication cohérente de sa signification. J'ai utilisé des images avec la musique qui selon moi transmettraient l'intégralité émotionnelle des paroles ajoutées à la musique. C'est ce qui est signifié par « toutes ces choses qu'un jour vous avalerez intégralement ». Je voulais signifier l'intégrité émotionnelle, parce que je n'avais pas en moi ce qu'il fallait pour articuler l'émotion. Je craquerais... Nos fans sont plus courageux que moi de laisser cette chanson les pénétrer, ou peut-être qu'ils ne réalisent pas ce qu'ils sont en train d'écouter. Ils ne réalisent pas que dans "Street Spirit", il s'agit de fixer le putain de diable droit dans les yeux, et de savoir, que peu importe ce que vous faites, il rira le dernier. Je ne peux pas croire que nous avons des fans qui peuvent gérer émotionnellement cette chanson. C'est pour ça que je suis convaincu qu'ils ne savent pas de quoi il s'agit. C'est pour ça que nous la jouons à la fin de nos concerts. Elle me vide, elle me secoue, et ça me fait horriblement mal à chaque fois que je la joue, de regarder des milliers de personnes applaudir et sourire, inconscient de la tragédie de sa signification. Comme quand vous emmenez votre chien se faire piquer et qu'il remue sa queue sur le chemin. C'est à ça qu'ils ressemblent tous, et ça me brise le cœur. J'aurais aimé que cette chanson ne nous ai pas choisis comme ses catalyseurs, c'est pourquoi je ne la revendique pas. Ça en demande trop. Je n'ai pas écrit cette chanson. »

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